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L'esprit Charlie ?

x870x489_bagarre_floue.jpg.pagespeed.ic.kzodqOfmOaQuand je vois des gens se bastonner à coup de poings pour une histoire d’essence, j’ai mal à ma France.
Mais qu’adviendra t-il si nous devions subir une pénurie de vivre ? On s’entretuerait ? On se poignarderait ?

J’ai mal à ma France… Franchement mal quand je vois « ça ». Des animaux. Et encore…

Mais où est passé la solidarité, les belles paroles, l’esprit Charlie ? Les promesses, les élans de solidarité, l’entraide, le partage ? Ces belles photos ? Où ? C’était quoi ? Du vent ? Des paroles en l’air ? Des mensonges ? Du foutage de gueule ? Un fantasme ? Un rêve ? Une hallucination peut-être ?
Je suis choquée, horrifiée. Sincèrement.
Où est ce merveilleux élan de solidarité ? Un an et hop, tout aux oubliettes… maintenant on se bastonne, on caillasse les flics, CRS and co qu’on vénérait il y a pas si longtemps comme des « sauveurs » des prises d’otage.
A l’heure où on devrait se serrer les coudes, prendre son mal en patience, sortir les vélos, adopter le covoiturage, rouler plus doucement pour économiser, on assiste à du pugilat à toutes les stations. Des animaux, des ahuris. Maintenant on est réduit à s’enfermer dans sa bagnole pour pouvoir mettre un peu de gasoil, à assister à des bagarres, des insultes, des coups de klaxonne pour un putain de réservoir de bagnole…

Oui parce qu’en attendant à la station, je me suis fait agresser. Le mec derrière qui vient à ma vitre me traiter de « connasse » parce que j’avance pas. Non mais mec, le monsieur devant moi attends que celui d’avant paye, il n’a pas encore fait son plein ; tu veux que je fasse quoi ? Que je l’emboutisse juste pour aller « plus vite » ? Et que dire quand j’ai vu la tête des gens parce que j’ai OSE ce terrible affront de laisser passer une dame… Wouaw. On aurait dit que j’avais déclaré la guerre : J’entendais les gens hurler dans leur bagnole. Du coup, j’ai fermé ma fenêtre et ma voiture à clef… par peur. Par PEUR… à une station d’essence bordel. Mais où va-t-on ?!13226673_272208509791271_3998175103242544501_n
Et quand je vois ces abrutis qui remplissent leur bagnole à ras-bord (non on peut pas mettre plus que le réservoir idiots-bêtes!), qui remplissent 25 bidons, je suis écœurée. Vous serez bien avancer à avoir de l’essence si tous les autres n’en n’ont pas, que vos sociétés/commerces et autres ne peuvent pas ouvrir. Vous ferez quoi avec votre bagnole remplie si toute la France est paralysée ? Des tours du pâté de maison pour frimer ? Parce que bien évidement je suis sûre que ça sera les derniers à proposer de l’aide, covoiturage au voisin.
Encore ce matin je me suis fait insulter juste car je devais TRAVERSER la file pour aller à mon taf. Juste TRAVERSER putain ! Personne n’a daigné bouger sa bagnole, trop terrorisé à l’idée que je « vole » une si PRÉCIEUSE place. Hier j’ai une dame qui m’a littéralement coupe la route pour accéder à la station le-plus-vite-possible ! Vous êtes des dangers ! Vous me faites honte. Non… en fait, vous me faite de la peine je crois.
Pourquoi autant de violence ? D’agressivité ? Vos vies sont-elles en jeu ?! On est tous dans le même bateau… et vous êtes en train de le précipiter par le fond. Si tout le monde avait l’intelligence d’utiliser/prendre ce dont il a besoin, on en serait pas là. Mais c’est trop demander de réfléchir. De partager. De s’entraider. De taper à la porte du voisin pour proposer un covoiturage, faire quelques courses en même temps que les siennes, ou l’embarquer avec soi pour s’économiser un voyage. C’est trop demander de faire l’Humain ? Le vrai ? L’intelligent ? L’être vivant sensé être doté de réflexion et compassion ?

Doit-on revivre des attentats pour avoir une piqûre de rappel : nous sommes HUMAINS, logés à la même enseigne ?! Nous devons nous entraider plutôt que de s’entretuer. L’espèce humaine est vraiment… Wouaw. Pas de mot pour ça.
C’est honteux. Scandaleux.
Loin de moi l’idée de prendre parti pour ou contre les blocus actuels. J’pense sincèrement que les 2 points de vue se défendent (en positif et négatif) et là n’est pas mon propos. Mais pour ou contre, doit-on en arriver à « ça » ? Mais merde. Se battre pour de l’essence ? Un truc qui, oui est paralysant pour le quotidien, mais où il n’y a pas de vie en jeu ! Merde. De l’essence quoi … Il y a des gens, des enfants qui meurent de faim, de soif, qui se battent contre des maladies de merde, qui luttent pour leur survie au quotidien, et il y a des abrutis qui se cartonnent la gueule pour de l’essence… Expliquez moi. Je ne comprends pas.
Juste pour rappel :

Marche républicaine en soutien aux victimes de l'attentat contre le journal Chalie Hebdo le 11 janvier à Paris - Place de la Nation - Je suis Charlie
Marche républicaine en soutien aux victimes de l’attentat contre le journal Chalie Hebdo le 11 janvier à Paris – Place de la Nation – Je suis Charlie

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Allez les gars, on ouvre les yeux et on se réveille !

