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[Bore out] Ou comment sombrer…

boOutre le fait d’avoir une patronne givrée (cf. Je suis devenue un chevalier sataniste), je rencontre une autre problématique, et pas des moindres : l’ennui au travail.
Je n’ai rien à faire de mes journées. Mais quand je dis rien… Ce n’est rien. Je n’ai même pas d’appels, pas de mail. Rien. Le vide. Si les quelques premiers jours je trouvais ça « cool » vu que ça me permettait de faire ma paperasse pour la maison, ce n’est maintenant… plus le cas. Depuis janvier la baisse d’activité a été conséquente. Mais quand mon collègue, le commercial a démissionné en février, ça a été … la dégringolade. Ma boss ne sachant absolument pas géré à perdu 11 clients sur 17. Sur les 6 restant, une lui a collé un procès, et 4 autres sont partis. Résultat, il reste une seule et unique cliente… et pour qui, techniquement il n’y a plus grand chose à faire, et pour moi : plus rien du tout.
J’ai déjà évoqué le problème avec ma boss qui me dit de « ne pas paniquer qu’elle va me trouver de l’activité ». Et là, ça se complique car elle « m’utilise » pour son autre société. Un secteur d’activité qui ne m’intéresse ABSOLUMENT pas, dont je n’ai rien à faire et pour lequel je n’ai JAMAIS signé. Mieux, pour moi qui suis dans la communication, je me retrouve à devoir lui faire des… factures. Et là pareil. J’ai une sainte horreur de ça. Ce n’est en plus pas mon job… ou comment me braquer en moins de 2.
Voilà donc ma vie professionnelle depuis février : 0 campagne de communication… 2 factures rédigées. J’ai dû traiter une 10aine d’appels, dont plus de la moitié était des erreurs. Et les mails, à part les « transférer », je ne fais rien d’autre. J’ai compté. 4 « vrais » mails envoyé depuis le 11 janvier. Imagine…
Cette situation me pèse… Je n’aime pas ne rien faire. Ne servir à rien. Être payée à rien glander. Si au début j’ai pris mon mal en patience en me raccrochant à l’opportunité du « CDI » sacro-saint-Graal de nos jours, j’en suis rendue à un stade où même ça… n’est plus suffisant. Mais si je démission : pas de chômage = grosse merde.
Autre problème : il est difficile d’en parler. Les gens ne comprennent pas, et tu te vois affublée de tout un tas d’arguments bidons « c’est génial d’être payée à rien faire, le luxe, blabla ». Non. C’est faux. Payer à rien faire, venir « faire semblant, attendre toute la journée en étant totalement inutile, c’est l’Enfer. Tu te sens inutile, tu te sens tel un parasite qui « profite » du système. Tu perds ton temps alors qu’il y a tellement de choses bien que tu pourrais faire… Sauf que voilà. Il te faut une rentrée d’argent pour vivre et que tu ne peux pas te plaindre car c’est honteux… avec tous ces gens au chômage…
Et toute la journée, 7h, tu dois trouver de l’occupation sans te faire « griller » par peur en plus, d’avoir des problèmes alors que tu n’y es pour rien. Car oui, toute la journée je suis sur Internet, je lis, je tweete, je fais des mails, je cherche du boulot. J’attends, je compte. Je regarde l’heure encore et encore. Je pense, je réfléchis.
Je m’ennuie les amies. Je me fais chier comme un rat, je cogite, je tourne en rond. J’ai les yeux rivés sur l’heure qui n’avance pas… mais voilà, même si elle le sait, si elle me « choppe » elle est aussi en droit de me virer car il est interdit d’utiliser le PC à titre personnel. Et cela pour « faute ».
La boucle est bouclée.

Lundi j’ai craqué quand elle m’a demandé de faire une facture à un client en quadruplant le montant sous prétexte qu’il avait « l’air riche ». Un nœud dans le ventre, la gerbe. Elle me donne la nausée. Toute ma haine de son être et sa façon de faire n’aurait pas assez de vocabulaire en langue française -pourtant si riche- pour traduire ce que je pense d’elle. Elle est infâme, hideuse, honteuse. Elle ment aux clients (de l’autre boite) « nous avons une 20aine de clients », elle ment aux stagiaires « j’ai viré le commercial » (qui a démissionné surtout!). Elle ment en permanence. Elle me raconte sa vie, ses histoires de cul dont je n’ai absolument rien à branler, elle ponds des idées d’abruties consanguins, elle arnaque, elle pille, elle détruit les gens. Elle est tarée. Elle se prend pour une princesse (c’est le terme qu’elle a utilisé : je suis la patronne, je suis une princesse, les hommes doivent se plier à moi). Elle exècre les gens, les considère comme des merdes… Elle refuse de discuter ou travailler avec des gens qui sont « inférieurs » à bac+5 (j’utilise encore ses termes) mais elle écrit des mails bourrés de fautes honteuses « creyiez » (du verbe croire), « j’ai bien PRIX note »… De faute ou de lapsus révélateur ? Elle ne pense qu’au « fric », au « pognon » (ses termes). Elle ne parle jamais d’argent… et me parler de « piquer un peu plus de thune » à tel ou tel client.
fuckElle est à gerber. Je ne peux plus. J’ai qu’une envie c’est lui cracher à la gueule, la baffer, lui vomir mon dégoût pour sa personne, mon dégoût de ce type de personnage que je n’arrive même plus à considérer.
Bref. J’ai craqué et je me suis à ma formation dans le cadre de ma reconversion pro…. Un grand moment de suspens car j’ai un stage à faire, un présentiel d’une semaine aussi, et ça n’est pas compatible avec mon boulot actuel car mes vacances y sont imposées (4 semaines sur 5). La formation est sur 13 mois. Hors, à ce rythme, je doute pouvoir tenir … 13 mois dans mon taf. Malgré tout ça reste un CDI… Si indispensable de nos jours et tellement rare (Hollande si tu me lis!)
Ça me fout les chocottes, et en même temps je sais au fond de moi que si je ne trouve pas une issue, ou un autre objectif dans ma vie, je vais droit dans un gouffre. J’ai vécu l’extrême inverse. J’ai tenu 2 ans avant de m’écrouler. Il est absolument inenvisageable que je revive la même chose. Cela fait déjà 4 mois et je sens déjà que je m’effondre, que j’en ai déjà pris le chemin… Je me lève à reculons, la boule au ventre, je dors mal, j’arrive en retard (j’ai l’excuse des bouchons ouf!), j’oublie les clefs du bureau (acte manqué bonjour), je bois café sur café pour me tenir éveillée car je m’endors littéralement sur mon écran. Je sens au fond de moi que ça hurle… Je deviens antipathique avec mes collègues (de l’autre société) qui n’y sont pour rien (mais qui savent). Bref. Ça pue. Ça pue, ça pue.

C’est « marrant » la vie… Tu peux traverser tout un tas d’épreuves : décès, recèle successoral, retard de chantier avec malfaçons, te retrouver à la rue, séparation, annulation d’un mariage, harcèlement de ton ex, te taper 2700 bornes de bagnole en une semaine, la voiture en rade, les névralgies faciales, les problèmes divers et variés (changement d’adresse, perte de CB, alarme de la maison qui s’éclate toute seule) etc. (ma vie résumée depuis février là), et réussir à avancer sans sourciller avec la pêche et le moral… et puis tu as le « petit » truc, la « cerise », qui parait simple à gérer au commun des mortels mais qui devient pour toi… un truc insurmontable. Pourtant, c’était le seul truc stable dans ma vie : le CDI… Et paradoxalement, c’est devenu le truc qui a fait péter tout mon équilibre en éclat.
La vie est surprenante. L’Humain aussi…
J’espère n’avoir pas fait de connerie. A vrai dire, j’ai juste pris la décision en avance sur mes projets car c’est quand même une décision mûrement réfléchie sur le fond.
J’croise les doigts…

Silence

11820706_983454275049774_1752906102_nSavoir que ses proches sont en plein milieu de ces fusillades donne un caractère particulier dans l’appréhension des événements. On vit suspendu à l’actualité, à son téléphone. Dans la peur, l’angoisse d’un message. D’un mot. D’un signe de vie.
Putain. Un signe de vie.
On est face à l’effroyable, impuissant ; tributaire du temps, accroché à nos écrans, buvant les paroles des « experts » qui tentent de dénouer, d’expliquer, raconter l’inexplicable. On veut en savoir plus, toujours plus, mais on ne sait rien. On voit, on constate. Les rumeurs courent. Les images défilent : la rue où vit ses proches, le bar où est retranché notre ami ; ces lieux si familiers envahit de cadavres, de sang, de hurlements et de gens terrorisés.
On est si impuissant. Si inutile dans ces moments-là.
L’angoisse fait partie de nous. Non. Elle est nous. Notre esprit ne décroche plus. On n’envisage tous les scénarios.
Et si… ?

