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[Bore out] Ou comment sombrer…

boOutre le fait d’avoir une patronne givrée (cf. Je suis devenue un chevalier sataniste), je rencontre une autre problématique, et pas des moindres : l’ennui au travail.
Je n’ai rien à faire de mes journées. Mais quand je dis rien… Ce n’est rien. Je n’ai même pas d’appels, pas de mail. Rien. Le vide. Si les quelques premiers jours je trouvais ça « cool » vu que ça me permettait de faire ma paperasse pour la maison, ce n’est maintenant… plus le cas. Depuis janvier la baisse d’activité a été conséquente. Mais quand mon collègue, le commercial a démissionné en février, ça a été … la dégringolade. Ma boss ne sachant absolument pas géré à perdu 11 clients sur 17. Sur les 6 restant, une lui a collé un procès, et 4 autres sont partis. Résultat, il reste une seule et unique cliente… et pour qui, techniquement il n’y a plus grand chose à faire, et pour moi : plus rien du tout.
J’ai déjà évoqué le problème avec ma boss qui me dit de « ne pas paniquer qu’elle va me trouver de l’activité ». Et là, ça se complique car elle « m’utilise » pour son autre société. Un secteur d’activité qui ne m’intéresse ABSOLUMENT pas, dont je n’ai rien à faire et pour lequel je n’ai JAMAIS signé. Mieux, pour moi qui suis dans la communication, je me retrouve à devoir lui faire des… factures. Et là pareil. J’ai une sainte horreur de ça. Ce n’est en plus pas mon job… ou comment me braquer en moins de 2.
Voilà donc ma vie professionnelle depuis février : 0 campagne de communication… 2 factures rédigées. J’ai dû traiter une 10aine d’appels, dont plus de la moitié était des erreurs. Et les mails, à part les « transférer », je ne fais rien d’autre. J’ai compté. 4 « vrais » mails envoyé depuis le 11 janvier. Imagine…
Cette situation me pèse… Je n’aime pas ne rien faire. Ne servir à rien. Être payée à rien glander. Si au début j’ai pris mon mal en patience en me raccrochant à l’opportunité du « CDI » sacro-saint-Graal de nos jours, j’en suis rendue à un stade où même ça… n’est plus suffisant. Mais si je démission : pas de chômage = grosse merde.
Autre problème : il est difficile d’en parler. Les gens ne comprennent pas, et tu te vois affublée de tout un tas d’arguments bidons « c’est génial d’être payée à rien faire, le luxe, blabla ». Non. C’est faux. Payer à rien faire, venir « faire semblant, attendre toute la journée en étant totalement inutile, c’est l’Enfer. Tu te sens inutile, tu te sens tel un parasite qui « profite » du système. Tu perds ton temps alors qu’il y a tellement de choses bien que tu pourrais faire… Sauf que voilà. Il te faut une rentrée d’argent pour vivre et que tu ne peux pas te plaindre car c’est honteux… avec tous ces gens au chômage…
Et toute la journée, 7h, tu dois trouver de l’occupation sans te faire « griller » par peur en plus, d’avoir des problèmes alors que tu n’y es pour rien. Car oui, toute la journée je suis sur Internet, je lis, je tweete, je fais des mails, je cherche du boulot. J’attends, je compte. Je regarde l’heure encore et encore. Je pense, je réfléchis.
Je m’ennuie les amies. Je me fais chier comme un rat, je cogite, je tourne en rond. J’ai les yeux rivés sur l’heure qui n’avance pas… mais voilà, même si elle le sait, si elle me « choppe » elle est aussi en droit de me virer car il est interdit d’utiliser le PC à titre personnel. Et cela pour « faute ».
La boucle est bouclée.

Lundi j’ai craqué quand elle m’a demandé de faire une facture à un client en quadruplant le montant sous prétexte qu’il avait « l’air riche ». Un nœud dans le ventre, la gerbe. Elle me donne la nausée. Toute ma haine de son être et sa façon de faire n’aurait pas assez de vocabulaire en langue française -pourtant si riche- pour traduire ce que je pense d’elle. Elle est infâme, hideuse, honteuse. Elle ment aux clients (de l’autre boite) « nous avons une 20aine de clients », elle ment aux stagiaires « j’ai viré le commercial » (qui a démissionné surtout!). Elle ment en permanence. Elle me raconte sa vie, ses histoires de cul dont je n’ai absolument rien à branler, elle ponds des idées d’abruties consanguins, elle arnaque, elle pille, elle détruit les gens. Elle est tarée. Elle se prend pour une princesse (c’est le terme qu’elle a utilisé : je suis la patronne, je suis une princesse, les hommes doivent se plier à moi). Elle exècre les gens, les considère comme des merdes… Elle refuse de discuter ou travailler avec des gens qui sont « inférieurs » à bac+5 (j’utilise encore ses termes) mais elle écrit des mails bourrés de fautes honteuses « creyiez » (du verbe croire), « j’ai bien PRIX note »… De faute ou de lapsus révélateur ? Elle ne pense qu’au « fric », au « pognon » (ses termes). Elle ne parle jamais d’argent… et me parler de « piquer un peu plus de thune » à tel ou tel client.
fuckElle est à gerber. Je ne peux plus. J’ai qu’une envie c’est lui cracher à la gueule, la baffer, lui vomir mon dégoût pour sa personne, mon dégoût de ce type de personnage que je n’arrive même plus à considérer.
Bref. J’ai craqué et je me suis à ma formation dans le cadre de ma reconversion pro…. Un grand moment de suspens car j’ai un stage à faire, un présentiel d’une semaine aussi, et ça n’est pas compatible avec mon boulot actuel car mes vacances y sont imposées (4 semaines sur 5). La formation est sur 13 mois. Hors, à ce rythme, je doute pouvoir tenir … 13 mois dans mon taf. Malgré tout ça reste un CDI… Si indispensable de nos jours et tellement rare (Hollande si tu me lis!)
Ça me fout les chocottes, et en même temps je sais au fond de moi que si je ne trouve pas une issue, ou un autre objectif dans ma vie, je vais droit dans un gouffre. J’ai vécu l’extrême inverse. J’ai tenu 2 ans avant de m’écrouler. Il est absolument inenvisageable que je revive la même chose. Cela fait déjà 4 mois et je sens déjà que je m’effondre, que j’en ai déjà pris le chemin… Je me lève à reculons, la boule au ventre, je dors mal, j’arrive en retard (j’ai l’excuse des bouchons ouf!), j’oublie les clefs du bureau (acte manqué bonjour), je bois café sur café pour me tenir éveillée car je m’endors littéralement sur mon écran. Je sens au fond de moi que ça hurle… Je deviens antipathique avec mes collègues (de l’autre société) qui n’y sont pour rien (mais qui savent). Bref. Ça pue. Ça pue, ça pue.