Tu n'as pas mis de panneau "je suis charlie", tu es raciste!

574Avec tous ces récents événements, je ne peux m’empêcher de constater tous les débordements qui arrivent.
Je vois mon fil Twitter et Facebook, ainsi qu’internet monter doucement -mais sûrement- en pression. Je vois les désaccords, les prises de becs, et les accrochages de tous. Les insultes fusent, et j’ai ce profond sentiment que c’est le début de la fin et que tout part en couilles.
La toile, et notamment mon Facebook, est bien lugubre en ces jours de deuil. Dans mes ami(e)s : des journalistes, beaucoup vu que j’ai bossé dans un média. Des flics, des représentants des forces de l’ordre (comme je l’ai dit récemment, je suis « issue » d’une famille de gendarme/flics/Défense).
Des musulmans français (une belle sœur) et d’ailleurs aussi avec notamment beaucoup d’égyptiens, vu que j’ai vécu dans ce pays quelques années. Des musulmans pratiquants et d’autres non (ma patronne). J’ai aussi des juifs très pieux et d’autres pas du tout, des chrétiens très pieux (entre autre encore une belle sœur!) et des athées. Des bouddhistes aussi, beaucoup, vu que j’ai voyagé en Thaïlande. J’ai même des gens qui se sont convertis. J’ai des gitans (aussi un ami et mon patron). J’ai des gens de bords politiques qui ne sont pas les miens. J’ai des africains, des américains, des européens, des asiatiques. J’ai des blancs, des noirs, des métisses, des jaunes, des verts, des bleus, des blonds, des roux, des bruns, des rasés, des barbus, des moustachus, des féministes, des homos, des trans, des hétéros, des bis, des malades, des begs, des sourds, des amputés, des personnes en fauteuil.
Et en fait, je me fous de savoir tout ça car ce sont avant tout des personnes que j’apprécie, des humains, et tant qu’ils respectent les Autres dans leur intégrité physique et morale, je les respecte et les aime pour leur humanité.
Pour les autres, c’est « merci bonsoir » sans autre forme de procès.
Nous avons une Liberté de penser/croire en ce que l’on veut tant que c’est dans le Respect de l’Autre. Nous sommes tous différents, mais nous restons tous des humains.

Je suis quelqu’un de très ouverte, et pour rien au monde je m’arrêterai à une apparence ou à une quelconque conviction religieuse (ou autre) pour créer des liens. La diversité fait partie de ma vie, et mes nombreuses expatriations n’ont fait que renforcer ce désir d’échanges/d’apprentissage et d’humilité face au monde, sa richesse et sa pluralité. Je suis rentrée dans des mosquées, des églises, des synagogues, des temples bouddhistes, et j’ai appris, je me suis enrichie de cette cette différence, de ces cultures. J’ai toujours respecté ces croyances même si moi-même je ne suis pas pratiquante et ne les partage pas. Mais, je ne tolère pas que l’on puisse dire qu’untel est un connard juste parce qu’il croit en tel ou tel Dieu ou que ses opinions ne sont pas les notre. Je n’arrive pas à concevoir que des religions/des partis politiques censés « réunir » puissent au final être contre-productifs et autant diviser. Il me semble que de la Diversité naît la richesse et non pas l’individualisme destructeur.

En revanche, je ne prendrais pas plus partis de tous ces débats, ces coups de gueules, ces anicroches, ces flots de haine, ces déchirements, mais je ne peux que constater cette montée d’embrouilles qui m’écœurent. Derrière cette apparente/union « mondiale », Tout le monde se crache dessus…
A l’ordre des débats :
– Les « je suis charlie », les « je ne suis pas charlie »
– Les personnes qui crient au complot et les autres et qui entre dans une espèce de gueguerre virtuelle
– L’histoire du FN qu’il faut ou non inviter aux marches prévues aujourd’hui et qui ouvre la porte à des propos plus que largement raciste, et qui ouvre aussi le grand débat de la Liberté d’expression.
Liberté d’Expression évoquée à tord et à travers alors qu’il y a quelques jours, c’est limite si ils savaient ce que c’était réellement.
– Les histoires d’amalgames entre les musulmans et ceux qui ont un problème avec les étrangers, l’islamophobie, les préjugés et tout le bazar.
– Les histoires avec Dieudonné aussi reviennent sur le tard
– L’histoire du voile ressort aussi beaucoup : comment retrouver la fameuse Hayat si la loi anti-burqa n’est pas respectée ; et là encore les pro/antis port de voile et tous les débats qui vont avec
– Je vois des débats religieux passer : les athées qui critiquent allègrement les croyants et inversement. Les gens qui crachent sur la religion de l’autre et réciproquement
– Je vois à nouveau les débats Palestines/Israël reprendre de l’ampleur
– Je vois d’autres débats ressortirent sur la révolution égyptienne
– Je vois des « blagues » (humour noir) passer qui déchaînent certains
– J’ai même vu des appels à prendre les armes … j’ai vu aussi des gens qui souhaitaient la mort de la fille FN et son père.