Dieu merci Facebook m’a permis d’être rassurée sur un ami proche du Bataclan : retranché dans un bar, il témoignait en direct de l’horreur : les coups de feu, les forces de l’ordre, les hurlements. Une note de positive face au chaos, aussitôt botté en touche par l’absence de nouvelle de sa famille : aucune nouvelle de ma tante qui vit à une 20aine de mètres du lieu des fusillades. Personne n’arrive à la joindre. L’ascenseur émotionnel à son comble.
Une vision d’apocalypse, des moments surréalistes. Irréels. Pourtant, on sait, on voit, on entends, mais les choses sont tellement.. incommensurables qu’on à peine à se dire que c’est réel. Que si, elle est bien en plein milieu de tout ça. Que si, même si loin, ça peut nous toucher de si près. Que si, ça peut arriver. Encore.
56473ed563075L’absurde au nom d’une cause sans raison d’être. Les questions, les peurs. La peur pour vos proches. Et ce sentiment d’impuissance. Ce foutu sentiment d’impuissance. D’autant plus fort que j’aurai dû être là-bas hier soir. Oui. J’aurai dû être là-bas avec ma tante hier soir, mais j’ai annulé mon RDV.

Et puis le miracle quand tu commences à envisager le drame. J’ai eu cette chance. Cette chance inouïe que certains ne partagent pas encore en ce moment et à qui j’envoie toutes mes pensées.
J’ai eu une réponse d’elle ce matin à 11h. Le soulagement total.
Visiblement une bonne étoile nous a guidées.

Je n’ai pas/plus les mots face à cet effroyable acte de barbarie. Alors je terminerais ici en envoyant tout mon soutien le plus profond et sincère à toutes ces personnes qui sont elles encore dans cette attente interminable.
Et bien sûr, toutes mes pensées à ces personnes touchées par ce deuil si injuste, si barbare, si… inutile.

Pensées.

Lesbienne et jugement de gynécos….

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Voilà un sujet hors du commun que je vous propose aujourd’hui !

Un bail qu’il dort dans mes « brouillons » en attendant qu’une idée lumineuse me traverse : comment vais-je aborder la question ? Est-ce pertinent ? Intéressant ? Cela peut-il être utile ?

Et puis, c’est devenu une évidence depuis quelques jours.
Dans tous les cas, je ne l’ai jamais caché, j’envisage d’avoir des enfants… Sachant que la maison est bientôt opérationnelle, et que nous envisageons d’entamer les (longues !) démarches dans la foulée, je sais que je dois trouver un gygy ouvert sur la question (je ne vais pas en changer tous les 4 matins !)… et c’est là où le bât blesse. Ça fait déjà quelques temps que ça me turlupine, et là, suite à des problèmes hormonaux, le sujet refait surface.
En essayant de trouver un gynéco ouvert sur la question, je suis tombée sur des témoignages de femmes, mais aussi beaucoup d’autres lesbiennes, plus effrayants les uns que les autres (Vous en trouverez quelques uns ici, et il existe même un hashtag #payetonutérus qui fait froid dans le dos…). Moi-même ayant vécu des expériences chaotiques, je sens que le parcours du combattant va commencer par cette étape, et c’est pour ça que j’ai décidé d’en parler.

Bon déjà on est toute d’accord pour dire qu’aller chez un gynéco et avoir les 2 pattes écartées à se faire trifouiller la schneck est quand même loin d’être un moment agréable ; il faut donc quand même un minimum de « mise en confiance » pour passer ce « cap ».
Pas de bol, je n’ai jamais connu ce moment là : cette « mise en confiance ».

Ma 1ère fois fût… comment dire… désastreuse ? catastrophique ? Un mix des 2 voire pire ?
Ouais, c’était pire que ça.
2064-gyneco_tamboriniJ’avais tout juste 19ans, et je suis tombée sur LA gynéco insolente, incompétente, homophobe (et particulièrement conne !). Au début ça allait nickel : questions de base : les règles, la régularité etc.
Combien de rapports par semaine, combien de partenaire sexuels..
Je ne précise pas à ce moment là que je suis homo. Pour moi un rapport sexuel est un rapport sexuel. Point.
Puis vient la question « contraception ».

« Vous êtes en couple, vous avez des rapports réguliers, quel contraceptif utilisez-vous ? »
Aucun.
« Mais comment ça vous n’en prenez pas ?! Pas de pilule ? Vous utilisez au moins des préservatifs ? »
Non plus…

Et là voilà partie dans son trip des risques que je prenais d’être enceinte, de devoir avorter, que j’étais inconsciente, blabla. Impossible d’en caler une pour expliquer la chose. Bref. Après un long monologue, pendant lequel je me sentais de plus en plus mal (je ne sais même pas pourquoi d’ailleurs), je lui annonce la couleur.
« Non mais mademoiselle, à 19 ans on ne peut pas dire qu’on est homo, vous avez tout le temps de changer d’avis, et puis surtout vous le saurez quand vous aurez eu des rapports sexuels avec un homme »
Ça commence fort hein ? Attend, c’est que le début !

Je récapitule : première fois chez le gynéco donc, je suis toute jeune, à ce moment là je n’assume pas super bien le fait d’être homo, je suis hyper complexée et super mal dans mon corps, timide maladive, bref, la totale. Alors imagine l’état dans lequel je suis : super mal à l’aise, gênée, honteuse, tétanisée, et tout ce que tu veux ; et même pire que ça. Pour moi en plus, elle était « professionnelle », bardée de diplômes, d’expériences, un truc super impressionnant à ce moment là, donc je l’écoute sans oser dire quoique ce soit.

« Déshabillez-vous »
Entièrement ?
« Bah oui, c’est mieux pour vous examiner ». Note la petite réflexion de merde.

gynecologueEt là, tu te décomposes…
Impossible de refuser (timidité/panique de merde/ça ne se fait pas) et puis, j’y suis alors autant aller jusqu’au bout, ça sera fait ! Erreur... En vrai, tu as totalement le droit de refuser sans avoir à te justifier.

Vu ma gêne très visible elle aurait pu me permettre de garder une partie de mes fringues : le haut pour l’examen gyneco, le bas pour l’examen des seins. Ce n’est pas exceptionnel, mais à ce moment là, crois-moi, psychologiquement, ça m’aurait déjà beaucoup aidée. Ça aurait été une façon de ne pas être « à nue » dans tous les sens du terme… Mais non. J’ai même du enlever mes chaussettes… (je cherche encore l’intérêt, à part celui d’être rabaissée). Il faut savoir qu’un gynéco n’a pas le droit de t’imposer d’être totalement nue.
Etre à poil pour moi est une torture… C’est quelque chose que je ne fais JAMAIS, ni devant ma compagne, ni seule, mais alors là… Laisse tomber. En plus sur leurs supers tables, dans la position la pire qui soit… J’vous fais pas de dessin, vous connaissez !
Pas de bol, non seulement j’étais tétanisée, mais en plus, moi qui suis frileuse, j’étais congelée… donc doublement contractée. Tout ce qu’il faut quoi !
« Détendez-vous : les doigts vous devez avoir l’habitude, ça n’a jamais fait mal ! ». Voilà, c’est dit aussi… Prend toi ça dans les dents au passage. Un gynéco n’a pas le droit de faire ce genre de réflexions subjectives ; il doit rester totalement objectif, quelque soit tes pratiques, tes choix.
La gynéco, tellement à fond dans son monologue sur la contraception, a dû oublier sa délicatesse et sa diplomatie au fond d’un tiroir : aucune écoute, utilisation d’appareils gelés et sans prévenir. Même pas un petit « attention, je vais faire ça ou ça », non rien… Intrusion absolue. Un gynéco DOIT te prévenir de ses gestes et intentions ; il ne doit pas pratiquer de gestes dit « intrusifs ».
Donc forcément, je sursaute à chaque fois, et je tremble de peur et … de froid … et je me contracte encore plus. Résultat elle doit « forcer », me démonter 2 fois plus, m’engueule que je suis douillette et me balance que si j’avais eu des relations sexuelles « normales », ça ne me ferait absolument pas mal et qu’en plus elle ne pouvait pas faire mieux car vu mon cas (sous entendu lesbienne) elle utilisait déjà du matériel spécifique.
L’humiliation à son comble. Si tu as mal, tu as le droit de dire STOP, c’est TON corps.
La boucle est bouclée.

