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[Bore out] Ou comment sombrer…

boOutre le fait d’avoir une patronne givrée (cf. Je suis devenue un chevalier sataniste), je rencontre une autre problématique, et pas des moindres : l’ennui au travail.
Je n’ai rien à faire de mes journées. Mais quand je dis rien… Ce n’est rien. Je n’ai même pas d’appels, pas de mail. Rien. Le vide. Si les quelques premiers jours je trouvais ça « cool » vu que ça me permettait de faire ma paperasse pour la maison, ce n’est maintenant… plus le cas. Depuis janvier la baisse d’activité a été conséquente. Mais quand mon collègue, le commercial a démissionné en février, ça a été … la dégringolade. Ma boss ne sachant absolument pas géré à perdu 11 clients sur 17. Sur les 6 restant, une lui a collé un procès, et 4 autres sont partis. Résultat, il reste une seule et unique cliente… et pour qui, techniquement il n’y a plus grand chose à faire, et pour moi : plus rien du tout.
J’ai déjà évoqué le problème avec ma boss qui me dit de « ne pas paniquer qu’elle va me trouver de l’activité ». Et là, ça se complique car elle « m’utilise » pour son autre société. Un secteur d’activité qui ne m’intéresse ABSOLUMENT pas, dont je n’ai rien à faire et pour lequel je n’ai JAMAIS signé. Mieux, pour moi qui suis dans la communication, je me retrouve à devoir lui faire des… factures. Et là pareil. J’ai une sainte horreur de ça. Ce n’est en plus pas mon job… ou comment me braquer en moins de 2.
Voilà donc ma vie professionnelle depuis février : 0 campagne de communication… 2 factures rédigées. J’ai dû traiter une 10aine d’appels, dont plus de la moitié était des erreurs. Et les mails, à part les « transférer », je ne fais rien d’autre. J’ai compté. 4 « vrais » mails envoyé depuis le 11 janvier. Imagine…
Cette situation me pèse… Je n’aime pas ne rien faire. Ne servir à rien. Être payée à rien glander. Si au début j’ai pris mon mal en patience en me raccrochant à l’opportunité du « CDI » sacro-saint-Graal de nos jours, j’en suis rendue à un stade où même ça… n’est plus suffisant. Mais si je démission : pas de chômage = grosse merde.
Autre problème : il est difficile d’en parler. Les gens ne comprennent pas, et tu te vois affublée de tout un tas d’arguments bidons « c’est génial d’être payée à rien faire, le luxe, blabla ». Non. C’est faux. Payer à rien faire, venir « faire semblant, attendre toute la journée en étant totalement inutile, c’est l’Enfer. Tu te sens inutile, tu te sens tel un parasite qui « profite » du système. Tu perds ton temps alors qu’il y a tellement de choses bien que tu pourrais faire… Sauf que voilà. Il te faut une rentrée d’argent pour vivre et que tu ne peux pas te plaindre car c’est honteux… avec tous ces gens au chômage…
Et toute la journée, 7h, tu dois trouver de l’occupation sans te faire « griller » par peur en plus, d’avoir des problèmes alors que tu n’y es pour rien. Car oui, toute la journée je suis sur Internet, je lis, je tweete, je fais des mails, je cherche du boulot. J’attends, je compte. Je regarde l’heure encore et encore. Je pense, je réfléchis.
Je m’ennuie les amies. Je me fais chier comme un rat, je cogite, je tourne en rond. J’ai les yeux rivés sur l’heure qui n’avance pas… mais voilà, même si elle le sait, si elle me « choppe » elle est aussi en droit de me virer car il est interdit d’utiliser le PC à titre personnel. Et cela pour « faute ».
La boucle est bouclée.