Je vois des horreurs passer, des choses qui me filent clairement la gerbe. Mon opinion transparaît dans le fait que j’ai éjecté certaines personnes de ma liste de contacts, mais ça s’arrêtera à ça.
Je vois des choses pour certaines que je ne cautionne absolument pas, d’autres qui viennent en échos à mes convictions. Mais surtout je vois des gens qui parlent/écrivent sans s’écouter/se lire, qui pensent que seule leur opinion est la bonne, l’unique, la vraie et insultent tous leurs « opposants » sans chercher à comprendre, sans tenter d’amorcer un minimum de discussion. En gros, tu ne vas pas dans mon sens, t’es un connard, et je trouve cette façon de procéder complètement révoltante et absurde. Je vois des fossés, que dis-je des gouffres se créer. J’ai une opinion sur toutes ces choses, tous ces débats. Je lis, relis, vais chercher des informations, je lis les points de vue de tous avant de me faire ma propre opinion.
En revanche pour ma part, non à l’étalage public, d’autant que je trouve Facebook assez stérile pour mener un réel débat. Le lieu ne se prédispose pas à ce genre de choses. Il suffit de voir le nombre de discussions qui finissent, avortées, dans de joyeux « connard », « pourris », « enculé ». Ça n’appartient qu’à moi et je ne crache absolument sur celles et ceux qui le font, mais par contre sur ce coup-là, oubliez moi. C’est ma Liberté à moi.
Ma Liberté de m’exprimer ou non sur le sujet. Ils ont fait le choix de s’exprimer sur Facebook. Très bien, c’est leur volonté, mais ça n’est pas la mienne.
Alors non, je n’ai pas mis de panneau « je suis charlie » sur mon Facebook pour des raisons qui m’appartiennent. Non je n’ai pas été aux grands rassemblements pour la simple et unique raison que je suis agoraphobe (et oui, il y a des gens qui souffrent de ce genre de phobie, d’ailleurs vous noterez que je ne fais jamais les soldes en magasin, ni ne vais à des concerts pour la même raison!). Je me suis entendue dire par ma « non-action » cela voulait forcément dire que je cautionnais ce qu’il s’était passé. NON, NON, et NON. Je ne partage pas mes opinions personnelles sur Facebook car ça n’est pas, à mon sens, un lieu propice à ce genre de sujets, et pour couronner le tout, je suis juste agoraphobe. Point barre. Il n’y a rien d’autres à voir/comprendre/interpréter. Réfléchissez avant de parler ! Et bien que j’accompagnerai par la pensée, par le cœur et par mon âme, les milliers de défilants de dimanche, je n’y serai pas physiquement pour cette unique raison, et pas pour d’autres obscures raisons.
Jamais de la vie je ne cautionnerai la mort d’un être humain pour une quelconque cause, et encore moins quand il s’agit d’extrémisme ! Arrêtez de me juger en fonction de ce que je fais ou ne fais pas. Arrêtez d’interpréter à tout va, et surtout à tord ! Arrêtez de penser que si on n’agit pas comme vous c’est que l’on est forcément contre vous  bordel! C’est comme ça qu’on divise des populations : par la bêtise et l’ignorance. Par l’absence d’écoute, l’interprétation et le jugement de l’Autre.

Apprenez à échanger avec vos ressemblances et vos différences, sans passer par la case « jugement », stérile et contre-productive… c’est tellement plus enrichissant d’apprendre de l’autre dans sa diversité, dans son humanité, dans sa globalité!