Pour couronner le tout, je fais une réaction allergique au latex…
Donc, je vous fais le topo : chatte en feu à cause de sa « douceur », et qui commence à démanger à la mort à cause de l’allergie. Elle aurait pu faire preuve de compréhension… Raté !! « si vous aviez eu des rapports protégés avec un homme vous auriez su que vous étiez allergique au latex ». Objectivité au revoir. En vrai, je le savais déjà, mais j’étais tellement en panique que je n’ai même pas pensé à lui dire.

L’examen se termine aussi mal qu’il a commencé.
Ça chauffe, ça me gratte, je saigne, elle m’a foutu 3 tonnes de vaseline ce qui donne une impression d’être gluante et crade. La totale.
Ça aurait pu s’arrêter là, mais non. Madame a aussi jugé pertinent de me faire des réflexions sur mon… épilation intime. Oui, oui… Selon elle, il ne faut surtout pas toucher à ses poils garant de l’hygiène, qui empêche toutes les maladies etc. Et de rajouter une phrase du style « ouais, c’est vrai que pour une lesbienne, ça doit être moyen ». Je ne me rappelle plus exactement de la tournure, mais le sens était le même.
dessin-differ-formes-epilatBref, elle n’est pas là pour juger me semble t-il, donc si j’avais eu envie de me pointer avec une forêt amazonienne épilée en cœur, teintée en rose, qui est-elle pour me dire quoique ce soit ?
Et puis soyons clair, même chez les lesbiennes, il y a des nanas totalement épilées et d’autres pas du tout… d’autres en ticket de métro/bus/avion… Bref. L’épilation n’est en rien une affaire d’attirance sexuelle, c’est juste une question de préférence !!
topelement(D’ailleurs petite aparté, vous savez qu’il existe carrément des pochoirs pour s’épiler ? J’ai découvert ça en cherchant des illustrations pour le billet … !)

L’examen des seins fût tout aussi horrible. Pas douloureux dans mon souvenir, en revanche, je me rappelle avoir été mal à l’aise car son visage était trop proche de mes seins…

Bref. Tout ça pour dire qu’au départ, j’y ai été pour un simple contrôle comme toutes les femmes sont censées faire. Mais selon cette gynéco cela n’était pas nécessaire pour moi vu que je n’avais pas de « vrais » rapports sexuels. Etre lesbienne n’est donc clairement pas être une femme, et signifie forcément l’absence de vie sexuelle.
A l’écouter, je n’ai aucun risque de choper de MST ou autres maladies, ni même de mycose, de cancer. C’est complètement faux.
Si c’était vrai cela m’aurait fortement arrangé… mais cela n’est bien évidemment pas le cas du tout. Etre lesbienne (ou n’avoir aucun rapport sexuel) n’immunise en rien de toutes ces merdes.

Concernant les enfants, j’ai eu le droit à un magnifique « vous ferez mieux de ne jamais avoir d’enfants car accoucher quand on est vierge est impossible ». Bref : tous les clichés !
Les lesbiennes n’ont pas de rapports sexuels
Les lesbiennes sont forcément vierges (on a des orgasmes en se léchant les genoux c’est bien connu)  D’ailleurs, DarkGally a publié un super billet  sur le sujet que je vous invite à lire : T’es lesbienne, t’es vierge !
Les lesbiennes sont contre-nature et ne doivent pas procréer (tiens, je me demande bien pourquoi j’ai un utérus, des ovaires, mes règles et un instinct maternel !)

Et quand j’ai « osé » aborder la question de la contraception (par rapport à des petits soucis d’acné)…. J’ai eu le droit à un « inutile dans mon cas » : ah, et les cycles irréguliers, les problèmes d’acné ?… Mais non, je suis homo, donc pas besoin voyons.
Bref, je suis lesbienne, j’ai juste eu le droit de fermer ma gueule.

C’était il y 12 ans.
Je n’ai jamais remis les pieds chez un gynéco car j’ai développé une véritable phobie de ce corps médical. Probablement à tord car j’imagine bien qu’ils/elles ne sont pas tout comme ça (et heureusement). Mais voilà …
J’ai vécu cette  torture expérience comme une insulte, comme une atteinte à mon intégrité physique et morale : une véritable humiliation (la position gynéco à poil n’aide clairement pas!), et je suis repartie la chatte en feu la tête pleine de peurs et d’interrogations (mince, je ne vais jamais pouvoir avoir d’enfants?)

Je vous rassure, pour la dernière partie, j’ai bien évolué, je sais que je peux avoir des enfants.

Comme je le disais au début, je sais qu’incessamment sous peu, je vais me lancer dans les « démarches » pour avoir un enfant et à ce jour, ma plus grosse angoisse c’est le suivi médical : tomber sur des gynécos (et tous les autres médecins qui suivent les grossesses) qui jugent mon projet de parentalité, qui nous fassent des réflexions de merde sans compter que très souvent quand ils n’approuvent pas, le suivi médical est pourrit. Avec l’âge, je saurai maintenant refuser un examen si au moment des questions je sens du jugement. Maintenant que j’ai  pris un peu de gueule et que j’assume complètement mes attirances, je saurai aussi répondre à ces éventuels jugements… mais ça n’est pas, à mon sens, une raison pour avoir à le vivre non plus. (sachant en plus que je le vivrais déjà forcément dans ma sphère personnelle (proche, famille etc.). D’ailleurs, je ne devrais même pas avoir à me poser la question : le corps médical est tenu à l’objectivité. Point.

Malheureusement (heureusement ?), je pense que je vais devoir me bouger plus rapidement que prévu : les traitements médicamenteux pour les névralgies ont foutu un énorme bronx dans mes hormones : seins qui ont doublés de volume, règles en retard et hyper douloureuses, pilosité de singe, acné, prise de poids. Une catastrophe. La prise de sang est formelle: mes hormones ont décidé de s’éclater toutes seules. Je le sais… et du coup toutes mes angoisses resurgissent.
Non seulement je suis terrifiée, mais en plus – et c’est très con-  j’ai honte de ne pas y avoir été depuis 12 ans (d’ailleurs, même là, les médecins, au lieu d’essayer de comprendre, ne se gênent pas pour en rajouter une couche et te culpabiliser à la mort sans essayer de comprendre). Je suis loin d’être conne. Je sais… je sais que je devrais, je sais que c’est abusé, mais je sais aussi pourquoi.

Cela fait donc quelques jours que j’ai noté des noms de gynéco gayfriendly. Ça peut paraître débile… Je n’aime pas ce coté « ghetto », « différenciation » et pourtant… Dans des moments comme celui je me rends compte à quel point notre société a encore des trains de retards sur la société. Cette étiquette ne devrait pas exister car on est comme tout le monde. J’ai beau être homo, j’ai une vie, sexuelle aussi, j’ai des ovaires, un utérus et tout le bazar qui va avec… Je suis donc, comme toutes les femmes, une candidate potentielle à toutes les merdes que l’on peut rencontrer dans une vie : IST, MST, mycose, cancer, ainsi qu’une femme apte à donner la vie.
Je n’aurai jamais cru être obligée de le dire un jour, mais oui, aujourd’hui pour moi cette étiquette est nécessaire car elle est garante d’un minimum d’écoute et surtout de non-jugement, et c’est malheureux d’en arriver là….

Voilà, aujourd’hui je souhaite dire à toutes les filles qui vont pour la 1ère fois chez un gynéco qu’elles ont le DROIT de dire non : votre corps vous appartient quelque ce soit le médecin que vous avez en face de vous !

Je trouve déplorable le manque d’informations sur le sujet donc je profite aussi de ce billet pour vous inviter à aller sur ce site : pourquoi et quand leur dire non, ainsi que celui-ci où vous trouverez  une liste de gynécologues sans préjugés et à l’écoute (aussi les « gayfriendly »), que vous trouverez :  ici.

NB : après recherches, cette connasse gynéco n’exerce plus… Je ne suis pas méchante, mais j’espère quand même qu’elle aura été radiée !

Et vous, vos gynécos ? Vous-avez déjà eu à faire à ce genre d’expériences ?

Accepter et pardonner

01931«La rancune est une perte de bonheur ; ris lorsque tu peux, excuse-toi lorsque tu devrais et laisse aller les choses que tu ne peux changer», source inconnue.

