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Lesbienne et jugement de gynécos….

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Voilà un sujet hors du commun que je vous propose aujourd’hui !

Un bail qu’il dort dans mes « brouillons » en attendant qu’une idée lumineuse me traverse : comment vais-je aborder la question ? Est-ce pertinent ? Intéressant ? Cela peut-il être utile ?

Et puis, c’est devenu une évidence depuis quelques jours.
Dans tous les cas, je ne l’ai jamais caché, j’envisage d’avoir des enfants… Sachant que la maison est bientôt opérationnelle, et que nous envisageons d’entamer les (longues !) démarches dans la foulée, je sais que je dois trouver un gygy ouvert sur la question (je ne vais pas en changer tous les 4 matins !)… et c’est là où le bât blesse. Ça fait déjà quelques temps que ça me turlupine, et là, suite à des problèmes hormonaux, le sujet refait surface.
En essayant de trouver un gynéco ouvert sur la question, je suis tombée sur des témoignages de femmes, mais aussi beaucoup d’autres lesbiennes, plus effrayants les uns que les autres (Vous en trouverez quelques uns ici, et il existe même un hashtag #payetonutérus qui fait froid dans le dos…). Moi-même ayant vécu des expériences chaotiques, je sens que le parcours du combattant va commencer par cette étape, et c’est pour ça que j’ai décidé d’en parler.

Bon déjà on est toute d’accord pour dire qu’aller chez un gynéco et avoir les 2 pattes écartées à se faire trifouiller la schneck est quand même loin d’être un moment agréable ; il faut donc quand même un minimum de « mise en confiance » pour passer ce « cap ».
Pas de bol, je n’ai jamais connu ce moment là : cette « mise en confiance ».

Ma 1ère fois fût… comment dire… désastreuse ? catastrophique ? Un mix des 2 voire pire ?
Ouais, c’était pire que ça.
2064-gyneco_tamboriniJ’avais tout juste 19ans, et je suis tombée sur LA gynéco insolente, incompétente, homophobe (et particulièrement conne !). Au début ça allait nickel : questions de base : les règles, la régularité etc.
Combien de rapports par semaine, combien de partenaire sexuels..
Je ne précise pas à ce moment là que je suis homo. Pour moi un rapport sexuel est un rapport sexuel. Point.
Puis vient la question « contraception ».

« Vous êtes en couple, vous avez des rapports réguliers, quel contraceptif utilisez-vous ? »
Aucun.
« Mais comment ça vous n’en prenez pas ?! Pas de pilule ? Vous utilisez au moins des préservatifs ? »
Non plus…

Et là voilà partie dans son trip des risques que je prenais d’être enceinte, de devoir avorter, que j’étais inconsciente, blabla. Impossible d’en caler une pour expliquer la chose. Bref. Après un long monologue, pendant lequel je me sentais de plus en plus mal (je ne sais même pas pourquoi d’ailleurs), je lui annonce la couleur.
« Non mais mademoiselle, à 19 ans on ne peut pas dire qu’on est homo, vous avez tout le temps de changer d’avis, et puis surtout vous le saurez quand vous aurez eu des rapports sexuels avec un homme »
Ça commence fort hein ? Attend, c’est que le début !

Je récapitule : première fois chez le gynéco donc, je suis toute jeune, à ce moment là je n’assume pas super bien le fait d’être homo, je suis hyper complexée et super mal dans mon corps, timide maladive, bref, la totale. Alors imagine l’état dans lequel je suis : super mal à l’aise, gênée, honteuse, tétanisée, et tout ce que tu veux ; et même pire que ça. Pour moi en plus, elle était « professionnelle », bardée de diplômes, d’expériences, un truc super impressionnant à ce moment là, donc je l’écoute sans oser dire quoique ce soit.

« Déshabillez-vous »
Entièrement ?
« Bah oui, c’est mieux pour vous examiner ». Note la petite réflexion de merde.

gynecologueEt là, tu te décomposes…
Impossible de refuser (timidité/panique de merde/ça ne se fait pas) et puis, j’y suis alors autant aller jusqu’au bout, ça sera fait ! Erreur... En vrai, tu as totalement le droit de refuser sans avoir à te justifier.