J’ai écrit un billet ici, sous mon pseudo, pour évoquer mon ressentiment à propos de cet attentat. Certains me disent que je me « cache » sous mes opinions. C’est faux. Ce sont des sujets que j’aborde volontiers pendant une soirée avec mes proches, avec ma compagne, ma famille. J’ai juste à cœur de ne pas en faire un étalage public en mon nom propre, et ça m’appartient. Et si vous êtes un tant soi peu réfléchi, il vous suffit de remonter tout l’historique de mon Facebook pour vous rendre compte que je n’ai JAMAIS fait part de mes opinions politiques et autres, et je ne vois pas pourquoi je le ferai maintenant. J’utilise Facebook comme un réseau social au 1er sens du terme : Facebook m’a permis de retrouver des amis/potes/connaissances des pays dans lesquels j’ai vécu, me permet de maintenir un lien avec des personnes que j’apprécie et qui vivent aux 4 coins du monde. Mes discussions avec eux se font en privé. Vous trouverez bien quelques blagounettes de ma part en statut, des « j’aime » sur des photos d’animaux ; en revanche, vous n’y trouverez que des photos de mes chiens. Vous n’y trouverez aucune identification de moi dans le statut des autres (j’ai tout bloqué), vous n’y trouverez pas non plus de repères géographique (je suis là, tel jour à telle heure) car j’estime que cela relève de ma sphère privé. C’est ma façon à moi d’utiliser Facebook, et cela m’appartient. Si vous avez décidé de le gérer autrement cela vous appartient à vous et je n’irai pas vous juger sur ça car vous êtes aussi libre que moi. Mais en retour, ne me jugez pas sur ça. Sur ma façon de faire (ou ne pas faire). Qui êtes-vous pour me dire que je fais bien ou pas bien ? Je ne suis personne pour vous dire à vous que vous faites bien ou pas. Alors respectons-nous !
Cela appartient à MA liberté.
Au même titre que mon blog : j’ai fait le choix de l’anonymat, j’ai fait le choix de publier ce billet exprimant ma tristesse face à ces horreurs. Certaines blogueuses ont choisi de publier leur blog nom propre, d’autres de ne pas écrire de billet sur ces attentats, et je respecte cela. Où est le mal, où est le tord de publier ou non sous anonymat ? C’est LEUR vie, LEUR Liberté. Cela ne me regarde absolument pas. On a toutes pesé le pour et le contre, on a fait nos choix en connaissance de cause, en fonction de nos vies, nos ressentis, nos cultures, nos envies, nos peurs, et cela n’en n’est que plus louable. Et jamais, ô grand jamais, je me permettrai de les juger sur LEURS décisions.
Là encore, en publiant ce billet sur les attentats, c’était mon choix, et j’assume pleinement ma vision des choses.

Alors merde, respectez mon choix au même titre que je respecte les vôtres. Arrêtons de nous entre déchirer pour des conneries ! Nous sommes avant tout des HUMAINS dans nos ressemblances et nos différences. Au risque de heurter certaines sensibilités : nous sommes peut-êtres des Charlie, mais nous ne sommes pas QUE des Charlie. Nous sommes des HUMAINS. Alors, respectons-nous avant toute chose!

Je suis humaine.
Et LIBRE. Point.

humain

Alzheimer et problème de conscience

AlzheimerQuand on travaille dans une boutique, on est confronté au monde et ses (parfois tristes) réalités.
J’ai eu le cas il y peu… Une de mes clientes, une fidèle, est atteinte d’Alzheimer.

La 1ère fois que je l’ai rencontré c’était il y a 2 ans. Elle m’avait longuement parlé de son chien et son mari décédé. J’ai eu le droit à toute l’histoire, photos sorties du portefeuille et tout.
Elle était touchante. C’est à cette époque là que j’ai vite compris qu’il y avait un souci, notamment dans ses paroles…  Elle se répétait beaucoup, et avait quelques phrases complètement incohérentes « je vous laisse, mon mari attends que je lui prépare son repas ». Ayant eu un grand père et une grande mère touchés par cette putain de maladie, les 1ers symptômes sont vites repérables, et j’y ai pensé de suite pensé.

Je l’ai revu plusieurs fois, et un jour elle m’en a effectivement parlé : elle en parlait comme on parle d’un rhume mais surtout elle était très énervée après son « connard » de médecin qui ne comprend rien…  et sa famille qui croyait ce « connard ». Le déni de la maladie ; typique.
Puis, je ne l’ai plus vu.

Elle est revenue l’année dernière. Sans son chien.
Elle ne m’a pas reconnu, mais moi si. La maladie avait gagné du terrain. Des minutes cohérentes, et juste après des propos complètement incompréhensibles. Pareil pour le comportement…. Je l’ai ainsi vu accrocher des boucles d’oreilles à des portes-monnaies… acheter du rouge à lèvre pour « s’en mettre sur les yeux » ; elle était contente d’acheter ça pour en faire des cadeaux à ses petites-filles…

La mémoire immédiate étant touchée, quand elle vient, elle reste facilement 1h/1h30 dans le magasin à faire le tour encore et encore…J’ai briefé mes vendeuses : elle n’est pas méchante, mais par moment elle déraille. Je leur ai aussi dit que c’était une dame très très bavarde… donc quand il y a peu de personne, pas de problème mais quand il y a du monde c’est compliqué à gérer…. La réalité de la maladie face à la réalité du magasin.
Elle est venue 3 ou 4 fois, et tout s’est très bien passé.

Cette année, je l’ai revu.
Elle ne m’a toujours pas reconnue… Mais la maladie a largement gagné du terrain. Elle a toujours son rituel et reste des heures dans le mag… Sauf que cette année s’est produit quelque chose qui m’a posé un problème de conscience. Elle m’a fait un 1er panier à 3euros sur mes conseils. J’avais peu de monde alors j’ai discuté avec elle.
Problème, quelques heures après elle est revenue et m’a refait le même panier… sans pour autant se souvenir que c’est moi qui lui ai conseillé le précédent ; en fait, elle ne se souvient même pas être venue.
Je sais que les personnes atteintes d’Alzheimer sont susceptibles et peuvent avoir des réactions très virulentes… surtout pour l’avoir vécu avec mon papy. Du coup, je prends 25000 pincettes pour essayer de lui expliquer. D’autant plus que dans son sac à main je vois le sac plastique de mon magasin… et j’essaie donc de faire en sorte qu’elle l’ouvre pour se rendre compte.
Rien à faire. Je la renvoie dans les rayons… en me disant qu’un moment de lucidité va arriver et qu’elle va percuter, mais rien. De fait, elle s’énerve.
Je cède.