C’est « marrant » la vie… Tu peux traverser tout un tas d’épreuves : décès, recèle successoral, retard de chantier avec malfaçons, te retrouver à la rue, séparation, annulation d’un mariage, harcèlement de ton ex, te taper 2700 bornes de bagnole en une semaine, la voiture en rade, les névralgies faciales, les problèmes divers et variés (changement d’adresse, perte de CB, alarme de la maison qui s’éclate toute seule) etc. (ma vie résumée depuis février là), et réussir à avancer sans sourciller avec la pêche et le moral… et puis tu as le « petit » truc, la « cerise », qui parait simple à gérer au commun des mortels mais qui devient pour toi… un truc insurmontable. Pourtant, c’était le seul truc stable dans ma vie : le CDI… Et paradoxalement, c’est devenu le truc qui a fait péter tout mon équilibre en éclat.
La vie est surprenante. L’Humain aussi…
J’espère n’avoir pas fait de connerie. A vrai dire, j’ai juste pris la décision en avance sur mes projets car c’est quand même une décision mûrement réfléchie sur le fond.
J’croise les doigts…

L'esprit Charlie ?

x870x489_bagarre_floue.jpg.pagespeed.ic.kzodqOfmOaQuand je vois des gens se bastonner à coup de poings pour une histoire d’essence, j’ai mal à ma France.
Mais qu’adviendra t-il si nous devions subir une pénurie de vivre ? On s’entretuerait ? On se poignarderait ?

J’ai mal à ma France… Franchement mal quand je vois « ça ». Des animaux. Et encore…

Mais où est passé la solidarité, les belles paroles, l’esprit Charlie ? Les promesses, les élans de solidarité, l’entraide, le partage ? Ces belles photos ? Où ? C’était quoi ? Du vent ? Des paroles en l’air ? Des mensonges ? Du foutage de gueule ? Un fantasme ? Un rêve ? Une hallucination peut-être ?
Je suis choquée, horrifiée. Sincèrement.
Où est ce merveilleux élan de solidarité ? Un an et hop, tout aux oubliettes… maintenant on se bastonne, on caillasse les flics, CRS and co qu’on vénérait il y a pas si longtemps comme des « sauveurs » des prises d’otage.
A l’heure où on devrait se serrer les coudes, prendre son mal en patience, sortir les vélos, adopter le covoiturage, rouler plus doucement pour économiser, on assiste à du pugilat à toutes les stations. Des animaux, des ahuris. Maintenant on est réduit à s’enfermer dans sa bagnole pour pouvoir mettre un peu de gasoil, à assister à des bagarres, des insultes, des coups de klaxonne pour un putain de réservoir de bagnole…