Vu ma gêne très visible elle aurait pu me permettre de garder une partie de mes fringues : le haut pour l’examen gyneco, le bas pour l’examen des seins. Ce n’est pas exceptionnel, mais à ce moment là, crois-moi, psychologiquement, ça m’aurait déjà beaucoup aidée. Ça aurait été une façon de ne pas être « à nue » dans tous les sens du terme… Mais non. J’ai même du enlever mes chaussettes… (je cherche encore l’intérêt, à part celui d’être rabaissée). Il faut savoir qu’un gynéco n’a pas le droit de t’imposer d’être totalement nue.
Etre à poil pour moi est une torture… C’est quelque chose que je ne fais JAMAIS, ni devant ma compagne, ni seule, mais alors là… Laisse tomber. En plus sur leurs supers tables, dans la position la pire qui soit… J’vous fais pas de dessin, vous connaissez !
Pas de bol, non seulement j’étais tétanisée, mais en plus, moi qui suis frileuse, j’étais congelée… donc doublement contractée. Tout ce qu’il faut quoi !
« Détendez-vous : les doigts vous devez avoir l’habitude, ça n’a jamais fait mal ! ». Voilà, c’est dit aussi… Prend toi ça dans les dents au passage. Un gynéco n’a pas le droit de faire ce genre de réflexions subjectives ; il doit rester totalement objectif, quelque soit tes pratiques, tes choix.
La gynéco, tellement à fond dans son monologue sur la contraception, a dû oublier sa délicatesse et sa diplomatie au fond d’un tiroir : aucune écoute, utilisation d’appareils gelés et sans prévenir. Même pas un petit « attention, je vais faire ça ou ça », non rien… Intrusion absolue. Un gynéco DOIT te prévenir de ses gestes et intentions ; il ne doit pas pratiquer de gestes dit « intrusifs ».
Donc forcément, je sursaute à chaque fois, et je tremble de peur et … de froid … et je me contracte encore plus. Résultat elle doit « forcer », me démonter 2 fois plus, m’engueule que je suis douillette et me balance que si j’avais eu des relations sexuelles « normales », ça ne me ferait absolument pas mal et qu’en plus elle ne pouvait pas faire mieux car vu mon cas (sous entendu lesbienne) elle utilisait déjà du matériel spécifique.
L’humiliation à son comble. Si tu as mal, tu as le droit de dire STOP, c’est TON corps.
La boucle est bouclée.

Pour couronner le tout, je fais une réaction allergique au latex…
Donc, je vous fais le topo : chatte en feu à cause de sa « douceur », et qui commence à démanger à la mort à cause de l’allergie. Elle aurait pu faire preuve de compréhension… Raté !! « si vous aviez eu des rapports protégés avec un homme vous auriez su que vous étiez allergique au latex ». Objectivité au revoir. En vrai, je le savais déjà, mais j’étais tellement en panique que je n’ai même pas pensé à lui dire.

L’examen se termine aussi mal qu’il a commencé.
Ça chauffe, ça me gratte, je saigne, elle m’a foutu 3 tonnes de vaseline ce qui donne une impression d’être gluante et crade. La totale.
Ça aurait pu s’arrêter là, mais non. Madame a aussi jugé pertinent de me faire des réflexions sur mon… épilation intime. Oui, oui… Selon elle, il ne faut surtout pas toucher à ses poils garant de l’hygiène, qui empêche toutes les maladies etc. Et de rajouter une phrase du style « ouais, c’est vrai que pour une lesbienne, ça doit être moyen ». Je ne me rappelle plus exactement de la tournure, mais le sens était le même.
dessin-differ-formes-epilatBref, elle n’est pas là pour juger me semble t-il, donc si j’avais eu envie de me pointer avec une forêt amazonienne épilée en cœur, teintée en rose, qui est-elle pour me dire quoique ce soit ?
Et puis soyons clair, même chez les lesbiennes, il y a des nanas totalement épilées et d’autres pas du tout… d’autres en ticket de métro/bus/avion… Bref. L’épilation n’est en rien une affaire d’attirance sexuelle, c’est juste une question de préférence !!
topelement(D’ailleurs petite aparté, vous savez qu’il existe carrément des pochoirs pour s’épiler ? J’ai découvert ça en cherchant des illustrations pour le billet … !)