J’avais d’abord prévu un coup d’gueule sociétal, et puis finalement, avec un peu de bon sens, je me dis qu’il ne faut jamais publier sous le coup de la colère. Alors, j’ai pris sur moi et me suis ravisée. Le petit billet fait gentiment sa p’tite sieste dans la liste interminable de mes brouillons, mais je vous promets qu’il viendra sous peu, quand il sera bien mûr.

A défaut donc de ce futur moment épique, j’avais envie de partager avec vous un moment plus « intime », tout autant épique : vous faire rentrer dans ma vie familiale.
Ahah, j’ai entends jusqu’ici ton petit cri « oh putain ». Ne fait pas semblant, j’ai bien entendu : tu le sais donc d’avance, ça risque d’être chiant et à vrai dire, tu auras très probablement raison ! (mea coulpa, je m’auto-fouetterai pour la sentence que je vous inflige). Promis c’est la dernière fois que je fais ça, mais mon besoin d’exutoire là, est beaucoup trop fort.
Résumons donc.

Ma famille c’est simple comme bonjour: les sentiments c’est tabou.
Qu’on le dise clairement, les petites fées de la communication et de la démonstration étaient probablement bourrées à chacune de nos naissances et on dû viser le berceau plutôt que les bébés.
Pour illustrer la chose, dites-vous que jusqu’à mes 11/12 ans, je me sentais tellement l’âme familiale que je traduisais ce manque d’expression sentimentale en vouvoyant mes grands-parents… Ça en dit long sur la question.
Je vous rassure, cette période m’a passé, bien que nous ne sommes pas pour autant rentrés dans des relations fusionnelles, mais des relations que je qualifierai de « basiques » voire « cordiales » : bonjour, merci, au revoir, bonne année, joyeux anniversaire. Je vous rassure, j’ai quand même de très bons souvenirs avec ma famille, mais le ressenti général reste ce sentiment de « distance », de pudeur poussé à son paroxysme.

Et puis il y a eu « ce » jour.
Le jour où ma maman a décidé de partir, et qui a aussi marqué l’implosion de cet équilibre familial précaire. Voilà c’est dit. A l’âge où l’on est censée découvrir la vie, moi, j’ai découvert la mort. Mais pas la mort naturelle, ni accidentelle : la mort volontaire. Et par la même occasion, j’ai découvert les tréfonds familiaux : l’incapacité de parler ou de prendre sur soi pour aller vers l’Autre. L’incapacité à verbaliser, mais la forte propension à s’enfermer dans sa bulle.
C’est précisément à ce moment-là que j’ai foutu un gros coup de tronçonneuse dans mes rapports familiaux mais aussi que j’ai construit un mur en super béton armé entre le monde et mes sentiments. Une barrière infranchissable.

En fait, son départ n’a été que le révélateur. Le problème sous-jacent était bien antérieur….
Déjà, il est des traditions, qui dans certains, ne demandent qu’à être transgressées : les jeunes doivent prendre des nouvelles des plus vieux. Or, dans une période comme je l’ai traversé, j’estime que c’est l’inverse qui aurait du se passer. C’était à eux, pour une fois, de venir vers moi. Pourtant, personne, absolument PERSONNE n’a daigné m’appeler, prendre des nouvelles…
Rien.
Le silence.

Avec le recul, j’interprète cela comme le « poids de la culpabilité ». Moi qui plusieurs fois les ai contacté pour demander d’intervenir car la situation m’échappait.
Vous rappelez vous vos paroles à ce moment là ? « mais t’es qu’un gamine, c’est pas à toi de gérer ça ».
C’est sûr, ce n’était pas à moi… mais personne d’autre ne l’a fait, ni ne s’en est plus inquiété, et je n’allais pas laisser ma mère sombrer. Alors j’ai « géré » comme j’ai pu pendant plus de 2 ans.

C’était loin d’être parfait. Mais j’avais 15 ans quand tout a commencé. Et à 15 ans normalement, on ne s’occupe pas de ces choses là. A 15 ans normalement, on prend ses 1ères cuites, on fricote dans la cours, on sèche, on rigole, on va au ciné.
A 15 ans, on n’est pas censé avoir peur de rentrer chez soi et retrouver le corps de sa mère inerte. A 15ans, on n’appréhende pas les week-ends parce qu’on est totalement sous le joug de son humeur incontrôlable. Tantôt joyeuse et la minute d’après en pleur et voulant mourir. A 15 ans, on n’est pas censé voir sa mère ivre morte, t’insulter, être violente et t’obliger à te cacher pour contacter ton père, sous prétexte que parler à mon père est devenu un crime de haute trahison. A 15 ans, on n’est pas censé non plus passer 50 000 coups de fils pour trouver des solutions ni passer le plus clair de son temps à tout contrôler, espionner : compter le nombre de cachets pour éviter les overdoses, vider les bouteilles d’alcool mais pas trop pour ne pas se faire « gauler », vérifier le kilométrage pour savoir approximativement où elle « traine » si jamais il arrive une merde, contrôler les chéquiers pour être sûre qu’il n’y a pas d’abus…
217Non à 15 ans, c’est les parents qui sont censés gérer ça, et sur ça ma famille était d’accord. Pourtant, j’attends encore que quelqu’un prenne le relais, que quelqu’un agisse plutôt que d’entendre un simple « ce n’est pas à toi de t’en occuper ».
J’attends encore que quelqu’un accepte de m’écouter et comprenne mon « je n’en peux plus », et accepte ma requête la plus simple, et qui aurait été aussi la plus pertinente : mettre ma mère dans une maison de repos.
Mais non. Rien. Idem quand j’ai appelé à l’aide son entourage bien que j’ai retrouvé dans ses affaires toutes les « preuves » de ses intentions morbides. Ma mère était devenue l’ombre d’elle-même, mais moi, la « gamine » fabulait forcément. Alors, j’’ai vécu seule avec elle jusqu’à la fin. Seule face à ses démons, seul face à son naufrage. Seul et complètement impuissante.

A sa mort, j’ai vu des choses et en ai entendus d’autres qui ont fini de m’achever ; par exemple, se voir engueuler parce qu’on n’a pas mis la table le jour de son départ… je regrette, mais avec toute la politesse et le respect que j’ai, ce n’était pas à moi de faire ça ce jour-là… même si j’étais la plus jeune.
Il y a des événements qui remettent en cause les ordres établis.
Comme, dans le même ton, ce n’était pas à moi de les appeler en premier…. Même si j’étais toujours la plus jeune.
Alors oui. Quand après, j’ai encore attendu les appels pour prendre des nouvelles, les paroles réconfortantes, et que rien ne s’est passé, oui, j’ai mis un énorme holà dans ma vie. Vous avez tous interprétez ça à votre façon : je suis sauvage, solitaire, pas famille, celle qui donne jamais de nouvelles, voire je suis impolie. Pourtant, je n’attendais pas des grands discours. Je n’attendais pas des déballages de sentiments. J’attendais juste un « bonjour, je suis là ». Rien de plus.

La césure s’est faite et n’a eu de cesse que de prendre une ampleur tristement monstrueuse.
Le poids de leur culpabilité , leur tristesse (de ne pas avoir réagi à temps ? de ne pas m’avoir cru ? de ne pas avoir mesuré l’ampleur de sa dépression ?) les a rongé. Le tabou s’est engouffré dans la famille. L’interprétation et le jugement n’ont fait qu’accentuer ces incompréhensions.
Vous étiez probablement mal à l’aise…

Que devrais-je dire ?

Le temps a passé. Le poids de votre culpabilité a nourri ma rancœur et entretenu le poids de ce tabou.
Je me suis braquée : je n’ai pas à porter votre culpabilité, ni votre tristesse. J’ai suffisamment à faire avec les miennes.
Alors, j’ai fait ma vie. Je me suis démerdée. Je n’ai jamais plus demandé d’aide quitte à en chier. J’ai rebondi. J’ai fait des conneries. J’ai appris, et tout ça dans l’ombre de vos reproches et vos jugements.
Mais j’en voulais toujours à mon père d’être parti ; je refusais de voir sa « nouvelle » compagne qui pour moi était de toute façon une connasse. Je lui en voulais à elle aussi. J’ai coupé les ponts avec beaucoup de monde. Je leur en voulais tous de ne pas m’avoir cru/entendu, et de ne pas avoir été là « après ».

Plus tard encore, je suis rentrée en conflit ouvert avec certaines personnes. Motif ce coup-ci : je suis homosexuelle. Bien mal leur en a pris. Je ne culpabiliserais jamais pour ça. Je ne changerai jamais pour rentrer dans leurs cases.