Sauf que voilà… humainement, éthiquement, ça me pose problème. Elle est revenue 2 fois. Bon, ça va que je vends que des produits à petits prix (1, 2 et 3 euros) et que le montant de son panier est ridicule… mais humainement, je trouve ça déplaisant comme situation.

Au début, malgré ses incohérences, (boucle d’oreille aux porte monnaie/ rouge à lèvre pour fard à paupière), j’arrivais à passer outre car elle me parlait de ses petites-filles, elle m’en parlait avec tellement de détails que finalement je n’ai jamais remis en cause leur existence. Malheureusement, avec l’évolution de la maladie, je commence à me demander si finalement elle en a vraiment ? … Je me souviens que mon grand-père pensait avoir un garçon et une fille… or, il a 2 filles. Il me prenait d’ailleurs pour sa fille. Du coup, je « culpabilise » de ses précédentes ventes aussi… La boucle est bouclée.
J’imagine que des commerçants sans scrupule doivent profiter de la situation et ça m’écœure d’autant plus.
Après je suis tenue par la gestion du magasin ; je ne peux pas la « virer » sans prétexte valable, je ne peux pas refuser certaines choses, mais où sont les limites dans ces cas-là ?!
Il est évident que sur un gros panier j’aurai refusé ; je suis là pour vendre certes, mais pas à n’importe quel prix, et en tout cas pas au prix de ma conscience. Il est inconcevable que je profite de cette dame ; mais voilà, au final, le principe est le même avec un panier à 3 euros. Et je ne suis pas patronne, donc je suis aussi coincée sur mes possibilités d’actions.
La limite est complexe et me laisse perplexe…

Dois-je lui refuser au risque aussi qu’elle s’énerve ? Dois-je l’obliger à sortir du magasin ? Est-ce que je fais comme si de rien n’était ? Est-ce que j’aurai du prendre le sac plastique de son sac à main pour lui montrer ? Dois-je lui proposer des produits a peu près identiques pour le même budget histoire qu’elle ne se retrouve pas malgré tout avec les mêmes produits mais similaires ? Et si, et si ce panier avait été de 70 euros, comment faire ?
Qu’auriez-vous fait ?
Sincèrement, cette histoire m’a travaillé ; je pense à cette dame : n’a t-elle pas de famille qui veille ? Est-elle suivie médicalement ? Je ne l’ai jamais vu accompagnée… et puis j’me dis que si elle fait comme ça dans tous les magasins, elle va finir par avoir des soucis financiers (bien que je n’ai aucune idée si elle est une femme avec une petite retraite ou pas, mais là n’est pas le problème, vous me comprenez sur le fond je pense)
Sacré cas de conscience ! En tous les cas, j’espère que si elle revient, elle sera dans un moment de lucidité… !

Quand mon pays me fait honte… des fois.

Quand je vois l’esclandre créée par le mariage homo, toute cette homophobie latente en plein « coming out », j’vous jure qu’en tant qu’homo on se pose énormément de questions :

Comment mes pairs : ces hommes, ces femmes peuvent-ils tenir des propos aussi… inHumains ?
Est-ce que je suis moins humaine qu’eux ?
Est-ce que je suis moins femmes qu’elles ?
Est-ce que je mérite moins de vivre qu’eux ? Est-ce que je mérite au moins d’exister ?
Est-ce inhumain pour une femme d’avoir des désirs de maternité ?
Est-ce que je mérite d’être malheureuse ?
Est-ce que je paye moins d’impôts qu’eux ?
Est-ce que je bosse moins qu’eux ?
Est-ce que je dois bafouer ma vie de famille ?
Est-ce que je suis plus con, plus moche, ou plus inutile qu’eux ?
Est-ce que leur vie a plus de valeurs que la mienne ?
Est-ce que je dois honteuse me cacher comme une rebue de la société ?
Est-ce que je mérite de mourir pour ce que je suis ?
Est-ce que je mérite moins le Paradis qu’eux ?

A ces gens-là, j’aimerai leurs demander :
Avez-vous vu des gamins de 15 ans harcelés, moqués, devenir des souffres douleur à l’école (pour leur physique, leur poids, leurs boutons, leurs lunettes, leurs noms de famille)?
Avez-vous vu des gamins en échec scolaire ?
Avez-vous vu des gamins maltraités ?
Avez –vous vu des gamins délinquants ?
Avez-vous vu des enfants malheureux ?