Lundi j’ai craqué quand elle m’a demandé de faire une facture à un client en quadruplant le montant sous prétexte qu’il avait « l’air riche ». Un nœud dans le ventre, la gerbe. Elle me donne la nausée. Toute ma haine de son être et sa façon de faire n’aurait pas assez de vocabulaire en langue française -pourtant si riche- pour traduire ce que je pense d’elle. Elle est infâme, hideuse, honteuse. Elle ment aux clients (de l’autre boite) « nous avons une 20aine de clients », elle ment aux stagiaires « j’ai viré le commercial » (qui a démissionné surtout!). Elle ment en permanence. Elle me raconte sa vie, ses histoires de cul dont je n’ai absolument rien à branler, elle ponds des idées d’abruties consanguins, elle arnaque, elle pille, elle détruit les gens. Elle est tarée. Elle se prend pour une princesse (c’est le terme qu’elle a utilisé : je suis la patronne, je suis une princesse, les hommes doivent se plier à moi). Elle exècre les gens, les considère comme des merdes… Elle refuse de discuter ou travailler avec des gens qui sont « inférieurs » à bac+5 (j’utilise encore ses termes) mais elle écrit des mails bourrés de fautes honteuses « creyiez » (du verbe croire), « j’ai bien PRIX note »… De faute ou de lapsus révélateur ? Elle ne pense qu’au « fric », au « pognon » (ses termes). Elle ne parle jamais d’argent… et me parler de « piquer un peu plus de thune » à tel ou tel client.
fuckElle est à gerber. Je ne peux plus. J’ai qu’une envie c’est lui cracher à la gueule, la baffer, lui vomir mon dégoût pour sa personne, mon dégoût de ce type de personnage que je n’arrive même plus à considérer.
Bref. J’ai craqué et je me suis à ma formation dans le cadre de ma reconversion pro…. Un grand moment de suspens car j’ai un stage à faire, un présentiel d’une semaine aussi, et ça n’est pas compatible avec mon boulot actuel car mes vacances y sont imposées (4 semaines sur 5). La formation est sur 13 mois. Hors, à ce rythme, je doute pouvoir tenir … 13 mois dans mon taf. Malgré tout ça reste un CDI… Si indispensable de nos jours et tellement rare (Hollande si tu me lis!)
Ça me fout les chocottes, et en même temps je sais au fond de moi que si je ne trouve pas une issue, ou un autre objectif dans ma vie, je vais droit dans un gouffre. J’ai vécu l’extrême inverse. J’ai tenu 2 ans avant de m’écrouler. Il est absolument inenvisageable que je revive la même chose. Cela fait déjà 4 mois et je sens déjà que je m’effondre, que j’en ai déjà pris le chemin… Je me lève à reculons, la boule au ventre, je dors mal, j’arrive en retard (j’ai l’excuse des bouchons ouf!), j’oublie les clefs du bureau (acte manqué bonjour), je bois café sur café pour me tenir éveillée car je m’endors littéralement sur mon écran. Je sens au fond de moi que ça hurle… Je deviens antipathique avec mes collègues (de l’autre société) qui n’y sont pour rien (mais qui savent). Bref. Ça pue. Ça pue, ça pue.

C’est « marrant » la vie… Tu peux traverser tout un tas d’épreuves : décès, recèle successoral, retard de chantier avec malfaçons, te retrouver à la rue, séparation, annulation d’un mariage, harcèlement de ton ex, te taper 2700 bornes de bagnole en une semaine, la voiture en rade, les névralgies faciales, les problèmes divers et variés (changement d’adresse, perte de CB, alarme de la maison qui s’éclate toute seule) etc. (ma vie résumée depuis février là), et réussir à avancer sans sourciller avec la pêche et le moral… et puis tu as le « petit » truc, la « cerise », qui parait simple à gérer au commun des mortels mais qui devient pour toi… un truc insurmontable. Pourtant, c’était le seul truc stable dans ma vie : le CDI… Et paradoxalement, c’est devenu le truc qui a fait péter tout mon équilibre en éclat.
La vie est surprenante. L’Humain aussi…
J’espère n’avoir pas fait de connerie. A vrai dire, j’ai juste pris la décision en avance sur mes projets car c’est quand même une décision mûrement réfléchie sur le fond.
J’croise les doigts…

