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[Bore out] Ou comment sombrer…

boOutre le fait d’avoir une patronne givrée (cf. Je suis devenue un chevalier sataniste), je rencontre une autre problématique, et pas des moindres : l’ennui au travail.
Je n’ai rien à faire de mes journées. Mais quand je dis rien… Ce n’est rien. Je n’ai même pas d’appels, pas de mail. Rien. Le vide. Si les quelques premiers jours je trouvais ça « cool » vu que ça me permettait de faire ma paperasse pour la maison, ce n’est maintenant… plus le cas. Depuis janvier la baisse d’activité a été conséquente. Mais quand mon collègue, le commercial a démissionné en février, ça a été … la dégringolade. Ma boss ne sachant absolument pas géré à perdu 11 clients sur 17. Sur les 6 restant, une lui a collé un procès, et 4 autres sont partis. Résultat, il reste une seule et unique cliente… et pour qui, techniquement il n’y a plus grand chose à faire, et pour moi : plus rien du tout.
J’ai déjà évoqué le problème avec ma boss qui me dit de « ne pas paniquer qu’elle va me trouver de l’activité ». Et là, ça se complique car elle « m’utilise » pour son autre société. Un secteur d’activité qui ne m’intéresse ABSOLUMENT pas, dont je n’ai rien à faire et pour lequel je n’ai JAMAIS signé. Mieux, pour moi qui suis dans la communication, je me retrouve à devoir lui faire des… factures. Et là pareil. J’ai une sainte horreur de ça. Ce n’est en plus pas mon job… ou comment me braquer en moins de 2.
Voilà donc ma vie professionnelle depuis février : 0 campagne de communication… 2 factures rédigées. J’ai dû traiter une 10aine d’appels, dont plus de la moitié était des erreurs. Et les mails, à part les « transférer », je ne fais rien d’autre. J’ai compté. 4 « vrais » mails envoyé depuis le 11 janvier. Imagine…
Cette situation me pèse… Je n’aime pas ne rien faire. Ne servir à rien. Être payée à rien glander. Si au début j’ai pris mon mal en patience en me raccrochant à l’opportunité du « CDI » sacro-saint-Graal de nos jours, j’en suis rendue à un stade où même ça… n’est plus suffisant. Mais si je démission : pas de chômage = grosse merde.
Autre problème : il est difficile d’en parler. Les gens ne comprennent pas, et tu te vois affublée de tout un tas d’arguments bidons « c’est génial d’être payée à rien faire, le luxe, blabla ». Non. C’est faux. Payer à rien faire, venir « faire semblant, attendre toute la journée en étant totalement inutile, c’est l’Enfer. Tu te sens inutile, tu te sens tel un parasite qui « profite » du système. Tu perds ton temps alors qu’il y a tellement de choses bien que tu pourrais faire… Sauf que voilà. Il te faut une rentrée d’argent pour vivre et que tu ne peux pas te plaindre car c’est honteux… avec tous ces gens au chômage…
Et toute la journée, 7h, tu dois trouver de l’occupation sans te faire « griller » par peur en plus, d’avoir des problèmes alors que tu n’y es pour rien. Car oui, toute la journée je suis sur Internet, je lis, je tweete, je fais des mails, je cherche du boulot. J’attends, je compte. Je regarde l’heure encore et encore. Je pense, je réfléchis.
Je m’ennuie les amies. Je me fais chier comme un rat, je cogite, je tourne en rond. J’ai les yeux rivés sur l’heure qui n’avance pas… mais voilà, même si elle le sait, si elle me « choppe » elle est aussi en droit de me virer car il est interdit d’utiliser le PC à titre personnel. Et cela pour « faute ».
La boucle est bouclée.