Oui parce qu’en attendant à la station, je me suis fait agresser. Le mec derrière qui vient à ma vitre me traiter de « connasse » parce que j’avance pas. Non mais mec, le monsieur devant moi attends que celui d’avant paye, il n’a pas encore fait son plein ; tu veux que je fasse quoi ? Que je l’emboutisse juste pour aller « plus vite » ? Et que dire quand j’ai vu la tête des gens parce que j’ai OSE ce terrible affront de laisser passer une dame… Wouaw. On aurait dit que j’avais déclaré la guerre : J’entendais les gens hurler dans leur bagnole. Du coup, j’ai fermé ma fenêtre et ma voiture à clef… par peur. Par PEUR… à une station d’essence bordel. Mais où va-t-on ?!13226673_272208509791271_3998175103242544501_n
Et quand je vois ces abrutis qui remplissent leur bagnole à ras-bord (non on peut pas mettre plus que le réservoir idiots-bêtes!), qui remplissent 25 bidons, je suis écœurée. Vous serez bien avancer à avoir de l’essence si tous les autres n’en n’ont pas, que vos sociétés/commerces et autres ne peuvent pas ouvrir. Vous ferez quoi avec votre bagnole remplie si toute la France est paralysée ? Des tours du pâté de maison pour frimer ? Parce que bien évidement je suis sûre que ça sera les derniers à proposer de l’aide, covoiturage au voisin.
Encore ce matin je me suis fait insulter juste car je devais TRAVERSER la file pour aller à mon taf. Juste TRAVERSER putain ! Personne n’a daigné bouger sa bagnole, trop terrorisé à l’idée que je « vole » une si PRÉCIEUSE place. Hier j’ai une dame qui m’a littéralement coupe la route pour accéder à la station le-plus-vite-possible ! Vous êtes des dangers ! Vous me faites honte. Non… en fait, vous me faite de la peine je crois.
Pourquoi autant de violence ? D’agressivité ? Vos vies sont-elles en jeu ?! On est tous dans le même bateau… et vous êtes en train de le précipiter par le fond. Si tout le monde avait l’intelligence d’utiliser/prendre ce dont il a besoin, on en serait pas là. Mais c’est trop demander de réfléchir. De partager. De s’entraider. De taper à la porte du voisin pour proposer un covoiturage, faire quelques courses en même temps que les siennes, ou l’embarquer avec soi pour s’économiser un voyage. C’est trop demander de faire l’Humain ? Le vrai ? L’intelligent ? L’être vivant sensé être doté de réflexion et compassion ?

Doit-on revivre des attentats pour avoir une piqûre de rappel : nous sommes HUMAINS, logés à la même enseigne ?! Nous devons nous entraider plutôt que de s’entretuer. L’espèce humaine est vraiment… Wouaw. Pas de mot pour ça.
C’est honteux. Scandaleux.
Loin de moi l’idée de prendre parti pour ou contre les blocus actuels. J’pense sincèrement que les 2 points de vue se défendent (en positif et négatif) et là n’est pas mon propos. Mais pour ou contre, doit-on en arriver à « ça » ? Mais merde. Se battre pour de l’essence ? Un truc qui, oui est paralysant pour le quotidien, mais où il n’y a pas de vie en jeu ! Merde. De l’essence quoi … Il y a des gens, des enfants qui meurent de faim, de soif, qui se battent contre des maladies de merde, qui luttent pour leur survie au quotidien, et il y a des abrutis qui se cartonnent la gueule pour de l’essence… Expliquez moi. Je ne comprends pas.
Juste pour rappel :

Marche républicaine en soutien aux victimes de l'attentat contre le journal Chalie Hebdo le 11 janvier à Paris - Place de la Nation - Je suis Charlie
Marche républicaine en soutien aux victimes de l’attentat contre le journal Chalie Hebdo le 11 janvier à Paris – Place de la Nation – Je suis Charlie

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Allez les gars, on ouvre les yeux et on se réveille !

Lesbienne et jugement de gynécos….

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Voilà un sujet hors du commun que je vous propose aujourd’hui !

Un bail qu’il dort dans mes « brouillons » en attendant qu’une idée lumineuse me traverse : comment vais-je aborder la question ? Est-ce pertinent ? Intéressant ? Cela peut-il être utile ?

Et puis, c’est devenu une évidence depuis quelques jours.
Dans tous les cas, je ne l’ai jamais caché, j’envisage d’avoir des enfants… Sachant que la maison est bientôt opérationnelle, et que nous envisageons d’entamer les (longues !) démarches dans la foulée, je sais que je dois trouver un gygy ouvert sur la question (je ne vais pas en changer tous les 4 matins !)… et c’est là où le bât blesse. Ça fait déjà quelques temps que ça me turlupine, et là, suite à des problèmes hormonaux, le sujet refait surface.
En essayant de trouver un gynéco ouvert sur la question, je suis tombée sur des témoignages de femmes, mais aussi beaucoup d’autres lesbiennes, plus effrayants les uns que les autres (Vous en trouverez quelques uns ici, et il existe même un hashtag #payetonutérus qui fait froid dans le dos…). Moi-même ayant vécu des expériences chaotiques, je sens que le parcours du combattant va commencer par cette étape, et c’est pour ça que j’ai décidé d’en parler.

Bon déjà on est toute d’accord pour dire qu’aller chez un gynéco et avoir les 2 pattes écartées à se faire trifouiller la schneck est quand même loin d’être un moment agréable ; il faut donc quand même un minimum de « mise en confiance » pour passer ce « cap ».
Pas de bol, je n’ai jamais connu ce moment là : cette « mise en confiance ».

Ma 1ère fois fût… comment dire… désastreuse ? catastrophique ? Un mix des 2 voire pire ?
Ouais, c’était pire que ça.
2064-gyneco_tamboriniJ’avais tout juste 19ans, et je suis tombée sur LA gynéco insolente, incompétente, homophobe (et particulièrement conne !). Au début ça allait nickel : questions de base : les règles, la régularité etc.
Combien de rapports par semaine, combien de partenaire sexuels..
Je ne précise pas à ce moment là que je suis homo. Pour moi un rapport sexuel est un rapport sexuel. Point.
Puis vient la question « contraception ».