L’examen des seins fût tout aussi horrible. Pas douloureux dans mon souvenir, en revanche, je me rappelle avoir été mal à l’aise car son visage était trop proche de mes seins…

Bref. Tout ça pour dire qu’au départ, j’y ai été pour un simple contrôle comme toutes les femmes sont censées faire. Mais selon cette gynéco cela n’était pas nécessaire pour moi vu que je n’avais pas de « vrais » rapports sexuels. Etre lesbienne n’est donc clairement pas être une femme, et signifie forcément l’absence de vie sexuelle.
A l’écouter, je n’ai aucun risque de choper de MST ou autres maladies, ni même de mycose, de cancer. C’est complètement faux.
Si c’était vrai cela m’aurait fortement arrangé… mais cela n’est bien évidemment pas le cas du tout. Etre lesbienne (ou n’avoir aucun rapport sexuel) n’immunise en rien de toutes ces merdes.

Concernant les enfants, j’ai eu le droit à un magnifique « vous ferez mieux de ne jamais avoir d’enfants car accoucher quand on est vierge est impossible ». Bref : tous les clichés !
Les lesbiennes n’ont pas de rapports sexuels
Les lesbiennes sont forcément vierges (on a des orgasmes en se léchant les genoux c’est bien connu)  D’ailleurs, DarkGally a publié un super billet  sur le sujet que je vous invite à lire : T’es lesbienne, t’es vierge !
Les lesbiennes sont contre-nature et ne doivent pas procréer (tiens, je me demande bien pourquoi j’ai un utérus, des ovaires, mes règles et un instinct maternel !)

Et quand j’ai « osé » aborder la question de la contraception (par rapport à des petits soucis d’acné)…. J’ai eu le droit à un « inutile dans mon cas » : ah, et les cycles irréguliers, les problèmes d’acné ?… Mais non, je suis homo, donc pas besoin voyons.
Bref, je suis lesbienne, j’ai juste eu le droit de fermer ma gueule.

C’était il y 12 ans.
Je n’ai jamais remis les pieds chez un gynéco car j’ai développé une véritable phobie de ce corps médical. Probablement à tord car j’imagine bien qu’ils/elles ne sont pas tout comme ça (et heureusement). Mais voilà …
J’ai vécu cette  torture expérience comme une insulte, comme une atteinte à mon intégrité physique et morale : une véritable humiliation (la position gynéco à poil n’aide clairement pas!), et je suis repartie la chatte en feu la tête pleine de peurs et d’interrogations (mince, je ne vais jamais pouvoir avoir d’enfants?)

Je vous rassure, pour la dernière partie, j’ai bien évolué, je sais que je peux avoir des enfants.

Comme je le disais au début, je sais qu’incessamment sous peu, je vais me lancer dans les « démarches » pour avoir un enfant et à ce jour, ma plus grosse angoisse c’est le suivi médical : tomber sur des gynécos (et tous les autres médecins qui suivent les grossesses) qui jugent mon projet de parentalité, qui nous fassent des réflexions de merde sans compter que très souvent quand ils n’approuvent pas, le suivi médical est pourrit. Avec l’âge, je saurai maintenant refuser un examen si au moment des questions je sens du jugement. Maintenant que j’ai  pris un peu de gueule et que j’assume complètement mes attirances, je saurai aussi répondre à ces éventuels jugements… mais ça n’est pas, à mon sens, une raison pour avoir à le vivre non plus. (sachant en plus que je le vivrais déjà forcément dans ma sphère personnelle (proche, famille etc.). D’ailleurs, je ne devrais même pas avoir à me poser la question : le corps médical est tenu à l’objectivité. Point.