Lundi j’ai craqué quand elle m’a demandé de faire une facture à un client en quadruplant le montant sous prétexte qu’il avait « l’air riche ». Un nœud dans le ventre, la gerbe. Elle me donne la nausée. Toute ma haine de son être et sa façon de faire n’aurait pas assez de vocabulaire en langue française -pourtant si riche- pour traduire ce que je pense d’elle. Elle est infâme, hideuse, honteuse. Elle ment aux clients (de l’autre boite) « nous avons une 20aine de clients », elle ment aux stagiaires « j’ai viré le commercial » (qui a démissionné surtout!). Elle ment en permanence. Elle me raconte sa vie, ses histoires de cul dont je n’ai absolument rien à branler, elle ponds des idées d’abruties consanguins, elle arnaque, elle pille, elle détruit les gens. Elle est tarée. Elle se prend pour une princesse (c’est le terme qu’elle a utilisé : je suis la patronne, je suis une princesse, les hommes doivent se plier à moi). Elle exècre les gens, les considère comme des merdes… Elle refuse de discuter ou travailler avec des gens qui sont « inférieurs » à bac+5 (j’utilise encore ses termes) mais elle écrit des mails bourrés de fautes honteuses « creyiez » (du verbe croire), « j’ai bien PRIX note »… De faute ou de lapsus révélateur ? Elle ne pense qu’au « fric », au « pognon » (ses termes). Elle ne parle jamais d’argent… et me parler de « piquer un peu plus de thune » à tel ou tel client.
fuckElle est à gerber. Je ne peux plus. J’ai qu’une envie c’est lui cracher à la gueule, la baffer, lui vomir mon dégoût pour sa personne, mon dégoût de ce type de personnage que je n’arrive même plus à considérer.
Bref. J’ai craqué et je me suis à ma formation dans le cadre de ma reconversion pro…. Un grand moment de suspens car j’ai un stage à faire, un présentiel d’une semaine aussi, et ça n’est pas compatible avec mon boulot actuel car mes vacances y sont imposées (4 semaines sur 5). La formation est sur 13 mois. Hors, à ce rythme, je doute pouvoir tenir … 13 mois dans mon taf. Malgré tout ça reste un CDI… Si indispensable de nos jours et tellement rare (Hollande si tu me lis!)
Ça me fout les chocottes, et en même temps je sais au fond de moi que si je ne trouve pas une issue, ou un autre objectif dans ma vie, je vais droit dans un gouffre. J’ai vécu l’extrême inverse. J’ai tenu 2 ans avant de m’écrouler. Il est absolument inenvisageable que je revive la même chose. Cela fait déjà 4 mois et je sens déjà que je m’effondre, que j’en ai déjà pris le chemin… Je me lève à reculons, la boule au ventre, je dors mal, j’arrive en retard (j’ai l’excuse des bouchons ouf!), j’oublie les clefs du bureau (acte manqué bonjour), je bois café sur café pour me tenir éveillée car je m’endors littéralement sur mon écran. Je sens au fond de moi que ça hurle… Je deviens antipathique avec mes collègues (de l’autre société) qui n’y sont pour rien (mais qui savent). Bref. Ça pue. Ça pue, ça pue.

C’est « marrant » la vie… Tu peux traverser tout un tas d’épreuves : décès, recèle successoral, retard de chantier avec malfaçons, te retrouver à la rue, séparation, annulation d’un mariage, harcèlement de ton ex, te taper 2700 bornes de bagnole en une semaine, la voiture en rade, les névralgies faciales, les problèmes divers et variés (changement d’adresse, perte de CB, alarme de la maison qui s’éclate toute seule) etc. (ma vie résumée depuis février là), et réussir à avancer sans sourciller avec la pêche et le moral… et puis tu as le « petit » truc, la « cerise », qui parait simple à gérer au commun des mortels mais qui devient pour toi… un truc insurmontable. Pourtant, c’était le seul truc stable dans ma vie : le CDI… Et paradoxalement, c’est devenu le truc qui a fait péter tout mon équilibre en éclat.
La vie est surprenante. L’Humain aussi…
J’espère n’avoir pas fait de connerie. A vrai dire, j’ai juste pris la décision en avance sur mes projets car c’est quand même une décision mûrement réfléchie sur le fond.
J’croise les doigts…

Accepter et pardonner

01931«La rancune est une perte de bonheur ; ris lorsque tu peux, excuse-toi lorsque tu devrais et laisse aller les choses que tu ne peux changer», source inconnue.