« Vous êtes en couple, vous avez des rapports réguliers, quel contraceptif utilisez-vous ? »
Aucun.
« Mais comment ça vous n’en prenez pas ?! Pas de pilule ? Vous utilisez au moins des préservatifs ? »
Non plus…

Et là voilà partie dans son trip des risques que je prenais d’être enceinte, de devoir avorter, que j’étais inconsciente, blabla. Impossible d’en caler une pour expliquer la chose. Bref. Après un long monologue, pendant lequel je me sentais de plus en plus mal (je ne sais même pas pourquoi d’ailleurs), je lui annonce la couleur.
« Non mais mademoiselle, à 19 ans on ne peut pas dire qu’on est homo, vous avez tout le temps de changer d’avis, et puis surtout vous le saurez quand vous aurez eu des rapports sexuels avec un homme »
Ça commence fort hein ? Attend, c’est que le début !

Je récapitule : première fois chez le gynéco donc, je suis toute jeune, à ce moment là je n’assume pas super bien le fait d’être homo, je suis hyper complexée et super mal dans mon corps, timide maladive, bref, la totale. Alors imagine l’état dans lequel je suis : super mal à l’aise, gênée, honteuse, tétanisée, et tout ce que tu veux ; et même pire que ça. Pour moi en plus, elle était « professionnelle », bardée de diplômes, d’expériences, un truc super impressionnant à ce moment là, donc je l’écoute sans oser dire quoique ce soit.

« Déshabillez-vous »
Entièrement ?
« Bah oui, c’est mieux pour vous examiner ». Note la petite réflexion de merde.

gynecologueEt là, tu te décomposes…
Impossible de refuser (timidité/panique de merde/ça ne se fait pas) et puis, j’y suis alors autant aller jusqu’au bout, ça sera fait ! Erreur... En vrai, tu as totalement le droit de refuser sans avoir à te justifier.

Vu ma gêne très visible elle aurait pu me permettre de garder une partie de mes fringues : le haut pour l’examen gyneco, le bas pour l’examen des seins. Ce n’est pas exceptionnel, mais à ce moment là, crois-moi, psychologiquement, ça m’aurait déjà beaucoup aidée. Ça aurait été une façon de ne pas être « à nue » dans tous les sens du terme… Mais non. J’ai même du enlever mes chaussettes… (je cherche encore l’intérêt, à part celui d’être rabaissée). Il faut savoir qu’un gynéco n’a pas le droit de t’imposer d’être totalement nue.
Etre à poil pour moi est une torture… C’est quelque chose que je ne fais JAMAIS, ni devant ma compagne, ni seule, mais alors là… Laisse tomber. En plus sur leurs supers tables, dans la position la pire qui soit… J’vous fais pas de dessin, vous connaissez !
Pas de bol, non seulement j’étais tétanisée, mais en plus, moi qui suis frileuse, j’étais congelée… donc doublement contractée. Tout ce qu’il faut quoi !
« Détendez-vous : les doigts vous devez avoir l’habitude, ça n’a jamais fait mal ! ». Voilà, c’est dit aussi… Prend toi ça dans les dents au passage. Un gynéco n’a pas le droit de faire ce genre de réflexions subjectives ; il doit rester totalement objectif, quelque soit tes pratiques, tes choix.
La gynéco, tellement à fond dans son monologue sur la contraception, a dû oublier sa délicatesse et sa diplomatie au fond d’un tiroir : aucune écoute, utilisation d’appareils gelés et sans prévenir. Même pas un petit « attention, je vais faire ça ou ça », non rien… Intrusion absolue. Un gynéco DOIT te prévenir de ses gestes et intentions ; il ne doit pas pratiquer de gestes dit « intrusifs ».
Donc forcément, je sursaute à chaque fois, et je tremble de peur et … de froid … et je me contracte encore plus. Résultat elle doit « forcer », me démonter 2 fois plus, m’engueule que je suis douillette et me balance que si j’avais eu des relations sexuelles « normales », ça ne me ferait absolument pas mal et qu’en plus elle ne pouvait pas faire mieux car vu mon cas (sous entendu lesbienne) elle utilisait déjà du matériel spécifique.
L’humiliation à son comble. Si tu as mal, tu as le droit de dire STOP, c’est TON corps.
La boucle est bouclée.

Pour couronner le tout, je fais une réaction allergique au latex…
Donc, je vous fais le topo : chatte en feu à cause de sa « douceur », et qui commence à démanger à la mort à cause de l’allergie. Elle aurait pu faire preuve de compréhension… Raté !! « si vous aviez eu des rapports protégés avec un homme vous auriez su que vous étiez allergique au latex ». Objectivité au revoir. En vrai, je le savais déjà, mais j’étais tellement en panique que je n’ai même pas pensé à lui dire.

L’examen se termine aussi mal qu’il a commencé.
Ça chauffe, ça me gratte, je saigne, elle m’a foutu 3 tonnes de vaseline ce qui donne une impression d’être gluante et crade. La totale.
Ça aurait pu s’arrêter là, mais non. Madame a aussi jugé pertinent de me faire des réflexions sur mon… épilation intime. Oui, oui… Selon elle, il ne faut surtout pas toucher à ses poils garant de l’hygiène, qui empêche toutes les maladies etc. Et de rajouter une phrase du style « ouais, c’est vrai que pour une lesbienne, ça doit être moyen ». Je ne me rappelle plus exactement de la tournure, mais le sens était le même.
dessin-differ-formes-epilatBref, elle n’est pas là pour juger me semble t-il, donc si j’avais eu envie de me pointer avec une forêt amazonienne épilée en cœur, teintée en rose, qui est-elle pour me dire quoique ce soit ?
Et puis soyons clair, même chez les lesbiennes, il y a des nanas totalement épilées et d’autres pas du tout… d’autres en ticket de métro/bus/avion… Bref. L’épilation n’est en rien une affaire d’attirance sexuelle, c’est juste une question de préférence !!
topelement(D’ailleurs petite aparté, vous savez qu’il existe carrément des pochoirs pour s’épiler ? J’ai découvert ça en cherchant des illustrations pour le billet … !)