Moi oui.
Les parents étaient-ils tous homos ?
Non.
Et vous savez leurs points communs ? Ce sont des humains. Hétéros… homo.
Autant issus de famille papa/maman, papa solo, maman solo, parents adoptifs, parents veufs, parents homo, parents divorcés, parents mixtes, parents catho, parent musulman, parents juifs, bref. Des PARENTS.
Malheureusement, on a tous vécu dans nos vies des railleries, des échecs, des coups durs de la vie. Tous. Sans exception. Pas besoin d’être homo ou d’avoir des parents homos pour ça.

Avez-vous vu des gamins de 14 ans à la rue ?
Avez-vous été récupérer une gamine de 17 ans à l’hôpital suite à une tentative de suicide ?
Avez-vous appelé les pompiers pour cette même gamine ? Avez-vous juste essayé de l’aider ?
Avez-vous accompagné une personne, qui avait été tabassée, chez les flics pour porter plainte ?
Avez-vous vu des gens sombrer dans la drogue tellement ils avaient honte de ce qu’ils étaient et de la peine qu’ils causaient ?
Avez-vous vu des gens être malheureux, et rendre malheureux d’autres gens juste parce qu’on leur a demandé de ne pas être eux-mêmes et faire semblant, juste pour faire « bonne figure » ?

Moi oui. Et vous savez leur point commun ?
Tous en sont arrivés là à cause de l’homophobie.
Respectivement de leurs familles, de leurs voisins, de personnes qu’ils ne connaissaient pas. Tous en sont arrivés là, parce que à un moment dans leur vie ils ont juste affirmé/montré qu’ils étaient amoureux. Leurs tords ? Aimer… une personne du même sexe qu’eux.

Avez-vous été insulté dans la rue parce que vous ne cachiez pas votre Amour ?
Vous a-ton tagué une croix gammée sur votre voiture ?
Vous a-t-on vidé une poubelle de rue dans le hall de votre immeuble ?
Vous a-ton refusé un appartement parce que vous souhaitiez vous y installer en couple ?
Vous a-t-on agressé, à 2 reprises dans la rue, parce que vous n’avez pas voulu jouer un rôle mais juste vous montrer tel que vous êtes ?
Moi oui…

Et ce, juste parce que je ne suis pas hétérosexuelle (et la liste est non exhaustive ! CQFD)

Pourtant, je vis, je respire, je mange. J’aime.

J’aide mon prochain. Je n’ai jamais été violente envers quelqu’un.

J’ai adopté 2 chiens de la SPA et me bats pour la cause animale.

Je travaille, je paye mes impôts. Je fais mes courses et contribue à l’économie.

J’ai eu pendant plus de 6 ans une association à vocation sociale : prévention suicide et MST.

J’ai voyagé : j’ai vu la pauvreté ; la vraie, celle qui dérange, qui fait peur. Celle dont on ne parle pas ; tu m’étonnes, ça fait « tâche » dans notre société….
Je vois aussi tous les jours ces SDF, ces retraités qui se battent pour survivre avec 3 fois rien alors qu’ils ont donné leurs vies à la France. Je ne peux malheureusement pas aider tout le monde… mais putain, ça vous voyez, ça, ça me dérange vraiment. Ça me dérange que mes pairs, ces humains, souffrent et que si peu de gens s’en préoccupent. J’agis à mon échelle, comme je peux, mais je le fais : j’aide ma petite voisine (80 ans), je donne un sandwich, une bouteille d’eau, un bouquin à ce SDF dans le coin de la rue, j’aide cet aveugle à traverser, cette personne en chaise roulante à passer… et ce, sans rien attendre en retour si ce n’est qu’un simple sourire.
Je me contrefous de l’apparence de l’autre : noir, blanc, vert, bleu, mal fagoté, habillé en Dior, gros ou pas, bigleux, les yeux marrons, les cheveux roux ou blond, frisé ou raide, petit, grand. Je m’en contrefous parce que leur vie ne vaut pas plus ou moins que la mienne.

J’ai une famille. Des ami(e)s.
Des organes. Un corps, un cerveau, un cœur.

J’ai aussi des sentiments : je suis capable de compassion, tristesse, amour, joie et tout le reste.

Je protège ardemment l’environnement ; d’ailleurs je rénove ma maison en ce sens.

Et oui, parce que je suis propriétaire aussi…. J’ai investi dans mon pays. Ce pays peuplé de ces gens/députés/maire qui me refusent pourtant une existence sociale et amoureuse.
Je n’aime pas cuisiner. J’adore lire. J’adore rencontrer et découvrir des gens, des cultures.

J’ai été confrontée dans mon entourage à l’Amour, la maladie, la mort.

Je vis normalement, je vote. J’ai payé mes études. J’ai connu le chômage, l’emploi, le double emploi.

Dans ma vie j’ai fait des choix : changer de département, des choix politiques, des choix dans ma carrière. Mais pas celui de tomber amoureuse.
Et ça sera donc là … toute la différence ?

Et vous savez pourquoi on vit ça aujourd’hui ?
Parce que vous, homophobes, vous inculquez ça à vos enfants. Donc oui, les enfants des homos vivront les insultes, les regards, les moqueries tant que vous, homophobes, continuerez de bourrer le crâne de vos propres gosses et continuerez de les enfermer dans des préceptes datant de plusieurs siècles. Tant que vous, vous n’aurez pas décidé de vous ouvrir aux autres, vous enfermerez vos enfants dans votre confort et votre vision tronquée et obsolète du monde.