J’avais d’abord prévu un coup d’gueule sociétal, et puis finalement, avec un peu de bon sens, je me dis qu’il ne faut jamais publier sous le coup de la colère. Alors, j’ai pris sur moi et me suis ravisée. Le petit billet fait gentiment sa p’tite sieste dans la liste interminable de mes brouillons, mais je vous promets qu’il viendra sous peu, quand il sera bien mûr.

A défaut donc de ce futur moment épique, j’avais envie de partager avec vous un moment plus « intime », tout autant épique : vous faire rentrer dans ma vie familiale.
Ahah, j’ai entends jusqu’ici ton petit cri « oh putain ». Ne fait pas semblant, j’ai bien entendu : tu le sais donc d’avance, ça risque d’être chiant et à vrai dire, tu auras très probablement raison ! (mea coulpa, je m’auto-fouetterai pour la sentence que je vous inflige). Promis c’est la dernière fois que je fais ça, mais mon besoin d’exutoire là, est beaucoup trop fort.
Résumons donc.

Ma famille c’est simple comme bonjour: les sentiments c’est tabou.
Qu’on le dise clairement, les petites fées de la communication et de la démonstration étaient probablement bourrées à chacune de nos naissances et on dû viser le berceau plutôt que les bébés.
Pour illustrer la chose, dites-vous que jusqu’à mes 11/12 ans, je me sentais tellement l’âme familiale que je traduisais ce manque d’expression sentimentale en vouvoyant mes grands-parents… Ça en dit long sur la question.
Je vous rassure, cette période m’a passé, bien que nous ne sommes pas pour autant rentrés dans des relations fusionnelles, mais des relations que je qualifierai de « basiques » voire « cordiales » : bonjour, merci, au revoir, bonne année, joyeux anniversaire. Je vous rassure, j’ai quand même de très bons souvenirs avec ma famille, mais le ressenti général reste ce sentiment de « distance », de pudeur poussé à son paroxysme.

Et puis il y a eu « ce » jour.
Le jour où ma maman a décidé de partir, et qui a aussi marqué l’implosion de cet équilibre familial précaire. Voilà c’est dit. A l’âge où l’on est censée découvrir la vie, moi, j’ai découvert la mort. Mais pas la mort naturelle, ni accidentelle : la mort volontaire. Et par la même occasion, j’ai découvert les tréfonds familiaux : l’incapacité de parler ou de prendre sur soi pour aller vers l’Autre. L’incapacité à verbaliser, mais la forte propension à s’enfermer dans sa bulle.
C’est précisément à ce moment-là que j’ai foutu un gros coup de tronçonneuse dans mes rapports familiaux mais aussi que j’ai construit un mur en super béton armé entre le monde et mes sentiments. Une barrière infranchissable.

En fait, son départ n’a été que le révélateur. Le problème sous-jacent était bien antérieur….
Déjà, il est des traditions, qui dans certains, ne demandent qu’à être transgressées : les jeunes doivent prendre des nouvelles des plus vieux. Or, dans une période comme je l’ai traversé, j’estime que c’est l’inverse qui aurait du se passer. C’était à eux, pour une fois, de venir vers moi. Pourtant, personne, absolument PERSONNE n’a daigné m’appeler, prendre des nouvelles…
Rien.
Le silence.

Avec le recul, j’interprète cela comme le « poids de la culpabilité ». Moi qui plusieurs fois les ai contacté pour demander d’intervenir car la situation m’échappait.
Vous rappelez vous vos paroles à ce moment là ? « mais t’es qu’un gamine, c’est pas à toi de gérer ça ».
C’est sûr, ce n’était pas à moi… mais personne d’autre ne l’a fait, ni ne s’en est plus inquiété, et je n’allais pas laisser ma mère sombrer. Alors j’ai « géré » comme j’ai pu pendant plus de 2 ans.