Malheureusement (heureusement ?), je pense que je vais devoir me bouger plus rapidement que prévu : les traitements médicamenteux pour les névralgies ont foutu un énorme bronx dans mes hormones : seins qui ont doublés de volume, règles en retard et hyper douloureuses, pilosité de singe, acné, prise de poids. Une catastrophe. La prise de sang est formelle: mes hormones ont décidé de s’éclater toutes seules. Je le sais… et du coup toutes mes angoisses resurgissent.
Non seulement je suis terrifiée, mais en plus – et c’est très con-  j’ai honte de ne pas y avoir été depuis 12 ans (d’ailleurs, même là, les médecins, au lieu d’essayer de comprendre, ne se gênent pas pour en rajouter une couche et te culpabiliser à la mort sans essayer de comprendre). Je suis loin d’être conne. Je sais… je sais que je devrais, je sais que c’est abusé, mais je sais aussi pourquoi.

Cela fait donc quelques jours que j’ai noté des noms de gynéco gayfriendly. Ça peut paraître débile… Je n’aime pas ce coté « ghetto », « différenciation » et pourtant… Dans des moments comme celui je me rends compte à quel point notre société a encore des trains de retards sur la société. Cette étiquette ne devrait pas exister car on est comme tout le monde. J’ai beau être homo, j’ai une vie, sexuelle aussi, j’ai des ovaires, un utérus et tout le bazar qui va avec… Je suis donc, comme toutes les femmes, une candidate potentielle à toutes les merdes que l’on peut rencontrer dans une vie : IST, MST, mycose, cancer, ainsi qu’une femme apte à donner la vie.
Je n’aurai jamais cru être obligée de le dire un jour, mais oui, aujourd’hui pour moi cette étiquette est nécessaire car elle est garante d’un minimum d’écoute et surtout de non-jugement, et c’est malheureux d’en arriver là….

Voilà, aujourd’hui je souhaite dire à toutes les filles qui vont pour la 1ère fois chez un gynéco qu’elles ont le DROIT de dire non : votre corps vous appartient quelque ce soit le médecin que vous avez en face de vous !

Je trouve déplorable le manque d’informations sur le sujet donc je profite aussi de ce billet pour vous inviter à aller sur ce site : pourquoi et quand leur dire non, ainsi que celui-ci où vous trouverez  une liste de gynécologues sans préjugés et à l’écoute (aussi les « gayfriendly »), que vous trouverez :  ici.

NB : après recherches, cette connasse gynéco n’exerce plus… Je ne suis pas méchante, mais j’espère quand même qu’elle aura été radiée !

Et vous, vos gynécos ? Vous-avez déjà eu à faire à ce genre d’expériences ?

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ?

227690_544511802226791_1813098730_nJ’ai honte quand je vois ces gens se mobiliser pour interdire des droits, plutôt que d’aller manifester pour des choses qui peuvent vraiment changer LEUR vie : emploi, pouvoir d’achat, Éducation etc. La conclusion à tirer est-elle : nous avons peur du changement, alors manifestons pour que surtout il n’y en ai pas/ et ne descendons pas dans les rues pour l’emploi/pouvoir d’achat etc et tout le reste au cas où ça change nos vies (on sait jamais que ça l’améliore hein)? Je comprends encore moins dans ce cas pourquoi on a voté pour un président dont le slogan était/est « le changement c’est maintenant ».
Le paradoxe français…

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Voilà la question que je poserai à ces gens qui descendent dans les rues. Oui, j’y vais fort (comme eux). Mais il y en marre d’entendre chouiner « les homos çi », « les homos ça ». En revanche, quand je vois l’espèce de révolution que cela crée j’ai honte d’être française.
En Espagne, Belgique, Portugal ont-ils faits ça quand la loi est passée ? Est-ce que ça a changé leurs vies ?
Non.
Parce qu’il n’y a pas lieu que ça la change… juste que ça améliore celles de certains. Et alors, ou il est le mal là-dedans ? Qu’est ce que donc ça peut te foutre que je me tape des filles plutôt que des mecs ? C’est toi qui est dans mon lit à sa/ma place ?
Non.
Arrêtez de vous projeter dans NOTRE sexualité.