Fatiguée

burn-out-Selly-Aude1-595x220Autant j’admets être une grande râleuse, autant j’aime assez l’idée de tourner ma « loose » chronique en humour, autant ces derniers temps j’avoue vraiment avoir du mal à en rigoler.
En fait, les récents événements ont plus que chamboulés ma vie. Perdre ma grand-mère a été un énorme choc, et a été révélateur sur bien des points : ma tante, ma propre marraine, s’est révélée être une personne que je ne connais pas : une menteuse, une profiteuse. Ma naïveté a pris un énorme coup dans l’aile et j’avoue avoir du mal à digérer la chose. Au-delà de ça, mes histoires avec elle ne sont pas finies : ils nous restent à gérer la succession, et de fait, aller au notaire ensemble.
J’avoue appréhender tout ça : que vais-je apprendre d’autre ?
Le fait que ma grand-mère parte a eu aussi d’autres conséquences… Et pas des moindres.
Ma chérie, qui jusque là avait réussie à « caser » son passé, a vécu les événements en « live ». Et tout ce qui était enfoui a ressurgi. Une véritable trainée de poudre… qui met clairement -de mon point de vue- notre couple en péril. Je ne la reconnais plus. On ne se reconnait plus. Quelque chose semble s’être « cassé », et je ne sais pas comment le gérer.
Idem côté « pro », ce que je « supportais » a peu près jusque là m’est clairement devenu insupportable, et le comportement de ma boss m’écœure : le mensonge, l’affût du « fric », entendre parler des clients en tant que « connasse » etc. Tout ça ne colle pas à mes valeurs. Pas du tout. Je ne peux pas concevoir la vie comme ça : profiter des gens, vouloir toujours être au-dessus, considérer les autres comme des sous-merdes bonnes à payer.
De tout ça, j’en arrive à une seule conclusion : l’impression de ne pas vivre ma vie. Comme si, tout ce que je traversais en ce moment me hurlait « tu n’es pas à ta place dans cette vie là ».
Attention, il n’est pas question de pulsions suicidaires. J’aime la vie, j’vous rassure. C’est juste que je suis en train de vivre exactement tout ce que je ne voulais pas/plus dans ma vie : le passé en pleine gueule, les gens toxiques (ma tante), un couple bancal, un boulot de manipulateur/menteur. Tout ce que je m’étais jurée de ne pas revivre ou vivre. Tout ce que je m’étais promis d’exclure de ma vie me retombe sur le coin du nez.
Je ne suis pas du genre à me laisser abattre. Des projets, des ambitions, des rêves, j’en ai, mais j’avoue ne pas savoir comment gérer tout ça, par où commencer, dans quoi me lancer.
C’est difficile de résumer sur un billet tout ce qui se passe, tout ce qui me traverse l’esprit.
Le plus dur dans tout ça et que je pensais avoir le soutien de ma chérie… Et en fait non. Je me retrouve à la soutenir elle. Je la vois plonger, je la vois fuir et s’égarer. Et je n’arrive pas à rebondir là-dessus. Je n’arrive pas à l’aider vu que je suis moi-même dans mes problématiques. Et au final, je n’ai qu’une envie : me barrer en courant.
On s’engueule comme jamais. Elle fait sa vie de son coté et moi de la mienne. J’ai l’impression qu’on ne partage plus que l’appartement. Elle passe son temps avec ses potes, ses potes et encore ses potes. Elle ne vient plus en soirée quand il y a les miens… Elle vient de partir 2 fois dans le Nord pour aider une copine. Et ça me rend dingue de voir ça alors qu’elle n’est pas capable de s’aider elle-même. Je le vois : elle fuit sa vie, ses problèmes.
Elle a des choses à régler avec elle-même et pour lesquelles elle m’a clairement dit qu’on repousserait notre mariage si ça n’était pas fait (elle me l’a annoncé en soirée car elle avait bu!). Et chaque jour qui passe, elle ne fait rien en ce sens.
On a des copains qui viennent de partir à l’étranger. J’ai envie de ça. On en avait déjà parlé, elle était pas contre, mais là, elle me sort tout pleins d’excuses bidons. Paradoxalement, me proposer de trouver du taf à Paris ou à Bordeaux (ou ses potes viennent de déménager), ça ne semble pas la choquer… J’ai vrillé. On s’est encore engueulée.
Tous les week-ends, elle invite ses potes, prévoit 25000 trucs sans me demander : machin mange à la maison, elles vont au commissariat pour une histoire de papier (et se lever à 6h00 pour être chez les flics à 7h30), elle va voir truc. Je suis exclue de sa vie. Les seuls moments qu’on pourrait passer ensemble (le week-end), elle prévoit des choses comme si de rien était. Comme si le week-end, j’avais pas envie d’être pénarde, en amoureuse… ou finir les travaux de la maison ?
Et j’ai même plus envie de dire quoique ce soit. En fait, j’ai même pas envie de me battre. Pas maintenant, avec tout ce qu’il y a autour. J’ai pas envie. Juste partir. Fuir. Loin.
Ce week-end on avait un anniversaire.. elle avait dit oui. Puis finalement elle a pas voulu venir parce que « c’est ma pote »… Et à coté de ça, elle râle quand je refuse de monter à Paris chez sa pote (oui parce qu’elle a déjà planifié la chose en décembre). Ça fait 5ans qu’on est ensemble. On ne s’est jamais fait en week-end car elle bossait… Mais là pour sa pote, elle s’en fout de faire sauter son taf. Et elle ne comprends pas que je le prenne mal… Le top dans tout ça c’est que je n’ai pas de problème particulièrement, mais cette nana qui vit à Paris, je n’ai jamais pu l’encadrer…
Le week-end dernier elle m’a fait le même coup. On avait une soirée… Elle a pas voulu venir car la « flemme », mais elle est partie chez ses potes… et m’a traqué toute la soirée pour que je vienne que c’était génial etc.. Je suis rentrée de ma soirée. Elle était dehors avec sa pote… Les 2 ivres mortes en train de gerber dans les buissons. Je les ai laissé en plan dans leurs gerbes. Et hier, elle me reproche de « sortir avec mes potes » et « de pas être venue »… Encore une fois, j’ai vrillé…
Même sa meilleure amie lui a demandé ce qu’il se passait… Et c’est pas la 1ère ! Sur son Facebook, que des photos de ses potes, ses potes, des cœurs, des phrases que seules elles comprennent. Et quand les gens lui font la remarque, elle prend la mouche.
A vrai dire, j’ai même pensé qu’elle me trompait… Mais non.
Depuis 5ans, je lui dis que j’aimerai me promener en bord de mer avec elle. Ça ne s’est jamais fait. Là, ça fait 2 week-ends qu’elle me le propose… parce qu’elle y va avec ses potes. Et clairement je n’ai pas envie. Pas avec ses potes dont j’entends parler matin, midi et soir.
Elle ne comprends pas… « tu veux jamais rien faire ». La blague.