C’était loin d’être parfait. Mais j’avais 15 ans quand tout a commencé. Et à 15 ans normalement, on ne s’occupe pas de ces choses là. A 15 ans normalement, on prend ses 1ères cuites, on fricote dans la cours, on sèche, on rigole, on va au ciné.
A 15 ans, on n’est pas censé avoir peur de rentrer chez soi et retrouver le corps de sa mère inerte. A 15ans, on n’appréhende pas les week-ends parce qu’on est totalement sous le joug de son humeur incontrôlable. Tantôt joyeuse et la minute d’après en pleur et voulant mourir. A 15 ans, on n’est pas censé voir sa mère ivre morte, t’insulter, être violente et t’obliger à te cacher pour contacter ton père, sous prétexte que parler à mon père est devenu un crime de haute trahison. A 15 ans, on n’est pas censé non plus passer 50 000 coups de fils pour trouver des solutions ni passer le plus clair de son temps à tout contrôler, espionner : compter le nombre de cachets pour éviter les overdoses, vider les bouteilles d’alcool mais pas trop pour ne pas se faire « gauler », vérifier le kilométrage pour savoir approximativement où elle « traine » si jamais il arrive une merde, contrôler les chéquiers pour être sûre qu’il n’y a pas d’abus…
217Non à 15 ans, c’est les parents qui sont censés gérer ça, et sur ça ma famille était d’accord. Pourtant, j’attends encore que quelqu’un prenne le relais, que quelqu’un agisse plutôt que d’entendre un simple « ce n’est pas à toi de t’en occuper ».
J’attends encore que quelqu’un accepte de m’écouter et comprenne mon « je n’en peux plus », et accepte ma requête la plus simple, et qui aurait été aussi la plus pertinente : mettre ma mère dans une maison de repos.
Mais non. Rien. Idem quand j’ai appelé à l’aide son entourage bien que j’ai retrouvé dans ses affaires toutes les « preuves » de ses intentions morbides. Ma mère était devenue l’ombre d’elle-même, mais moi, la « gamine » fabulait forcément. Alors, j’’ai vécu seule avec elle jusqu’à la fin. Seule face à ses démons, seul face à son naufrage. Seul et complètement impuissante.

A sa mort, j’ai vu des choses et en ai entendus d’autres qui ont fini de m’achever ; par exemple, se voir engueuler parce qu’on n’a pas mis la table le jour de son départ… je regrette, mais avec toute la politesse et le respect que j’ai, ce n’était pas à moi de faire ça ce jour-là… même si j’étais la plus jeune.
Il y a des événements qui remettent en cause les ordres établis.
Comme, dans le même ton, ce n’était pas à moi de les appeler en premier…. Même si j’étais toujours la plus jeune.
Alors oui. Quand après, j’ai encore attendu les appels pour prendre des nouvelles, les paroles réconfortantes, et que rien ne s’est passé, oui, j’ai mis un énorme holà dans ma vie. Vous avez tous interprétez ça à votre façon : je suis sauvage, solitaire, pas famille, celle qui donne jamais de nouvelles, voire je suis impolie. Pourtant, je n’attendais pas des grands discours. Je n’attendais pas des déballages de sentiments. J’attendais juste un « bonjour, je suis là ». Rien de plus.

La césure s’est faite et n’a eu de cesse que de prendre une ampleur tristement monstrueuse.
Le poids de leur culpabilité , leur tristesse (de ne pas avoir réagi à temps ? de ne pas m’avoir cru ? de ne pas avoir mesuré l’ampleur de sa dépression ?) les a rongé. Le tabou s’est engouffré dans la famille. L’interprétation et le jugement n’ont fait qu’accentuer ces incompréhensions.
Vous étiez probablement mal à l’aise…

Que devrais-je dire ?