Mais voilà, pour reprendre une citation, je dirais que la rancœur obscurcit le passé, menace l’avenir et rend le présent inaccessible.
Et mes valeurs sont plus fortes.

Je n’aime pas le conflit. J’exècre la rancœur. Tout ça ne mène nulle part. Nous n’avons qu’une famille. Et je suis malheureusement bien placée pour savoir que d’un jour à l’autre tout peut basculer. Et sans langue de bois, je peux affirme que le poids des regrets est monstrueux, destructeur et contre productif.

«Pardonne à ceux qui t’ont fait du mal dans le passé; mais surtout, pardonne-toi pour les avoir laissé te blesser»

Je suis rentrée dans le bénévolat. J’avais besoin d’aider les autres, comme pour expier mes démons. Ma culpabilité de ne pas avoir su l’aider. J’ai rencontré énormément de gens… qui m’ont expliqué ce qui les a poussé à intenter à leurs jours. J’ai rencontré des professionnels qui m’ont expliqué les processus, le raisonnement des personnes en dépression majeure. Ils m’ont expliqué les tentatives, les passages à l’acte, le choix de la façon de partir, le cumul de facteurs. Ca a été dur, très dur et ça a réveillé énormément de choses, mais j’ai aussi compris énormément de choses…. Et ma culpabilité a rendu l’âme. Je n’étais en rien responsable et surtout je n’aurai pas pu l’éviter. Au mieux, j’ai probablement dû repousser l’échéance, c’est tout.

Alors, je me suis timidement rapprochée de mon père. Petit à petit, avec beaucoup de hauts et de bas. Je sais qu’il est encore rongé par la culpabilité. Je le sais, je le vois. Je l’entends à travers ses mots. Il sait que je sais et même si il ne le verbalise pas encore, il me l’écrit maintenant… Certaines choses ont été dites. Certains abcès ont été crevés. Et lui qui, par exemple, a mis du temps à assumer mon homosexualité par honte/peur, est maintenant le 1er à me défendre à ce sujet.

J’ai « accepté » ma belle-mère. A mon rythme. On ne contrôle pas ses sentiments, on contrôle ses choix : elle a certes, merdé en acceptant une relation avec un homme marié… mais voilà. Ce genre d’histoires arrivent tous les jours, et l’issu n’est que rarement aussi dramatique. Qui n’a jamais cédé ? Qui n’a jamais « craqué » sur quelqu’un pris ?
0092-copieElle reste une femme, elle est humaine. Elle a fait une connerie (partagée avec l’accord de mon père), mais ils ne pouvaient en aucun cas contrôler et anticiper une réaction aussi ultime. Qui aurait pu ? La situation à échapper au contrôle de tout le monde. Pourquoi en serait-elle plus responsable que les autres ? Quoiqu’il arrive donc, elle n’est pas responsable du choix de ma mère. Et, je peux même dire maintenant que je la connais qu’elle aussi porte cette culpabilité.
Et puis, j’ai moi-même vécu l’infidélité… ça qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. Ma mère a choisi l’issue extrême. Moi non. J’ai aussi découvert beaucoup de choses, notamment que ses pulsions morbides remontent à beaucoup plus loin dans le temps. Bien avant tout ça, juste après ma naissance en fait… et je reste donc aussi persuadée que ça serait arrivé à un moment ou à un autre.
L’histoire avec mon ex a également joué un rôle « positif » dans tout ça. Ca a donné un écho au passé… Ainsi, en impliquant mon père et ma belle-mère dans toute cette histoire d’infidélité (ici), mon ex a permis a certains sujets d’être mis sur la table. Et contre toute attente, c’est bien mon père et ma belle-mère qui m’ont aidé à rebondir. Un comble non ? Je pense d’ailleurs que mon déclic envers ma belle-mère s’est réellement fait à ce moment là. Ce jour où elle est venue dans ma maison, partiellement détruite par mon ex, et qu’elle s’est effondrée en me demandant comment j’allais faire pour m’en sortir. Sa réaction a été tellement spontanée. Tellement humaine. Comment aurai-je pu croire à ce moment qu’elle était une conasse, une femme sans cœur et que ces actes étaient délibérément fait pour faire du mal ?
Et puis, je dois lui être reconnaissante d’une autre chose : elle a respecté mon cheminement contrairement à ce que beaucoup de belle-mère ont fait. Elle a respecté mes silences, ma froideur vis-à-vis d’elle. Elle ne m’a jamais fait de quelconques réflexions et n’a jamais, dans ces gestes ou paroles, tenté de quelques façons que ce soit, de jouer un rôle de « remplaçante » ou même de « belle-mère ». Il m’aura fallu plusieurs années pour m’en rendre compte et surtout l’accepter.

Bref, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Mais ma famille ne se résume pas à mon père et ma belle-mère…

Avec le recul, je me demande finalement comment une famille peut-elle se déchirer pour des conneries alors que nous, nous avons surmonté « ça »? J’entends des histoires, des conneries qui m’exaspèrent : machin parle plus à truc, bidule fait la gueule à machin chose pour une histoire de chien, de meubles, de repas et autres broutilles.
Comment est-ce possible de se déchirer pour autant d’idioties ?

pardoncitationJe ne veux plus de ça. En tout cas à mon niveau.
Du coup dans mon élan utopiste, j’ai eu l’idée de créer un album photo participatif pour l’anniversaire de mon père. L’occasion de taper fort, l’occasion de tendre une perche et surtout, l’occasion de reprendre contact avec certains…
Le 1er pas est toujours le plus dur et pourtant… c’est le plus salvateur.

J’ai demandé la participation de mon grand-père… qui a été le 1er a accepter, et qui avec un peu d’aide est parvenu à lâcher du leste et se dévoiler un peu.
J’ai contacté mon parrain, à qui je ne parlais plus depuis des années. Lui aussi a accepté. J’ai contacté ma cousine… qui a accepté… etc.
Ce fût une demi-réussite car certains, sous couvert d’excuses « bidons » – une fois de plus- n’ont pas voulu. Tant pis pour eux… J’ai tendu une perche. Tu ne l’as pas saisi, je ne vais pas te supplier pour ça. Votre conscience vous appartient, mais je respecte aussi le fait que ce 1er pas soit difficile. Cela dit, et contrairement à vous, je suis et serai là, le jour où… où vous changerez d’avis.

De mon côté, j’ai écrit une lettre brute de décoffrage à mon père. Je n’ai plus envie de garder certaines choses pour moi et il est, à ce jour, la seule personne avec qui je peux parler de certaines choses. En revanche j’ai respecté sa difficulté à verbaliser oralement… Alors j’ai opté pour l’écriture. Et puis, les écrits restent, et j’aime beaucoup cette idée.
Cette lettre j’ai voulu faire lire à ma chérie pour correction (et aussi pour qu’elle en sache). Elle n’a jamais réussi à la finir et j’ai bien mis 1h pour qu’elle arrête de pleurer. Bref. J’ai vraiment tapé fort.
Résultat aujourd’hui, mon père, même s’il ne le dit pas encore, m’écrit très souvent qu’il m’aime. D’ailleurs à Noël il m’a offert une carte avec un poème. Certes, pas de lui, mais un poème magnifique et qui pour moi vaut tous les cadeaux du monde. D’ailleurs, elle trône en plein milieu du salon. Alors oui, il ne verbalise pas encore, et il faudra probablement du temps. Mais je respecte, et je n’essaierai pas d’aller « plus vite que la musique ». On a chacun nos expériences et notre vécu. Pour certains cela va plus vite, pour d’autres non. Mais en revanche, je lui suis reconnaissante de ce 1er pas. Mon père qui ne parlait pas ou peu, maintenant m’appelle… On parle de tout et rien, mais c’est une grande nouveauté. On se voit très régulièrement. Il a rencontré mes ami(e)s/potes. Bref, il y a eu énormément de changements.

Il y a quelques jours, j’ai fêté mon anniversaire. Soyons honnêtes, c’était pour moi un peu le « test » : mon parrain a-t-il compris que je lui avais tendu la main ?
Je n’y croyais franchement pas. Les heures ont passé. Tant pis. Pourtant, à 22h35, contre toute attente j’ai reçu un message de lui : « après de nombreux loupés de ma part (…) je suis là si un jour tu as besoin ».
Et je suis comblée.
Il faudra probablement du temps, mais le 1er pas est fait. Des 2 côtés.