L’examen des seins fût tout aussi horrible. Pas douloureux dans mon souvenir, en revanche, je me rappelle avoir été mal à l’aise car son visage était trop proche de mes seins…

Bref. Tout ça pour dire qu’au départ, j’y ai été pour un simple contrôle comme toutes les femmes sont censées faire. Mais selon cette gynéco cela n’était pas nécessaire pour moi vu que je n’avais pas de « vrais » rapports sexuels. Etre lesbienne n’est donc clairement pas être une femme, et signifie forcément l’absence de vie sexuelle.
A l’écouter, je n’ai aucun risque de choper de MST ou autres maladies, ni même de mycose, de cancer. C’est complètement faux.
Si c’était vrai cela m’aurait fortement arrangé… mais cela n’est bien évidemment pas le cas du tout. Etre lesbienne (ou n’avoir aucun rapport sexuel) n’immunise en rien de toutes ces merdes.

Concernant les enfants, j’ai eu le droit à un magnifique « vous ferez mieux de ne jamais avoir d’enfants car accoucher quand on est vierge est impossible ». Bref : tous les clichés !
Les lesbiennes n’ont pas de rapports sexuels
Les lesbiennes sont forcément vierges (on a des orgasmes en se léchant les genoux c’est bien connu)  D’ailleurs, DarkGally a publié un super billet  sur le sujet que je vous invite à lire : T’es lesbienne, t’es vierge !
Les lesbiennes sont contre-nature et ne doivent pas procréer (tiens, je me demande bien pourquoi j’ai un utérus, des ovaires, mes règles et un instinct maternel !)

Et quand j’ai « osé » aborder la question de la contraception (par rapport à des petits soucis d’acné)…. J’ai eu le droit à un « inutile dans mon cas » : ah, et les cycles irréguliers, les problèmes d’acné ?… Mais non, je suis homo, donc pas besoin voyons.
Bref, je suis lesbienne, j’ai juste eu le droit de fermer ma gueule.

C’était il y 12 ans.
Je n’ai jamais remis les pieds chez un gynéco car j’ai développé une véritable phobie de ce corps médical. Probablement à tord car j’imagine bien qu’ils/elles ne sont pas tout comme ça (et heureusement). Mais voilà …
J’ai vécu cette  torture expérience comme une insulte, comme une atteinte à mon intégrité physique et morale : une véritable humiliation (la position gynéco à poil n’aide clairement pas!), et je suis repartie la chatte en feu la tête pleine de peurs et d’interrogations (mince, je ne vais jamais pouvoir avoir d’enfants?)

Je vous rassure, pour la dernière partie, j’ai bien évolué, je sais que je peux avoir des enfants.

Comme je le disais au début, je sais qu’incessamment sous peu, je vais me lancer dans les « démarches » pour avoir un enfant et à ce jour, ma plus grosse angoisse c’est le suivi médical : tomber sur des gynécos (et tous les autres médecins qui suivent les grossesses) qui jugent mon projet de parentalité, qui nous fassent des réflexions de merde sans compter que très souvent quand ils n’approuvent pas, le suivi médical est pourrit. Avec l’âge, je saurai maintenant refuser un examen si au moment des questions je sens du jugement. Maintenant que j’ai  pris un peu de gueule et que j’assume complètement mes attirances, je saurai aussi répondre à ces éventuels jugements… mais ça n’est pas, à mon sens, une raison pour avoir à le vivre non plus. (sachant en plus que je le vivrais déjà forcément dans ma sphère personnelle (proche, famille etc.). D’ailleurs, je ne devrais même pas avoir à me poser la question : le corps médical est tenu à l’objectivité. Point.

Malheureusement (heureusement ?), je pense que je vais devoir me bouger plus rapidement que prévu : les traitements médicamenteux pour les névralgies ont foutu un énorme bronx dans mes hormones : seins qui ont doublés de volume, règles en retard et hyper douloureuses, pilosité de singe, acné, prise de poids. Une catastrophe. La prise de sang est formelle: mes hormones ont décidé de s’éclater toutes seules. Je le sais… et du coup toutes mes angoisses resurgissent.
Non seulement je suis terrifiée, mais en plus – et c’est très con-  j’ai honte de ne pas y avoir été depuis 12 ans (d’ailleurs, même là, les médecins, au lieu d’essayer de comprendre, ne se gênent pas pour en rajouter une couche et te culpabiliser à la mort sans essayer de comprendre). Je suis loin d’être conne. Je sais… je sais que je devrais, je sais que c’est abusé, mais je sais aussi pourquoi.