Le temps a passé. Le poids de votre culpabilité a nourri ma rancœur et entretenu le poids de ce tabou.
Je me suis braquée : je n’ai pas à porter votre culpabilité, ni votre tristesse. J’ai suffisamment à faire avec les miennes.
Alors, j’ai fait ma vie. Je me suis démerdée. Je n’ai jamais plus demandé d’aide quitte à en chier. J’ai rebondi. J’ai fait des conneries. J’ai appris, et tout ça dans l’ombre de vos reproches et vos jugements.
Mais j’en voulais toujours à mon père d’être parti ; je refusais de voir sa « nouvelle » compagne qui pour moi était de toute façon une connasse. Je lui en voulais à elle aussi. J’ai coupé les ponts avec beaucoup de monde. Je leur en voulais tous de ne pas m’avoir cru/entendu, et de ne pas avoir été là « après ».

Plus tard encore, je suis rentrée en conflit ouvert avec certaines personnes. Motif ce coup-ci : je suis homosexuelle. Bien mal leur en a pris. Je ne culpabiliserais jamais pour ça. Je ne changerai jamais pour rentrer dans leurs cases.

Mais voilà, pour reprendre une citation, je dirais que la rancœur obscurcit le passé, menace l’avenir et rend le présent inaccessible.
Et mes valeurs sont plus fortes.

Je n’aime pas le conflit. J’exècre la rancœur. Tout ça ne mène nulle part. Nous n’avons qu’une famille. Et je suis malheureusement bien placée pour savoir que d’un jour à l’autre tout peut basculer. Et sans langue de bois, je peux affirme que le poids des regrets est monstrueux, destructeur et contre productif.

«Pardonne à ceux qui t’ont fait du mal dans le passé; mais surtout, pardonne-toi pour les avoir laissé te blesser»

Je suis rentrée dans le bénévolat. J’avais besoin d’aider les autres, comme pour expier mes démons. Ma culpabilité de ne pas avoir su l’aider. J’ai rencontré énormément de gens… qui m’ont expliqué ce qui les a poussé à intenter à leurs jours. J’ai rencontré des professionnels qui m’ont expliqué les processus, le raisonnement des personnes en dépression majeure. Ils m’ont expliqué les tentatives, les passages à l’acte, le choix de la façon de partir, le cumul de facteurs. Ca a été dur, très dur et ça a réveillé énormément de choses, mais j’ai aussi compris énormément de choses…. Et ma culpabilité a rendu l’âme. Je n’étais en rien responsable et surtout je n’aurai pas pu l’éviter. Au mieux, j’ai probablement dû repousser l’échéance, c’est tout.

Alors, je me suis timidement rapprochée de mon père. Petit à petit, avec beaucoup de hauts et de bas. Je sais qu’il est encore rongé par la culpabilité. Je le sais, je le vois. Je l’entends à travers ses mots. Il sait que je sais et même si il ne le verbalise pas encore, il me l’écrit maintenant… Certaines choses ont été dites. Certains abcès ont été crevés. Et lui qui, par exemple, a mis du temps à assumer mon homosexualité par honte/peur, est maintenant le 1er à me défendre à ce sujet.