Tiens, j’imagine bien le couple … hétéro, vautré dans son canapé devant sa TV après une journée de taf harassante, les gamins dans le parc à jeux qui gazouillent tranquillement… Et là, l’idée lumineuse : la vie est belle, mais eux, non, faut pas qu’ils aient le droit de vivre ça voyons. C’est injuste qu’eux aient le droit à ça alors que nous on y a le droit… Voyons. CQFD.
Si la loi passe, je n’aurai pu le droit de me vautrer dans mon canapé, devant ma TV après une journée harassante, avec mes gosses dans le parc à jeux…

Ah bah vi c’est contre nature…
Contre nature de quoi ? Si ça l’était, pourquoi les homos existent alors ?
Mieux… Pourquoi ont-ils des couilles avec des têtards et les femmes des ovaires alors ? Oh, là haut, tu ne te serais pas planté quelque part non ? Ah non… C’est l’Humain qui est profondément con. Pardon.
Putain quitte à être homo et pas avoir le droit aux gosses, t’aurai pu quand même m’épargner les joies des hormones/règles et tout le bordel. Hein, parce que franchement si ça sert à rien, pourquoi s’emmerder à subir…
Et à ces couples là, j’ai envie de leur poser une question : et si ton gamin est homo, tu fais quoi ? Tu le renies ? Tu lui craches dessus ? Tu le tabasses ? Tu le butes ? Tu lui interdis de vivre au grand jour, normalement ? … Ah t’es encore plus abruti que ce que je ne pensais dis donc… Et puis d’ailleurs, tu lui diras quoi à ton gamin ? Que t’étais tout fier d’être à la manifestation « anti » qui … reniait ses droits, ses sentiments et donc son existence même ? Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Dans ce cas, j’ai honte pour toi aussi.
Ah encore un cliché qui ne tient pas la route… si t’es homo, tu vas forcément engendrer des gosses homos. Ah merde… Mes parents sont donc des homos refoulés ? Ceux de ma compagne aussi ? C’est ça le raisonnement ?
Vous manifestez pour interdire aux homos le droit au mariage et aux gosses… Mais allez vous défiler contre les parents violents, alcooliques, pédophile, ceux qui abandonnent leurs enfants ? Et là, il faut que vous m’expliquiez quand même. Parce qu’il y a quelque chose qui me dépasse. Non parce que, personnellement je préfère confier mon enfant à un couple homo qu’à un pédophile. Enfin ça, ça n’appartient qu’à moi…

Bref. Je ne trouve pas normal de devoir manifester pour justifier de fondamentaux de droits de l’Homme (cf. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux ») ; tout comme je ne trouve pas normal que cette décision (qui plus est inscrite dans le programme du président élu) prenne autant d’ampleur…
Chaque jour quand je vois ça, je me sens agressée… Mais au-delà de tout, ce qui m’énerve le plus dans ce débat, c’est la stérilité des arguments… des clichés, des préjugés, des arguments religieux. Bref, à mon sens rien de concret : pas de preuve, d’arguments scientifique (si les homos n’avaient pas le droit d’avoir des enfants alors pourquoi naissent-ils avec des couilles et des ovaires?!!).
Pour moi non plus cette loi ne changera rien en termes de mariage si ce n’est officialiser quelque chose qui existe déjà et depuis toujours (n’en déplaise à certains!)…. : l’Amour. Wouaw. Quel scoop.

Mieux, il y a des femmes (dont Simone Veil !!!!!), des personnes noires qui défilent. Mais quelle honte… alors qu’on s’est battu pour que vous aussi vous ayez des droits. Vous rappelez vous ce que l’on disait ?