Idem, j’ai envoyé des cartes avec mes vœux à certaines personnes… et étrangement tous ont répondu.

J’ai ouvert les vannes à mon niveau. J’espère que cela perdurera et surtout s’étendra. J’espère aussi que cette démarche, je ne serai pas la seule à la faire (?).
Avec un peu de recul, en analysant tout ça, j’ai vraiment ce sentiment qu’il manque un déclic dans cette famille (et dans beaucoup d’autres !)
Tout le monde sait, tout le monde veut, mais personne n’ose. Tout le monde s’est retranché dans ses croyances et n’arrivent plus à sortir de son mutisme, alors qu’il suffit de si peu…
Mais rappelez-vous : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque). Et c’est tellement vrai…

Et puis, que l’on soit clair : je ne veux pas que mes (futurs) enfants pensent que dévoiler ses sentiments est une faiblesse. Je ne veux pas qu’ils vivent dans un climat de non-dits, de « peurs », de honte. Je ne veux pas qu’ils souffrent, comme j’ai pu en souffrir, de ce manque de mots qui créent finalement tant de maux.
Je ne veux pas non plus qu’ils pâtissent de la culpabilité trans-générationnelle lié au départ précipité de ma mère, ni qu’ils vivent dans ce climat de « honte » qui plane autour de son geste.
Je veux qu’ils sachent. Qu’ils comprennent. Alors, je leur expliquerai, avec des mots d’enfants au début, puis d’adulte ensuite, mais JAMAIS je ne mentirai sur ce qu’il s’est passé. Jamais.

Ma mère a fait un choix malheureux – le pire des choix – mais mes enfants ne vivront pas dans le poids d’un « secret familial » et c’est ma famille à ce moment-là qui sera bien emmerdée… Alors oui, il y aura forcément des questions sans réponse, notamment le « pourquoi ». Il y aura des questions plus dures que d’autres. Il y aura des pleurs et des rires, mais je ne renierai pas mon passé qui a fait ce que je suis aujourd’hui.

Bref. On n’a tous nos démons. On a tous eu des tords et des regrets dans cette histoire, mais je peux le dire maintenant : j’ai pardonné. Et bien que le pardon n’enlève rien à la douleur, je peux le dire : pardonner libère, mais surtout, je préfère vivre dans l’Amour que dans la rancœur.

Et à la question : « mais comment peux-tu pardonner à ces personnes ? »
A ces personnes je réponds (et répondrais) simplement :
Donnez-moi une seule raison de ne pas le faire ?

Etre jugée au 1er abord..

2012248691.01.LZJe ne suis pas démonstrative. Pas du tout même, et pour couronner le tout, je suis assez timide et surtout très réservée.

J’en viens à écrire ce billet, car, jusque là, ce sont des pans de ma personnalité que j’ai toujours réussi à gérer par maintes péripéties. Alors, oui, j’esquive simplement les situations qui me posent problèmes (dès fois laborieusement !), et je passe à autre chose. Concernant mon manque de démonstration, je fais des efforts et prend sur moi-même pour montrer aux gens que j’aime que je les aime.
Alors certes, par exemple, je n’ai jamais dit « je t’aime » oralement à mon père. En revanche, je lui ai écrit, et lui écrit encore dans des lettres où je me « dévoile ». J’ai trouvé une parade, qui n’est certes pas conventionnelle mais qui a au moins le mérite –à mon sens- d’exister. Mes proches savent que je suis comme ça et ne m’en ont jamais tenu rigueur. Là où ça se complique c’est quand les gens ne me connaissent pas !
Pour le coup, je passe pour la nana froide, antipathique, qui fait peur, qui est coincée etc. (oui, j’ai entendu tous ces termes à mon sujet !) et on m’a d’ailleurs affublé de magnifiques sobriquets : le glaçon, l’enfant sauvage, et l’iceberg. Ça donne le ton !

Et ça s’est reproduit à cet anniversaire où j’ai été conviée.
En temps normal, j’aurai décliné l’invitation, car je savais d’avance que ça n’était pas du tout mon monde/univers et que je serai mal à l’aise. Plutôt que de subir et laisser penser aux gens que je me fais chier (ce qui en plus n’est jamais le cas car je suis énormément dans l’observation), je préfère dire non. Pas de bol, ma femme a accepté avant que je dise quoique ce soit. Oups.
Me voilà donc à cette « fête ».
Au programme ? Karaoké, flashmob et tout le bazar. Tout ce qui me fait frémir d’angoisse, tout ce que j’exècre au plus au point.
Aussitôt arrivée, j’étais déjà en train d’échafauder 2000 stratagèmes pour esquiver tout ça…. Mais ça, c’était sans compter sur les invités lourds… Tu sais, le genre qui ne te lâchent pas la grappe jusqu’à ce que tu cèdes. Et moi ça, ça me rend… con. Sans compter que plus tu insistes, plus je me braque…
Merde ! Je suis comme je suis… Si je n’ai pas envie d’aller me trémousser sur la piste où est le problème ? Est-ce que je fais chier quelqu’un ?! D’autant que je n’étais pas la seule ! Il y avait des papys/mamys, des mamans avec leur nourrisson. Bref, pas de quoi faire tout un plat si je ne vais pas me déchainer sur une chorégraphie !
« ouais, mais toi t’es jeune, il faut s’amuser ».
La phrase est lâchée.
Est-on vraiment obligé de chanter et danser pour s’amuser à une soirée?
Pour ma part, je m’amuse beaucoup mieux assise sur ma chaise à discuter avec les gens de choses et d’autres, où je suis à l’aise, plutôt que d’aller me trémousser le popotin sur une scène où clairement je vais perdre tous mes moyens. C’est comme ça, je ne me referai pas ; et où est le mal ?
Et puis alors le pompon sur la Garonne a été le : « tu veux boire quelque chose ? »… et là, quand tu réponds sans alcool, tu as tout de suite compris que tu étais à part…. (Ça me rappelle le billet que j’ai écrit à ce sujet : est-ce une honte de ne pas boire ?)
Pourquoi ne pas respecter ça ?

Du coup, me voilà une fois de plus attribuée d’un magnifique « tu es un peu coincée », « tu es sur la 1ère marche des gens super froids » (tu n’avais qu’à pas insister aussi !). Non, je ne suis pas coincée… Je n’aime pas ça, point barre. Je ne bois pas, car c’est moi qui conduisait, et FUCK . Je n’ai pas à me justifier ! Je ne te connais ni d’Adam ni d’Eve, alors lâche moi la grappe. Et puis, je ne suis pas seule dans mon coin à me faire ch***. Tu vois bien que malgré tout, je discute avec les gens ? Alors où est le problème ?
A mon sens non. Je m’amuse et je suis bien aux soirées. Chacun voit midi à sa porte après tout. J’aime être au calme, j’aime regarder les gens… mais je n’aime pas être de ceux qui mettent l’animation. Une question de tempérament !

Comment-vaincre-sa-timiditéRevenons donc au fameux flashmob et karaoké. Rien qu’à ces mots je sens mes jambes s’évader sous mon corps et moi fondre tel un glaçon (ça tombe bien!) au soleil…
Et voilà que la « chorégraphe » tente de me motiver pour apprendre les 3 pas de danse… et devant son insistance je commence à bouillonner…
Oui parce qu’au début, je suis mal à l’aise mais si les gens insistent je me branche en mode « conne » et à un moment ça m’énerve tellement que je finis par lâcher une petite phrase cinglante.
Et puis qu’on se le dise… tu pourras trouver tous les arguments possibles, me faire boire ou me droguer, rien ne me fera changer d’avis (crois moi, j’ai déjà essayé!)
J’ai même essayé les thérapies en pensant que j’avais un problème… c’est dire! D’ailleurs cette réserve excessive viendrait de mon « conditionnement éducatif ». Et oui mes parents ne concevaient pas qu’un enfant parle en présence d’adulte car il ne faut pas faire son intéressant et c’est mal élevé. Beaucoup de choses m’étaient interdites car « c’est mal vu » et mal élevé et que clairement c’était la honte pour eux d’avoir un enfant qu’on remarque. Du coup pour des choses basiques, je devais demander la permission, quelque chose que j’ai toujours vécu comme une humiliation… De même, je n’avais pas le droit de donner mon opinion car un enfant ne sait rien et seuls les adultes ont toujours raison.
Mon père aimait me mettre l’affiche… si j’avais eu une mauvaise note ou fait une connerie, tu pouvais être sûr que tout le monde était au courant et que mon père tournait ça d’une telle façon que j’avais horriblement honte.
J’ai ainsi développé une telle peur de me confronter à l’aval des autres, que je préférai rester à table plutôt que de demander la permission d’en sortir… au risque de prendre un refus (ce qui est déjà arrivé et que j’ai vécu comme une énorme honte). Je devais demander la permission pour parler dans une soirée et surtout j’avais intérêt à être plus que polie au risque de prendre des réflexions devant tout le monde. J’ai toujours usé de stratégies pour parvenir à mes fins. Ainsi je devais répondre juste à une question d’histoire ou géo pour avoir le droit à un dessert. J’ai décrété très vite que je n’aimais pas les desserts comme ça je n’étais plus déçue ou « rabaissée » de ne pas savoir. Aujourd’hui j’ai 30ans… et je n’en mange toujours pas car j’ai véritablement ancré ce comportement….