J’ai « accepté » ma belle-mère. A mon rythme. On ne contrôle pas ses sentiments, on contrôle ses choix : elle a certes, merdé en acceptant une relation avec un homme marié… mais voilà. Ce genre d’histoires arrivent tous les jours, et l’issu n’est que rarement aussi dramatique. Qui n’a jamais cédé ? Qui n’a jamais « craqué » sur quelqu’un pris ?
0092-copieElle reste une femme, elle est humaine. Elle a fait une connerie (partagée avec l’accord de mon père), mais ils ne pouvaient en aucun cas contrôler et anticiper une réaction aussi ultime. Qui aurait pu ? La situation à échapper au contrôle de tout le monde. Pourquoi en serait-elle plus responsable que les autres ? Quoiqu’il arrive donc, elle n’est pas responsable du choix de ma mère. Et, je peux même dire maintenant que je la connais qu’elle aussi porte cette culpabilité.
Et puis, j’ai moi-même vécu l’infidélité… ça qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. Ma mère a choisi l’issue extrême. Moi non. J’ai aussi découvert beaucoup de choses, notamment que ses pulsions morbides remontent à beaucoup plus loin dans le temps. Bien avant tout ça, juste après ma naissance en fait… et je reste donc aussi persuadée que ça serait arrivé à un moment ou à un autre.
L’histoire avec mon ex a également joué un rôle « positif » dans tout ça. Ca a donné un écho au passé… Ainsi, en impliquant mon père et ma belle-mère dans toute cette histoire d’infidélité (ici), mon ex a permis a certains sujets d’être mis sur la table. Et contre toute attente, c’est bien mon père et ma belle-mère qui m’ont aidé à rebondir. Un comble non ? Je pense d’ailleurs que mon déclic envers ma belle-mère s’est réellement fait à ce moment là. Ce jour où elle est venue dans ma maison, partiellement détruite par mon ex, et qu’elle s’est effondrée en me demandant comment j’allais faire pour m’en sortir. Sa réaction a été tellement spontanée. Tellement humaine. Comment aurai-je pu croire à ce moment qu’elle était une conasse, une femme sans cœur et que ces actes étaient délibérément fait pour faire du mal ?
Et puis, je dois lui être reconnaissante d’une autre chose : elle a respecté mon cheminement contrairement à ce que beaucoup de belle-mère ont fait. Elle a respecté mes silences, ma froideur vis-à-vis d’elle. Elle ne m’a jamais fait de quelconques réflexions et n’a jamais, dans ces gestes ou paroles, tenté de quelques façons que ce soit, de jouer un rôle de « remplaçante » ou même de « belle-mère ». Il m’aura fallu plusieurs années pour m’en rendre compte et surtout l’accepter.

Bref, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Mais ma famille ne se résume pas à mon père et ma belle-mère…

Avec le recul, je me demande finalement comment une famille peut-elle se déchirer pour des conneries alors que nous, nous avons surmonté « ça »? J’entends des histoires, des conneries qui m’exaspèrent : machin parle plus à truc, bidule fait la gueule à machin chose pour une histoire de chien, de meubles, de repas et autres broutilles.
Comment est-ce possible de se déchirer pour autant d’idioties ?

pardoncitationJe ne veux plus de ça. En tout cas à mon niveau.
Du coup dans mon élan utopiste, j’ai eu l’idée de créer un album photo participatif pour l’anniversaire de mon père. L’occasion de taper fort, l’occasion de tendre une perche et surtout, l’occasion de reprendre contact avec certains…
Le 1er pas est toujours le plus dur et pourtant… c’est le plus salvateur.

J’ai demandé la participation de mon grand-père… qui a été le 1er a accepter, et qui avec un peu d’aide est parvenu à lâcher du leste et se dévoiler un peu.
J’ai contacté mon parrain, à qui je ne parlais plus depuis des années. Lui aussi a accepté. J’ai contacté ma cousine… qui a accepté… etc.
Ce fût une demi-réussite car certains, sous couvert d’excuses « bidons » – une fois de plus- n’ont pas voulu. Tant pis pour eux… J’ai tendu une perche. Tu ne l’as pas saisi, je ne vais pas te supplier pour ça. Votre conscience vous appartient, mais je respecte aussi le fait que ce 1er pas soit difficile. Cela dit, et contrairement à vous, je suis et serai là, le jour où… où vous changerez d’avis.

De mon côté, j’ai écrit une lettre brute de décoffrage à mon père. Je n’ai plus envie de garder certaines choses pour moi et il est, à ce jour, la seule personne avec qui je peux parler de certaines choses. En revanche j’ai respecté sa difficulté à verbaliser oralement… Alors j’ai opté pour l’écriture. Et puis, les écrits restent, et j’aime beaucoup cette idée.
Cette lettre j’ai voulu faire lire à ma chérie pour correction (et aussi pour qu’elle en sache). Elle n’a jamais réussi à la finir et j’ai bien mis 1h pour qu’elle arrête de pleurer. Bref. J’ai vraiment tapé fort.
Résultat aujourd’hui, mon père, même s’il ne le dit pas encore, m’écrit très souvent qu’il m’aime. D’ailleurs à Noël il m’a offert une carte avec un poème. Certes, pas de lui, mais un poème magnifique et qui pour moi vaut tous les cadeaux du monde. D’ailleurs, elle trône en plein milieu du salon. Alors oui, il ne verbalise pas encore, et il faudra probablement du temps. Mais je respecte, et je n’essaierai pas d’aller « plus vite que la musique ». On a chacun nos expériences et notre vécu. Pour certains cela va plus vite, pour d’autres non. Mais en revanche, je lui suis reconnaissante de ce 1er pas. Mon père qui ne parlait pas ou peu, maintenant m’appelle… On parle de tout et rien, mais c’est une grande nouveauté. On se voit très régulièrement. Il a rencontré mes ami(e)s/potes. Bref, il y a eu énormément de changements.