Cela fait donc quelques jours que j’ai noté des noms de gynéco gayfriendly. Ça peut paraître débile… Je n’aime pas ce coté « ghetto », « différenciation » et pourtant… Dans des moments comme celui je me rends compte à quel point notre société a encore des trains de retards sur la société. Cette étiquette ne devrait pas exister car on est comme tout le monde. J’ai beau être homo, j’ai une vie, sexuelle aussi, j’ai des ovaires, un utérus et tout le bazar qui va avec… Je suis donc, comme toutes les femmes, une candidate potentielle à toutes les merdes que l’on peut rencontrer dans une vie : IST, MST, mycose, cancer, ainsi qu’une femme apte à donner la vie.
Je n’aurai jamais cru être obligée de le dire un jour, mais oui, aujourd’hui pour moi cette étiquette est nécessaire car elle est garante d’un minimum d’écoute et surtout de non-jugement, et c’est malheureux d’en arriver là….

Voilà, aujourd’hui je souhaite dire à toutes les filles qui vont pour la 1ère fois chez un gynéco qu’elles ont le DROIT de dire non : votre corps vous appartient quelque ce soit le médecin que vous avez en face de vous !

Je trouve déplorable le manque d’informations sur le sujet donc je profite aussi de ce billet pour vous inviter à aller sur ce site : pourquoi et quand leur dire non, ainsi que celui-ci où vous trouverez  une liste de gynécologues sans préjugés et à l’écoute (aussi les « gayfriendly »), que vous trouverez :  ici.

NB : après recherches, cette connasse gynéco n’exerce plus… Je ne suis pas méchante, mais j’espère quand même qu’elle aura été radiée !

Et vous, vos gynécos ? Vous-avez déjà eu à faire à ce genre d’expériences ?

Quand mon pays me fait honte… des fois.

Quand je vois l’esclandre créée par le mariage homo, toute cette homophobie latente en plein « coming out », j’vous jure qu’en tant qu’homo on se pose énormément de questions :

Comment mes pairs : ces hommes, ces femmes peuvent-ils tenir des propos aussi… inHumains ?
Est-ce que je suis moins humaine qu’eux ?
Est-ce que je suis moins femmes qu’elles ?
Est-ce que je mérite moins de vivre qu’eux ? Est-ce que je mérite au moins d’exister ?
Est-ce inhumain pour une femme d’avoir des désirs de maternité ?
Est-ce que je mérite d’être malheureuse ?
Est-ce que je paye moins d’impôts qu’eux ?
Est-ce que je bosse moins qu’eux ?
Est-ce que je dois bafouer ma vie de famille ?
Est-ce que je suis plus con, plus moche, ou plus inutile qu’eux ?
Est-ce que leur vie a plus de valeurs que la mienne ?
Est-ce que je dois honteuse me cacher comme une rebue de la société ?
Est-ce que je mérite de mourir pour ce que je suis ?
Est-ce que je mérite moins le Paradis qu’eux ?

A ces gens-là, j’aimerai leurs demander :
Avez-vous vu des gamins de 15 ans harcelés, moqués, devenir des souffres douleur à l’école (pour leur physique, leur poids, leurs boutons, leurs lunettes, leurs noms de famille)?
Avez-vous vu des gamins en échec scolaire ?
Avez-vous vu des gamins maltraités ?
Avez –vous vu des gamins délinquants ?
Avez-vous vu des enfants malheureux ?

Moi oui.
Les parents étaient-ils tous homos ?
Non.
Et vous savez leurs points communs ? Ce sont des humains. Hétéros… homo.
Autant issus de famille papa/maman, papa solo, maman solo, parents adoptifs, parents veufs, parents homo, parents divorcés, parents mixtes, parents catho, parent musulman, parents juifs, bref. Des PARENTS.
Malheureusement, on a tous vécu dans nos vies des railleries, des échecs, des coups durs de la vie. Tous. Sans exception. Pas besoin d’être homo ou d’avoir des parents homos pour ça.

Avez-vous vu des gamins de 14 ans à la rue ?
Avez-vous été récupérer une gamine de 17 ans à l’hôpital suite à une tentative de suicide ?
Avez-vous appelé les pompiers pour cette même gamine ? Avez-vous juste essayé de l’aider ?
Avez-vous accompagné une personne, qui avait été tabassée, chez les flics pour porter plainte ?
Avez-vous vu des gens sombrer dans la drogue tellement ils avaient honte de ce qu’ils étaient et de la peine qu’ils causaient ?
Avez-vous vu des gens être malheureux, et rendre malheureux d’autres gens juste parce qu’on leur a demandé de ne pas être eux-mêmes et faire semblant, juste pour faire « bonne figure » ?

Moi oui. Et vous savez leur point commun ?
Tous en sont arrivés là à cause de l’homophobie.
Respectivement de leurs familles, de leurs voisins, de personnes qu’ils ne connaissaient pas. Tous en sont arrivés là, parce que à un moment dans leur vie ils ont juste affirmé/montré qu’ils étaient amoureux. Leurs tords ? Aimer… une personne du même sexe qu’eux.

Avez-vous été insulté dans la rue parce que vous ne cachiez pas votre Amour ?
Vous a-ton tagué une croix gammée sur votre voiture ?
Vous a-t-on vidé une poubelle de rue dans le hall de votre immeuble ?
Vous a-ton refusé un appartement parce que vous souhaitiez vous y installer en couple ?
Vous a-t-on agressé, à 2 reprises dans la rue, parce que vous n’avez pas voulu jouer un rôle mais juste vous montrer tel que vous êtes ?
Moi oui…

Et ce, juste parce que je ne suis pas hétérosexuelle (et la liste est non exhaustive ! CQFD)

Pourtant, je vis, je respire, je mange. J’aime.