Pour ne citer qu’un exemple un jour, en chahutant, mon parrain m’a tiré les cheveux pour rigoler. Ce n’était pas méchant mais il m’a fait mal… et j’ai eu le malheur de dire « aie ». J’ai été punie car « on ne répond pas a un adulte » et mon « aie » était….. insolent !!
Bref. Tout était comme ça… et j’ai développé une sorte de gêne/honte à être au 1er plan, à parler, dire ce que je pensais. Je déteste fêter mon anniversaire pour cette raison. L’idée de me marier me fait horreur pour cette raison également… un mariage avec 4 ou 5 invités me conviendrait parfaitement! Je déteste les surprises ou recevoir des cadeaux car l’espace d’un instant tu es le centre d’attention. CQFD.

Bref, tout ça pour dire que j’essaie de me raisonner quand je suis invitée, car je ne veux pas jeter un froid… mais les gens ne se rendent pas compte des efforts monstrueux que j’ai fait jusqu’à maintenant pour réussir à aller un peu vers autrui, pour passer outre ma timidité pour accepter des invitations, discuter avec des personnes que je ne connais pas, pour réussir à donner mon point de vu etc. Du coup, entre ce qu’ils voient de moi, et ce qu’ils ne savent pas de moi, il y a un fossé monstrueux : je suis coincée, agressive, froide. Les gens qui sont passés au-dessus de cette image de moi, et qui m’en n’ont pas tenu rigueur savent maintenant que ce n’est pas vrai et qu’au contraire, je suis l’exacte opposé : je ne suis pas méchante pour un sous, quand je suis à l’aise, je suis la 1ère à aller danser, mais voilà, par contre, il me faut du temps. Beaucoup de temps.

Est-ce en soi une fatalité ?
La timidité est-elle une fatalité?
Dois-je faire semblant ?
Est-on obligé de chanter et danser, de mettre l’animation pour s’amuser à une soirée?
Devrais-je vraiment changer pour rentrer dans les codes sociaux qu’on attend d’une personne ?

Qu’en pensez-vous ?

Blessure de guerre du chien…

2013-10-23 23.55.09Bon et sinon, les emmerdes, ça s’arrête quand la ?

J’ai un peu le sentiment d’avoir atteint le quota 2014 mais il y a toujours un truc qui vient se greffer en plus.
Me voilà donc avec un chien que je vais maintenant appeler noeunoeuil.

en bref, j’ai amené le fauve à la maison pour gambader et courir (j’en ai 2 mais on alterne car il faut surveiller : le grillage est plein de trous, les artisans laissent le portail ouvert etc.). Bref. Donc là, c’était la grosse fête… et vas-y qu’elle gambade, courre, m’amène une par une ces 8 balles (meuh non elles sont pas pourries gâtées!) et déjà pendant ses sprints, je vois qu’elle plisse les yeux.
Vu qu’elle pète le feu, je ne m’inquiète pas… Peut-être que le soleil la gêne tout simplement ?!

Retour à la maison.. elle est cannée : tu m’étonnes à courir comme un lapin ! Croquette + dodo.
Et là, mon sang ne fait qu’un tour : un oeil fermé. Il faut savoir que concernant mes animaux, je ne suis pas rationnelle… J’imagine donc déjà le tronc d’arbre, l’opération, et tout le tintouin.
On respiiiire.
J’attrape du sérum phy pour nettoyer et voir concrètement. Elle a l’œil écarlate mais rien dedans donc on se rabat sur la piqûre d’insecte au mauvais endroit…. Il faut savoir qu’elle a déjà été piqué par une guêpe et avait triplé de volume… Pour l’heure, elle se laisse faire… Il n’y a pas de gonflement, pas de sang, pas de coupure. J’appuie doucement autour pour voir si elle a mal quelque part. Bingo, au touché du coin de l’œil … elle montre les dents.
Il faut savoir qu’en 7 ans, elle n’a jamais fait ça. D’ailleurs quand je l’ai fait stériliser, c’est moi qui lui ai enlevé ses points car elle ne laissait pas faire la véto. Avec moi aucun problème : madame les 4 fers en l’air, tout va bien sous le regard halluciné du véto. Autant dire que quand là, elle m’a montré ses chicots… Mon sang a fait un 2ème tour. C’est que vraiment elle a mal.

Grâce au nettoyage, elle ouvre l’œil. Il est rouge, mais son comportement est normal : 4 fers en l’air dans le panier… Il est 23h, je me décide à attendre le ce  matin. Vu que je ne suis vraiment pas rationnelle, je vous épargne ma nuit : réveillée toutes les heures pour vérifier qu’elle est vivante et que tout va bien. L’œil redevient normal… avec des sécrétions le matin, mais elle l’ouvre normalement.
Re-nettoyage au sérum phy.

Plus de peur que de mal. Elle a l’œil très légèrement larmoyant et semble être gênée par la lumière, mais elle est toujours aussi fofolle, mange, court. Bref. Sa vie de chien normal. On est dimanche, si demain matin je dois lui nettoyer, ça sera véto… On va pas s’éterniser.

chien

 

Et puis une photo de la 2ème, après tout, même si ça n’est pas une blessée, elle mérite elle aussi son quart d’heure de célébrité 😉

2014-03-26 20.47.10

 

Emploi : la quête du graal ?

emploiVu ma décision d’arrêter les saisons, il faut bien se rendre à l’évidence : je ne peux pas rester ad vitam aeternam sans rien faire de ma vie. L’argent ne tombe pas du ciel, et même si mon ami Pole me dépanne bien en ce moment, je n’envisage pas cette situation sur une trop longue durée.

Franchement, j’en ai eu cherché du boulot… mais cette année, c’est le pompon de la pomponette.
Je suis inscrite sur une 30aine de sites d’emplois (si ce n’est plus), j’ai activé toutes les alertes pour ne rien louper.

Chaque jour, je check tout ça et chaque jour cela m’exaspère. Plusieurs cas de figure.

Le 1er : Les vraies-fausses annonces.
Qu’on se le dise, dans mon secteur, 9 annonces sur 10 sont des stages, contrats en alternance. Mais WTF ? Je suis sur des sites d’emploi : keljob, qapa, monster, viadeo (pour ne citer qu’eux), et j’ai bien écrit que je ne cherchais QUE des sacrosaints CDI et des CDD (ne soyons pas trop exigeants !)

1

Des fois c’est même sournois… Tu lis, tout colle, mais là, tout en bas, le détail qui tue « contrat en alternance » ; à croire que plus aucun employeur ne cherche d’employés.

 

« Chef de projet
Profil candidat :
Candidat issu d’école supérieure de commerce
Niveau d’études : Du bac + 4 au bac + 5
Expérience : 2 à 3 ans => pour un stagiaire ?!!!
Et là :
Salaire / indemnisation : Indemnisation légale de 31 % du SMIC (436€) »

Dans le même style, je suis même tombée sur une offre de rédacteur web en bénévolat !

Le comble c’est quand cela n’est même pas stipulé. L’autre jour j’ai postulé à une offre de rêve : tout, absolument tout collait… Joie, bonheur, fête du slip !
Qu’à cela ne tienne, je postule.
Réponse quelques heures plus tard : êtes-vous éligible CAE/CUI ?…
J’ai vérifié l’annonce, ça n’est pas écrit à un seul endroit. En revanche, sur la même offre sur d’autres sites, c’était bien écrit.
Non seulement je prends un carreau, mais en plus je passe pour une truffe.

Alors forcément je peste.
Et ne nous leurrons pas : je rencontre le même souci sur le site de Pole : stage, alternance, professionnalisation, CAE,CUI, mi-temps…
Peut-on dire RIP au St Graal CDI ?
Que sont devenus les CDD tout public ?