Il y a quelques jours, j’ai fêté mon anniversaire. Soyons honnêtes, c’était pour moi un peu le « test » : mon parrain a-t-il compris que je lui avais tendu la main ?
Je n’y croyais franchement pas. Les heures ont passé. Tant pis. Pourtant, à 22h35, contre toute attente j’ai reçu un message de lui : « après de nombreux loupés de ma part (…) je suis là si un jour tu as besoin ».
Et je suis comblée.
Il faudra probablement du temps, mais le 1er pas est fait. Des 2 côtés.

Idem, j’ai envoyé des cartes avec mes vœux à certaines personnes… et étrangement tous ont répondu.

J’ai ouvert les vannes à mon niveau. J’espère que cela perdurera et surtout s’étendra. J’espère aussi que cette démarche, je ne serai pas la seule à la faire (?).
Avec un peu de recul, en analysant tout ça, j’ai vraiment ce sentiment qu’il manque un déclic dans cette famille (et dans beaucoup d’autres !)
Tout le monde sait, tout le monde veut, mais personne n’ose. Tout le monde s’est retranché dans ses croyances et n’arrivent plus à sortir de son mutisme, alors qu’il suffit de si peu…
Mais rappelez-vous : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque). Et c’est tellement vrai…

Et puis, que l’on soit clair : je ne veux pas que mes (futurs) enfants pensent que dévoiler ses sentiments est une faiblesse. Je ne veux pas qu’ils vivent dans un climat de non-dits, de « peurs », de honte. Je ne veux pas qu’ils souffrent, comme j’ai pu en souffrir, de ce manque de mots qui créent finalement tant de maux.
Je ne veux pas non plus qu’ils pâtissent de la culpabilité trans-générationnelle lié au départ précipité de ma mère, ni qu’ils vivent dans ce climat de « honte » qui plane autour de son geste.
Je veux qu’ils sachent. Qu’ils comprennent. Alors, je leur expliquerai, avec des mots d’enfants au début, puis d’adulte ensuite, mais JAMAIS je ne mentirai sur ce qu’il s’est passé. Jamais.

Ma mère a fait un choix malheureux – le pire des choix – mais mes enfants ne vivront pas dans le poids d’un « secret familial » et c’est ma famille à ce moment-là qui sera bien emmerdée… Alors oui, il y aura forcément des questions sans réponse, notamment le « pourquoi ». Il y aura des questions plus dures que d’autres. Il y aura des pleurs et des rires, mais je ne renierai pas mon passé qui a fait ce que je suis aujourd’hui.

Bref. On n’a tous nos démons. On a tous eu des tords et des regrets dans cette histoire, mais je peux le dire maintenant : j’ai pardonné. Et bien que le pardon n’enlève rien à la douleur, je peux le dire : pardonner libère, mais surtout, je préfère vivre dans l’Amour que dans la rancœur.

Et à la question : « mais comment peux-tu pardonner à ces personnes ? »
A ces personnes je réponds (et répondrais) simplement :
Donnez-moi une seule raison de ne pas le faire ?

Une rupture difficile peut-elle conditionner sa vie de couple ?

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Question du jour bonjour !