Vos arguments tournent en rond. Se mordent la queue. Tels les serpents venimeux vous vous empoisonnez, seuls.
Vous vous battez contre vous-même. Contre votre propre humanité.

Et maintenant que la France a adopté ce projet, vous allez encore hurler votre haine, votre révolte, dans les rues ? Révolte de quoi ? De vivre dans un pays qui respecte les droits de l’Homme? De vivre dans un pays qui avance -un peu- enfin avec son temps ?
Vous vous battez maintenant contre votre propre Humanité, contre les Droits de l’Homme, mais aussi votre propre pays… Bravo, félicitations. Vraiment.

Réaction suite aux commentaires de cet article paru dans le Figaro : ICI, ou comment offrir des fleurs passent pour de la provocation
ET suite à un site sur lequel je suis tombée, très largement signalé auprès du gouvernement, mais dont la page Facebook existe encore faute de réactivité du groupe. On peut y trouver ça :

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ?

227690_544511802226791_1813098730_nJ’ai honte quand je vois ces gens se mobiliser pour interdire des droits, plutôt que d’aller manifester pour des choses qui peuvent vraiment changer LEUR vie : emploi, pouvoir d’achat, Éducation etc. La conclusion à tirer est-elle : nous avons peur du changement, alors manifestons pour que surtout il n’y en ai pas/ et ne descendons pas dans les rues pour l’emploi/pouvoir d’achat etc et tout le reste au cas où ça change nos vies (on sait jamais que ça l’améliore hein)? Je comprends encore moins dans ce cas pourquoi on a voté pour un président dont le slogan était/est « le changement c’est maintenant ».
Le paradoxe français…

Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Voilà la question que je poserai à ces gens qui descendent dans les rues. Oui, j’y vais fort (comme eux). Mais il y en marre d’entendre chouiner « les homos çi », « les homos ça ». En revanche, quand je vois l’espèce de révolution que cela crée j’ai honte d’être française.
En Espagne, Belgique, Portugal ont-ils faits ça quand la loi est passée ? Est-ce que ça a changé leurs vies ?
Non.
Parce qu’il n’y a pas lieu que ça la change… juste que ça améliore celles de certains. Et alors, ou il est le mal là-dedans ? Qu’est ce que donc ça peut te foutre que je me tape des filles plutôt que des mecs ? C’est toi qui est dans mon lit à sa/ma place ?
Non.
Arrêtez de vous projeter dans NOTRE sexualité.

Tiens, j’imagine bien le couple … hétéro, vautré dans son canapé devant sa TV après une journée de taf harassante, les gamins dans le parc à jeux qui gazouillent tranquillement… Et là, l’idée lumineuse : la vie est belle, mais eux, non, faut pas qu’ils aient le droit de vivre ça voyons. C’est injuste qu’eux aient le droit à ça alors que nous on y a le droit… Voyons. CQFD.
Si la loi passe, je n’aurai pu le droit de me vautrer dans mon canapé, devant ma TV après une journée harassante, avec mes gosses dans le parc à jeux…

Ah bah vi c’est contre nature…
Contre nature de quoi ? Si ça l’était, pourquoi les homos existent alors ?
Mieux… Pourquoi ont-ils des couilles avec des têtards et les femmes des ovaires alors ? Oh, là haut, tu ne te serais pas planté quelque part non ? Ah non… C’est l’Humain qui est profondément con. Pardon.
Putain quitte à être homo et pas avoir le droit aux gosses, t’aurai pu quand même m’épargner les joies des hormones/règles et tout le bordel. Hein, parce que franchement si ça sert à rien, pourquoi s’emmerder à subir…
Et à ces couples là, j’ai envie de leur poser une question : et si ton gamin est homo, tu fais quoi ? Tu le renies ? Tu lui craches dessus ? Tu le tabasses ? Tu le butes ? Tu lui interdis de vivre au grand jour, normalement ? … Ah t’es encore plus abruti que ce que je ne pensais dis donc… Et puis d’ailleurs, tu lui diras quoi à ton gamin ? Que t’étais tout fier d’être à la manifestation « anti » qui … reniait ses droits, ses sentiments et donc son existence même ? Si enceinte, tu avais su que ton enfant serait homo, aurais-tu avorté ? Dans ce cas, j’ai honte pour toi aussi.
Ah encore un cliché qui ne tient pas la route… si t’es homo, tu vas forcément engendrer des gosses homos. Ah merde… Mes parents sont donc des homos refoulés ? Ceux de ma compagne aussi ? C’est ça le raisonnement ?
Vous manifestez pour interdire aux homos le droit au mariage et aux gosses… Mais allez vous défiler contre les parents violents, alcooliques, pédophile, ceux qui abandonnent leurs enfants ? Et là, il faut que vous m’expliquiez quand même. Parce qu’il y a quelque chose qui me dépasse. Non parce que, personnellement je préfère confier mon enfant à un couple homo qu’à un pédophile. Enfin ça, ça n’appartient qu’à moi…