Ah oui, ça vous choque… Bah tiens, comme c’est étrange. Et pourtant ça a bien existé : les femmes n’avaient pas le droit de vote, les noirs n’avaient pas le droit de prendre le bus… Les mariages mixtes étaient prohibés. Oui, ça a existé…. On s’est battu pour vous car vous êtes des êtres humains comme tous les autres…. mais vous aussi, vous étiez sous le joug d’énormes clichés infâmes. On s’est battu pour vous, vous vous êtes vous même battus pour vos droits, pour faire reconnaitre que vous étiez comme tout le monde et égaux ; et maintenant vous défilez dans la rue ? Quelle honte… Un poignard dans le dos. Une trahison sans nom.

J’en ai marre de tout ça ; je ne suis pas militante pour un rond… En revanche, pour mes proches homo, qui ont des enfants… oui, forcément, on prend part. De même le jour où j’en aurai (et aucune loi ne peut empêcher une femme d’avoir un enfant… ça, c’est une question d’éthique), j’aimerai qu’elle ait les mêmes droits que moi pour eux…. ne serait-ce que pour protéger mes enfants s’il m’arrivait quelque chose. Je trouve honteux que ce genre de débat existe alors que toute femme ou tout homme censé, dès lors qu’il est parent ne souhaite forcément que la protection de ses enfants.

Alors que merde… on est tous des humains… on est tous dans le même bateau. On ne devrait pas lutter les uns contre les autres, mais ensemble…. et lutter contre des choses qui devraient avoir beaucoup plus d’importance pour nous et qui changeraient réellement nos vies et dans le BON sens…

Et l’Humanité dans tout ça bordel !?

644342_595369523812791_973678607_nTu vois, ça fait quelques jours qu’on me bassine avec le « et toi le mariage homo, t’en pense quoi ? » Bah tu vois, c’est la question qui me casse les pieds parce qu’elle ne devrait même pas se poser en fait.

Alors y’a le pro, les antis. Chacun a le droit d’avoir son opinion. en revanche, voir des manifestations comme hier où clairement le mariage devient un scandale et une soi-disant porte ouverte au « n’importe quoi » (je cite hein) bah la sincèrement ça m’énerve.

Hier cette manif’ était axée religion (qu’on me dise après ça que l’homophobie n’existe pas !)… mais quand même dans le paradoxe : la religion refuse le mariage gay OK. Mais autorise t-il à tabasser des femmes (Femen), à insulter son prochain ? Et ce, devant des enfants ? tu crois que dans ce tas, ils étaient tous vierge avant le mariage ? Que tous vont à la messe le dimanche ? Qu’aucun d’eux n’a divorcé ? Qu’il n’y a aucune mère célibataire ? Qu’aucun n’a été infidèle ? Fais-moi donc rêver… Moi, j’appelle ça « faux-cul », « hypocrite »… Mais chacun voit midi à sa porte…

Statistiques des agressions homophobes en France en 2011 selon SOS Homophobie

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Il faut arrêter d’utiliser la religion à tord et à travers ; s’en servir comme prétexte alors qu’on n’est même pas foutu respecter TOUS ses préceptes.
Ces maudits militants te balancent des arguments « y’a d’autres priorités en France car c’est la crise ». Bah si il y’a d’autres priorités pourquoi allez-vous vous faire chier à manifester et lâcher 1million de tracts (et donc le coût de l’impression qui va avec)? Tu ne crois pas que ce fric aurait pas été plus utile ailleurs franchement ?

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En fait, ce qui me dérange, ce n’est pas tant que les gens aient un avis. Ça sera toujours le cas, y’aura toujours des pro et des antis. C’est pareil pour tous les sujets, c’est même le propre de l’Homme. Ce qui me dérange c’est les arguments vaseux utilisés à tout va…

Qu’est-ce que ça peut bien leur foutre à ces antis, qu’on autorise le mariage ? Ça va changer quoi sérieusement pour eux ? Vont-ils payer plus d’impôts ? Vont-ils être plus malheureux ? Va t-il y avoir plus de chômage?
Ah si, j’ai trouvé, ils vont devoir côtoyer au grand jour, des gens qu’ils côtoyaient sans le savoir. Excusez-moi du peu. C’est dramatique. Bah ouais des homos y’en a partout… Mais le mariage ça « officialise » l’existence de relations amoureuses entre eux. Ça colle le mot « amour » sur 2 personnes qui s’aiment. Inadmissible franchement!