J’aide mon prochain. Je n’ai jamais été violente envers quelqu’un.

J’ai adopté 2 chiens de la SPA et me bats pour la cause animale.

Je travaille, je paye mes impôts. Je fais mes courses et contribue à l’économie.

J’ai eu pendant plus de 6 ans une association à vocation sociale : prévention suicide et MST.

J’ai voyagé : j’ai vu la pauvreté ; la vraie, celle qui dérange, qui fait peur. Celle dont on ne parle pas ; tu m’étonnes, ça fait « tâche » dans notre société….
Je vois aussi tous les jours ces SDF, ces retraités qui se battent pour survivre avec 3 fois rien alors qu’ils ont donné leurs vies à la France. Je ne peux malheureusement pas aider tout le monde… mais putain, ça vous voyez, ça, ça me dérange vraiment. Ça me dérange que mes pairs, ces humains, souffrent et que si peu de gens s’en préoccupent. J’agis à mon échelle, comme je peux, mais je le fais : j’aide ma petite voisine (80 ans), je donne un sandwich, une bouteille d’eau, un bouquin à ce SDF dans le coin de la rue, j’aide cet aveugle à traverser, cette personne en chaise roulante à passer… et ce, sans rien attendre en retour si ce n’est qu’un simple sourire.
Je me contrefous de l’apparence de l’autre : noir, blanc, vert, bleu, mal fagoté, habillé en Dior, gros ou pas, bigleux, les yeux marrons, les cheveux roux ou blond, frisé ou raide, petit, grand. Je m’en contrefous parce que leur vie ne vaut pas plus ou moins que la mienne.

J’ai une famille. Des ami(e)s.
Des organes. Un corps, un cerveau, un cœur.

J’ai aussi des sentiments : je suis capable de compassion, tristesse, amour, joie et tout le reste.

Je protège ardemment l’environnement ; d’ailleurs je rénove ma maison en ce sens.

Et oui, parce que je suis propriétaire aussi…. J’ai investi dans mon pays. Ce pays peuplé de ces gens/députés/maire qui me refusent pourtant une existence sociale et amoureuse.
Je n’aime pas cuisiner. J’adore lire. J’adore rencontrer et découvrir des gens, des cultures.

J’ai été confrontée dans mon entourage à l’Amour, la maladie, la mort.

Je vis normalement, je vote. J’ai payé mes études. J’ai connu le chômage, l’emploi, le double emploi.

Dans ma vie j’ai fait des choix : changer de département, des choix politiques, des choix dans ma carrière. Mais pas celui de tomber amoureuse.
Et ça sera donc là … toute la différence ?

Et vous savez pourquoi on vit ça aujourd’hui ?
Parce que vous, homophobes, vous inculquez ça à vos enfants. Donc oui, les enfants des homos vivront les insultes, les regards, les moqueries tant que vous, homophobes, continuerez de bourrer le crâne de vos propres gosses et continuerez de les enfermer dans des préceptes datant de plusieurs siècles. Tant que vous, vous n’aurez pas décidé de vous ouvrir aux autres, vous enfermerez vos enfants dans votre confort et votre vision tronquée et obsolète du monde.

Vos arguments tournent en rond. Se mordent la queue. Tels les serpents venimeux vous vous empoisonnez, seuls.
Vous vous battez contre vous-même. Contre votre propre humanité.

Et maintenant que la France a adopté ce projet, vous allez encore hurler votre haine, votre révolte, dans les rues ? Révolte de quoi ? De vivre dans un pays qui respecte les droits de l’Homme? De vivre dans un pays qui avance -un peu- enfin avec son temps ?
Vous vous battez maintenant contre votre propre Humanité, contre les Droits de l’Homme, mais aussi votre propre pays… Bravo, félicitations. Vraiment.

Réaction suite aux commentaires de cet article paru dans le Figaro : ICI, ou comment offrir des fleurs passent pour de la provocation
ET suite à un site sur lequel je suis tombée, très largement signalé auprès du gouvernement, mais dont la page Facebook existe encore faute de réactivité du groupe. On peut y trouver ça :

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ?

227690_544511802226791_1813098730_nJ’ai honte quand je vois ces gens se mobiliser pour interdire des droits, plutôt que d’aller manifester pour des choses qui peuvent vraiment changer LEUR vie : emploi, pouvoir d’achat, Éducation etc. La conclusion à tirer est-elle : nous avons peur du changement, alors manifestons pour que surtout il n’y en ai pas/ et ne descendons pas dans les rues pour l’emploi/pouvoir d’achat etc et tout le reste au cas où ça change nos vies (on sait jamais que ça l’améliore hein)? Je comprends encore moins dans ce cas pourquoi on a voté pour un président dont le slogan était/est « le changement c’est maintenant ».
Le paradoxe français…

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Voilà la question que je poserai à ces gens qui descendent dans les rues. Oui, j’y vais fort (comme eux). Mais il y en marre d’entendre chouiner « les homos çi », « les homos ça ». En revanche, quand je vois l’espèce de révolution que cela crée j’ai honte d’être française.
En Espagne, Belgique, Portugal ont-ils faits ça quand la loi est passée ? Est-ce que ça a changé leurs vies ?
Non.
Parce qu’il n’y a pas lieu que ça la change… juste que ça améliore celles de certains. Et alors, ou il est le mal là-dedans ? Qu’est ce que donc ça peut te foutre que je me tape des filles plutôt que des mecs ? C’est toi qui est dans mon lit à sa/ma place ?
Non.
Arrêtez de vous projeter dans NOTRE sexualité.