Mon cœur me dit de mettre les pieds dans le plat… J’ai lancé des perches mais ça part en sucette. Je me fais des films, non, on ne s’éloigne pas, c’est une mauvaise période, je suis jalouse. Bref. C’est toujours un problème venant de moi : elle semble irréprochable. Et puis « ses potes c’est son équilibre ».
la-cocotte-minuteJe ne la reconnais pas.

Et je suis fatiguée. Fatiguée d’entendre ça, fatiguée de ne voir aucune réaction de sa part. Fatiguée de devoir gérer le reste : la succession, la maison, les chiens. Je suis fatiguée de la voir aider ses potes pour les impôts, RSI, et tout le bordel alors qu’elle n’a jamais fait une seule démarche administrative pour la maison, qu’elle est incapble de se gérer elle-même. Je suis fatiguée de l’entendre râler dès qu’elle passe la porte alors qu’avec ses potes elle parle/rit. Je suis fatiguée d’essuyer des refus dès que je parle d’une soirée avec mes potes. Fatiguée d’entendre des reproches quand ça concerne les siens.
Je suis fatiguée, mais le pire dans tout ça, c’est que je n’ai pas envie de lui expliquer, de me justifier. Elle a 10ans de plus que moi, merde quoi. Je comprends pas. Je suis fatiguée, écœurée. Et je n’ai pas envie de me battre.
Non. En fait, j’ai juste envie de faire comme elle : fuir.
Je me sens telle une cocotte-minute sur le point d’exploser. J’hésite.
J’ai postulé à quelques offres à l’étranger… On verra ce que le Destin me prévoit. Mais en attendant j’hésite. J’hésite vraiment à prendre mes affaires, aller dans la maison et la laisser avec ses supers potes puisque visiblement il n’y a que ça qui l’équilibre.

Ouais voilà. Je peux résumer en fait : je suis lassée/fatiguée.

Tient donc… Encore un billet super joyeux à mon actif!