Bref. Je ne trouve pas normal de devoir manifester pour justifier de fondamentaux de droits de l’Homme (cf. « Tous les êtres humains naissent libres et égaux ») ; tout comme je ne trouve pas normal que cette décision (qui plus est inscrite dans le programme du président élu) prenne autant d’ampleur…
Chaque jour quand je vois ça, je me sens agressée… Mais au-delà de tout, ce qui m’énerve le plus dans ce débat, c’est la stérilité des arguments… des clichés, des préjugés, des arguments religieux. Bref, à mon sens rien de concret : pas de preuve, d’arguments scientifique (si les homos n’avaient pas le droit d’avoir des enfants alors pourquoi naissent-ils avec des couilles et des ovaires?!!).
Pour moi non plus cette loi ne changera rien en termes de mariage si ce n’est officialiser quelque chose qui existe déjà et depuis toujours (n’en déplaise à certains!)…. : l’Amour. Wouaw. Quel scoop.

Mieux, il y a des femmes (dont Simone Veil !!!!!), des personnes noires qui défilent. Mais quelle honte… alors qu’on s’est battu pour que vous aussi vous ayez des droits. Vous rappelez vous ce que l’on disait ?

Ah oui, ça vous choque… Bah tiens, comme c’est étrange. Et pourtant ça a bien existé : les femmes n’avaient pas le droit de vote, les noirs n’avaient pas le droit de prendre le bus… Les mariages mixtes étaient prohibés. Oui, ça a existé…. On s’est battu pour vous car vous êtes des êtres humains comme tous les autres…. mais vous aussi, vous étiez sous le joug d’énormes clichés infâmes. On s’est battu pour vous, vous vous êtes vous même battus pour vos droits, pour faire reconnaitre que vous étiez comme tout le monde et égaux ; et maintenant vous défilez dans la rue ? Quelle honte… Un poignard dans le dos. Une trahison sans nom.

J’en ai marre de tout ça ; je ne suis pas militante pour un rond… En revanche, pour mes proches homo, qui ont des enfants… oui, forcément, on prend part. De même le jour où j’en aurai (et aucune loi ne peut empêcher une femme d’avoir un enfant… ça, c’est une question d’éthique), j’aimerai qu’elle ait les mêmes droits que moi pour eux…. ne serait-ce que pour protéger mes enfants s’il m’arrivait quelque chose. Je trouve honteux que ce genre de débat existe alors que toute femme ou tout homme censé, dès lors qu’il est parent ne souhaite forcément que la protection de ses enfants.

Alors que merde… on est tous des humains… on est tous dans le même bateau. On ne devrait pas lutter les uns contre les autres, mais ensemble…. et lutter contre des choses qui devraient avoir beaucoup plus d’importance pour nous et qui changeraient réellement nos vies et dans le BON sens…

Petite histoire mignone…

Un Maître Zen vit un scorpion se noyer et décida de le tirer de l’eau. Lorsqu’il le fit, le scorpion le piqua.
Par l’effet de la douleur, le maître lâcha l’animal qui de nouveau tomba à l’eau en train de se noyer. Le maître tenta de le tirer nouvellement et l’animal le piqua encore.

Un jeune disciple qui était en train d’observer se rapprocha du Maître et lui dit : « Excusez-moi M…aître, mais m……ais pourquoi insistez vous ??!? Ne comprenez vous pas qu’à chaque fois que vous tenterez de le tirer de l’eau il va vous piquer ? »

Le maître répondit: « La nature du scorpion est de piquer et cela ne va pas changer la mienne qui est d’aider. »
Alors, le maître réfléchît et à l’aide d’une feuille, il tira le scorpion de l’eau et sauva sa vie, puis s’adressant à son jeune disciple, il continua:  » Ne change pas ta nature si quelqu’un te fait mal, prends juste des précautions. Les uns poursuivent le bonheur, les autres le créent. Préoccupe-toi plus de ta conscience que de ta réputation. Parce que ta conscience est ce que tu es, et ta réputation c’est ce que les autres pensent de toi… Quand la vie te présente mille raisons de pleurer, montre-lui que tu as mille raisons pour sourire. « 

Histoire de grenouille et conséquences sur l'Humanité…

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement.

Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager…

La température commence à grimper.

L’eau est chaude.

C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (A NE JAMAIS REPRODUIRE CHEZ SOI!!!) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte, or :

•  Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.

•  Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse. Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.

Conséquences :

• Notre civilisation s’enfonce ainsi dans l’obscurité spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse – entre autres symptômes – par lesquels elle se traduit.

•  Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.

• Incidemment, ce principe fonctionne aussi au positif et même en cela il peut nous jouer des tours. Les efforts que l’on fait quotidiennement provoquent eux aussi des changements – positifs, cette fois – mais parfois trop faibles pour être immédiatement perçus ; ces améliorations sont pourtant bien là, et à ne pas les
observer, certains se laissent décourager à tort.

Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?