Tiens, j’imagine bien le couple … hétéro, vautré dans son canapé devant sa TV après une journée de taf harassante, les gamins dans le parc à jeux qui gazouillent tranquillement… Et là, l’idée lumineuse : la vie est belle, mais eux, non, faut pas qu’ils aient le droit de vivre ça voyons. C’est injuste qu’eux aient le droit à ça alors que nous on y a le droit… Voyons. CQFD.
Si la loi passe, je n’aurai pu le droit de me vautrer dans mon canapé, devant ma TV après une journée harassante, avec mes gosses dans le parc à jeux…

Ah bah vi c’est contre nature…
Contre nature de quoi ? Si ça l’était, pourquoi les homos existent alors ?
Mieux… Pourquoi ont-ils des couilles avec des têtards et les femmes des ovaires alors ? Oh, là haut, tu ne te serais pas planté quelque part non ? Ah non… C’est l’Humain qui est profondément con. Pardon.
Putain quitte à être homo et pas avoir le droit aux gosses, t’aurai pu quand même m’épargner les joies des hormones/règles et tout le bordel. Hein, parce que franchement si ça sert à rien, pourquoi s’emmerder à subir…
Et à ces couples là, j’ai envie de leur poser une question : et si ton gamin est homo, tu fais quoi ? Tu le renies ? Tu lui craches dessus ? Tu le tabasses ? Tu le butes ? Tu lui interdis de vivre au grand jour, normalement ? … Ah t’es encore plus abruti que ce que je ne pensais dis donc… Et puis d’ailleurs, tu lui diras quoi à ton gamin ? Que t’étais tout fier d’être à la manifestation « anti » qui … reniait ses droits, ses sentiments et donc son existence même ? Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Dans ce cas, j’ai honte pour toi aussi.
Ah encore un cliché qui ne tient pas la route… si t’es homo, tu vas forcément engendrer des gosses homos. Ah merde… Mes parents sont donc des homos refoulés ? Ceux de ma compagne aussi ? C’est ça le raisonnement ?
Vous manifestez pour interdire aux homos le droit au mariage et aux gosses… Mais allez vous défiler contre les parents violents, alcooliques, pédophile, ceux qui abandonnent leurs enfants ? Et là, il faut que vous m’expliquiez quand même. Parce qu’il y a quelque chose qui me dépasse. Non parce que, personnellement je préfère confier mon enfant à un couple homo qu’à un pédophile. Enfin ça, ça n’appartient qu’à moi…

Bref. Je ne trouve pas normal de devoir manifester pour justifier de fondamentaux de droits de l’Homme (cf. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux ») ; tout comme je ne trouve pas normal que cette décision (qui plus est inscrite dans le programme du président élu) prenne autant d’ampleur…
Chaque jour quand je vois ça, je me sens agressée… Mais au-delà de tout, ce qui m’énerve le plus dans ce débat, c’est la stérilité des arguments… des clichés, des préjugés, des arguments religieux. Bref, à mon sens rien de concret : pas de preuve, d’arguments scientifique (si les homos n’avaient pas le droit d’avoir des enfants alors pourquoi naissent-ils avec des couilles et des ovaires?!!).
Pour moi non plus cette loi ne changera rien en termes de mariage si ce n’est officialiser quelque chose qui existe déjà et depuis toujours (n’en déplaise à certains!)…. : l’Amour. Wouaw. Quel scoop.

Mieux, il y a des femmes (dont Simone Veil !!!!!), des personnes noires qui défilent. Mais quelle honte… alors qu’on s’est battu pour que vous aussi vous ayez des droits. Vous rappelez vous ce que l’on disait ?

Ah oui, ça vous choque… Bah tiens, comme c’est étrange. Et pourtant ça a bien existé : les femmes n’avaient pas le droit de vote, les noirs n’avaient pas le droit de prendre le bus… Les mariages mixtes étaient prohibés. Oui, ça a existé…. On s’est battu pour vous car vous êtes des êtres humains comme tous les autres…. mais vous aussi, vous étiez sous le joug d’énormes clichés infâmes. On s’est battu pour vous, vous vous êtes vous même battus pour vos droits, pour faire reconnaitre que vous étiez comme tout le monde et égaux ; et maintenant vous défilez dans la rue ? Quelle honte… Un poignard dans le dos. Une trahison sans nom.

J’en ai marre de tout ça ; je ne suis pas militante pour un rond… En revanche, pour mes proches homo, qui ont des enfants… oui, forcément, on prend part. De même le jour où j’en aurai (et aucune loi ne peut empêcher une femme d’avoir un enfant… ça, c’est une question d’éthique), j’aimerai qu’elle ait les mêmes droits que moi pour eux…. ne serait-ce que pour protéger mes enfants s’il m’arrivait quelque chose. Je trouve honteux que ce genre de débat existe alors que toute femme ou tout homme censé, dès lors qu’il est parent ne souhaite forcément que la protection de ses enfants.

Alors que merde… on est tous des humains… on est tous dans le même bateau. On ne devrait pas lutter les uns contre les autres, mais ensemble…. et lutter contre des choses qui devraient avoir beaucoup plus d’importance pour nous et qui changeraient réellement nos vies et dans le BON sens…