Je rencontre un autre problème aussi lié au métier de la communication

2ème cas : le métier fourre-tout

La communication est un terme véritablement méconnu… c’est un peu le vide-poche des métiers, le joyeux fourre-tout. Sous prétexte de la polyvalence requise pour ce métier, on nous colle des offres complétement farfelues.
Je ainsi été sollicitée à plusieurs reprises pour des postes en total opposition à mes compétences (merci Pole !)

Responsable de faisabilité CEA CNRS
« déterminer le positionnement et les meilleures conditions d’exploitation d’une nouvelle méthode de microscopie à super-résolution (….) <= je comprends même pas la phrase
Expérience de deux à trois années dans les domaines scientifiques nécessaires <= j’ai fait un bac L, n’ai aucune expérience dans mon CV en lien avec la science. Rien, nada, quedal ; c’est à peine si je sais calculer un pourcentage (ouais, j’suis vraiment une quiche)

Chef de publicité(e)
(…)Vous qualifiez les cibles et organisez votre prospection auprès des annonceurs commerçants, PME, artisans, etc… <= clairement c’est du commercial quoi !
(…) vous justifiez d’une expérience réussie et significative en vente d’espace publicitaire <= aucune dans mon CV…

Développeur web
Vous connaissez impérativement les langages suivants : PHP, HTML5, CSS, Javascript, Ajax, MySQL/PostgreSQL ; et utilisez les frameworks Bootstraps et Angular. <= Je n’en connais aucun… je n’ai pas d’expérience en développement web. J’ai effectivement fait quelques sites… mais vraiment le plus basique du basique, avec en tout et pour tout quelques notions HTML.

Magnifying glassNon, être responsable communication n’est PAS être… infographiste, ni développeur web, ni commercial. Certes, on couvre certaines de ces fonctions en PARTIE ; oui nous connaissons la chaine graphique…
Je connais Photoshop, les bases, mais de la à dire que je suis graphiste ? Non.
Savoir driver un graphiste pour avoir une communication pertinente, oui : on doit être créatif… Je le suis dans l’idée. Je peux donner des idées de projets, de pub, de communication… Je peux te faire des textes : communiqués, dossier, spot radio/TV, je peux créer le scénario, choisir des couleurs/formes/mots en fonction de mes objectifs… mais je ne suis pas graphiste, ni infographiste.
Oui c’est vrai, je peux aussi te pondre un fly, une affiche… mais soyons réaliste : je n’ai pas le même niveau qu’un graphiste « pur ».

Le problème c’est la polyvalence incombant à notre métier ; un métier dont les fonctions sont vraiment très (trop) transversales : mais cela ne veut pas dire que l’on est au top niveau dans tout. J’ai vu sur le site Elaee que le chargé de communication c’est le « couteau suisse » de l’entreprise.
C’est un peu ça. Non, c’est exactement ça à vrai dire !

Enfin j’dis ça, mais finalement ça ne change pas d’autres problèmes que je rencontre : les systèmes d’alertes… Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais quand tu mets « chargé de communication, dans un rayon de 50km de chez toi », voilà le résultat (valable pour les 29 autres alertes que j’ai)

2.[clique, tu verras, ça vaut son pesant de cacahuètes!]

J’ai tenté d’affiner, d’élargir les champs de recherche… rien à faire. En fait, j’crois que les alertes sont fait pour nous appâter « tiens petit chômeur, on va presque t’aider »… et quand tu vois le résultat, ils te disent « non mais tu crois pas qu’ils vont faire le boulot à ta place ». Bref. Rare sont les sites où les critères sont bien ciblés… et d’ailleurs quand ils le sont, sache que dans mon secteur géographique il y a toujours « 0 offres ne correspondent à votre profil ». En fait chez moi, on ne communique pas…

Quand tu recherches du boulot, tu es confronté aussi à un 3ème cas de figure (qui d’ailleurs est de plus en plus fréquent) : les offres de l’au-delà

Ça donne des trucs aberrants du style :

Poste de responsable communication
Missions : graphisme, commercial, administratif
Bac + 15
Expériences exigées de 10 ans
Trilingue yougoslave – berbère
Expérience sur poste similaire exigée
Salaire : SMIC

Je pense que cela ne mérite même pas que l’on s’attarde sur le sujet ; malheureusement c’est de plus en plus fréquent.
Bref. Ils recherchent des moutons à 5 pattes, le candidat aux supers pouvoirs capable de sacrifier sa vie par amour pour sa société… qui ne comptera pas ses heures (ni son salaire d’ailleurs).
Toi connement, tu t’imagines encore à la bonne époque (merde, on dirait une vieille qui cause) : celui ou tu avais besoin d’un CV avec une formation, des compétences, de l’expérience (et même une lettre de motivation manuscrite !)
Ma vieille ce temps-là est révolu. Maintenant, en plus d’être tu dois être :
SUR-diplomé
SUR-polyvalent
SUR-qualifié
SUPER disponible
SUPER dynamique
Bref, presque SUR-naturel … voire SUPER woman avec des SUPER pouvoir
mais
SURtout, tu dois fermer ta gueule (et avoir une lettre de motivation informatisée! oui oui, on s’est foutue de ma gueule la dernière fois que j’en ai présenté une manuscrite).

J’te le dis entre 4 z’yeux : on est tellement nombreux à chercher du boulot que les recruteurs en sont devenus plus qu’exigeants*. Terminé les moutons à 4 pattes, maintenant il leur faut du 6 pattes minimum : un mutant. Un monstre ?
Et le top, c’est que si tu arrives à trouver, il te faudra encore fermer ta gueule*… parce que tu comprends, tu fais partis des « chanceux », tu es un privilégié de la société…. A toi les heures à rallonge, les salaires aux lance-pierres, à toi les réprimandes si jamais tu OSES critiquer ton travail (« te plains pas tu as du boulot!)
Dès que tu voudras la ramener et dénoncer les abus, ce sera chantage :Regarde donc le vivier de chômeur qui n’attends qu’une chose, que tu laisses ta place.
Tu vivras dans l’angoisse de perdre ta place* ou de partir par peur de te retrouver en CDI-chômage. Tu te tairas, tu accepteras des choses que jamais dans ta vie tu n’aurais du accepter ; tu te remettras 20000 fois en question, tu douteras de toi, tes compétences, mais eux, jamais ils ne réflechiront. Finalement peut-être est-ce toi la véritable incompétente ?

Je l’ai vécu sur mes 2 derniers emplois… où clairement je me suis fait « bouffer tout cru » par peur de me retrouver sans rien.
L’avant dernier où j’ai mis 6 mois pour partir, où j’ai fini en arrêt maladie (et licenciée pendant cet arrêt) et où l’histoire a fini en dépression et  aux Prud’hommes pour harcèlement moral et physique ( lettre fictive de démission 1/2 et lettre de démission fictive 2/2) ; Et le dernier… où mon contrat s’est simplement fini et que je ne souhaite pas re-signer pour des raisons évidentes (travailler OK, mais le temps de l’esclavagisme est révolu non ?)

Bref, tu seras à la limite de la prostitution de ton savoir-faire. Mais voilà. Travailler devient un luxe. Décrocher un CDI est un luxe… Mais à quel prix ?
Faut-il être intransigeant au risque de ne rien trouver ? Faut-il accepter de travailler dans ces conditions pour gagner malgré tout sa vie ? Où est le juste milieu ?

Sincèrement, à ce stade de ma recherche, je coince, je sèche. J’ai regardé les « statistiques » sur Pole Emploi… dans mon secteur/domaine : 160 postulants par offre. Autrement dit, je ne suis pas sortie de l’auberge. Du coup, j’ai 2 CV (un assez classique, l’autre plus graphique/original) que j’ai refait, sur lesquels j’ai demandé des avis extérieurs (de pro de la com et de personnes qui ne sont pas du secteur), je personnalise toutes mes lettres de motivation. J’ai un site CV. Je postule à toutes les offres (via Internet ou version postale ou en « porte à porte »), je postule aussi en spontané en ayant pris soin de trouver le nom du responsable RH… Je suis inscrite à une 30aine de sites d’emplois. J’ai revu mes exigences (=je ne cherche plus que dans la communication). Et rien. Rien, rien, rien. Même pas de réponse, pas un seul entretien. Rien.
Le néant. Le vide intersidéral.
Je veux bien me remettre en question, mais j’avoue que là, je sèche……..

*heureusement, il existe encore des exceptions et des patrons humains…