Ah beurk, caca. C’est sale.
Il faut arrêter la plaisanterie !

Je suis lesbienne. Le mariage sincèrement, je m’en contrefous.
S’il est autorisé, je suis heureuse pour tous mes potes qui voulaient se marier. Personnellement ça ne changera pas ma vie car je ne suis pas pro mariage (qu’il soit homo ou hétéro).

Il y a tellement d’autres façons de prouver son Amour. La religion est ce qu’elle est, mais à mon sens elle est un peu trop vieillote (pas de préservatif, pas de sexe avant le mariage, pas de divorce : on est en 2013… vous en connaissez beaucoup des gens qui respectent à la lettre ? Non… c’est bien ce qu’il me semblait. Donc ce sont tous des pêcheurs non ?)
Pi soyons honnête : les grosses meringues, les jeux de mariés : la chenille, la danse des canards et compagnies, les pièces montées en chou, et lâcher 10K€ pour une journée, ça ne m’a jamais fait rêver.
Maintenant, je ne peux pas être fondamentalement contre le mariage gay parce que c’est la seule « chance » qu’on a pour faire reconnaitre nos droits en tant que parents. Et c’est d’ailleurs la seule raison pour laquelle j’accepterai de me marier : protéger mes enfants le jour où j’en aurai car c’est la seule institution qui permettrait à l’autre (le parent non biologique) d’être reconnu au sein du foyer comme étant l’autre moitié et donner de fait, un statut légal de parent… à ce parent.
Et oui, parce que même si c’est interdit en France, j’ai quand même – en tant que femme (ce que je suis avant tout) – un instinct maternel, et des ovaires (n’en déplaisent à certains !).
Donc quoiqu’il arrive, le jour où j’en voudrais, bah je le ferai… j’irai en Espagne, en Belgique, peu importe, mais je le ferai. Je pense que rien sur cette terre ne peut empêcher une femme d’être mère si c’est son désir le plus cher. D’ailleurs, interdire à une femme d’être mère est-ce éthique ?
Si parce que je suis homo ça n’est pas éthique, alors faite subir à toutes les lesbiennes une ovariectomie.  Pourtant il me semble que mon corps est fait pour enfanter (ovaire, nichons, et tout le bazar), j’ai une conscience, un cerveau… j’vois pas trop bien en quoi je ne peux pas rendre un enfant heureux et équilibré. Ah si, à cause de ma femme. Pourtant… elle aussi a des ovaires, des nichons, une conscience, un cerveau… Y’a peut-être quelque chose qui nous échappe.

Quoi ça vous choque ?! Je vais être pire alors ; allons dans les extrêmes :
Dans ce cas, il faut faire subir une ovariectomie à toutes les droguées, toutes les alcooliques (oui, car elles sont malades et souffrent d’une addiction qui cause beaucoup de dommage)… poussons plus loin : à toutes celles qui sont célibataires (bah oui, ou est l’équilibre de l’enfant dans ce cas ?), au chômage (bah oui, pas de fric, pas de bébé, pas de boulot, pas de reconnaissance sociale) etc. Bah ouais, non seulement ce sont des femmes… mais en plus elles sont susceptibles de tomber enceintes par accident (ce qui n’est même pas mon cas!).  Pourtant ces femmes là ont des enfants et ont le droit d’en avoir, et ils sont reconnus (et heureusement).. certains sont malheureux, mais certains sont aussi très heureux. Alors qu’est-ce qui définit le bonheur d’un enfant ? Seulement le sexe de ses parents, la situation de leur mère ou l’Amour que ces mêmes parents leur porte ?

C’est là le vrai fond du problème non ?

Ah, et moi qui ne suis pourtant pas croyante, avec un peu de recherche, j’ai trouvé ça : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n`y a pas d`autre commandement plus grand que ceux-là. » (Mc 12, 29-31)  Source
Alors maintenant, à tous ces antis qui se servent de la religion, expliquez -moi ce que vous ne comprenez pas dans cette phrase ?