C’est suite à une soirée entre amis que la question s’est posée. A vrai dire, je n’y ai jamais pensé avant, jusqu’à ce qu’on pointe du doigt ma relation actuelle et qu’on y colle l’étiquette « étrange ».
Sans pour autant la remettre en question, je me suis rendue compte qu’effectivement, certaines choses en moi ont changé, et ce, sans que je m’en aperçoive jusqu’à hier soir.
J’avais raconté, dans les grandes lignes, mon histoire avec mon ex (ici pour les courageux : Ce jour où j’ai pris une décision bouleversante… et là pour les dernières péripéties qui m’ont achevées : choc, mon ex s’st mariée). Une histoire d’Amour comme on les a tous vécu. Avec des hauts, des bas. Des rebondissements. Et puis il y a eu la rupture… au bout de 7 ans, avec perte et fracas. J’ai réussi à passer assez trop vite (?) à autre chose, une autre relation, plus posée, plus sage, plus linéaire.
Une relation tout ce qu’il y a plus de normal. Enfin ça, c’est ce que je croyais!
En discutant avec mes potes hier, est ressorti le fait que je n’étais pas fleur bleue pour un rond. C’est vrai qu’on me taquine souvent avec ça, mais je n’en tiens pas rigueur. Chacun est différent. Mais hier, ça n’était pas pareil. On a mis le doigt sur le fait, non pas que je ne sois pas beaucoup fleur bleue, mais sur le fait que je ne le sois pas du tout. En gros, je ressemble plus à un champ de blé en fait. Un GRAND champ de blé sans aucune fleur bleue à des kilomètres à la ronde.

Or, c’est vrai, en réfléchissant, je ne suis pas comme ça. Au contraire. Avec mon ex, j’étais pas fleur bleue, mais plutôt grand champ bleu : le romantisme à son apogée, limite cul-cul selon le point de vue : bain avec 50 bougies allumées pour son retour de boulot, pétales de rose par terre, dîner aux chandelles, sous vêtement sexy, surprises avec parcours d’énigmes, petits cadeaux sans raison, livraison de fleurs… et bien d’autres! Et elle aussi était comme ça. Et j’aimais ça.

Et je me rends qu’aujourd’hui que je ne fais plus rien de tout ça. Pire. Je n’en ai pas envie. Moi qui aimais ça, je trouve cela véritablement gnan-gnan maintenant.

Avec mon ex, j’étais dans la démonstration permanente. Avec elle, je ne suis pas dans la démonstration du tout.
Avec l’autre, je me voyais loin dans l’avenir. Avec elle, je me projette à 1 an max. En fait, je suis persuadée qu’elle ne supportera pas le changement de vie que je vais lui « imposer » (je tiens aux guillemets!). La maison étant en travaux, nous n’y vivons pas. Mais un jour sera. Alors, elle changera de vie : de boulot (fini les saisons, alors que ça fait 20 ans qu’elle en fait), d’environnement (plus de 10 ans qu’elle est dans la même ville et accessoirement le même studio), loin des potes (qui feront du coup beaucoup moins souvent les trajets), de la ville à la campagne. Elle devra conduire (elle refuse pour l’instant par peur). Bref. Du coup, je sais que cela va être difficile, et pour moi (d’ailleurs beaucoup de personne pense la même chose), elle n’y arrivera pas.

L’autre sujet évoqué a été la jalousie.
Je n’ai jamais été une grande jalouse, à faire des esclandres pour tout et n’importe quoi. Avec mon ex, certaines choses me gênaient mais je me contrôlais.
Du fait qu’elle m’ait trompé 2 fois, on pourrait s’attendre à ce que je sois devenue la pire des jalouses que la terre n’ait jamais porté. Que nenni.
Je le suis même encore moins qu’avant !
Hier, une fille a fait un bisou sur l’épaule de ma copine pour s’excuser de l’avoir brûlée. Au moment où la scène s’est produite, les 7 personnes à table avec moi se sont retournées vers moi… attendant une réaction. Mais rien. Cela ne m’a fait ni chaud, ni froid. En fait, je m’en fous.
Devant cette absence de réaction, on m’a forcément demandé : « pourquoi ».
Je ne sais pas et j’me suis retrouvée comme une andouille à ne pas savoir quoi répondre à ce « pourquoi ».
Comme je l’ai dit : elle connait ses limites… et si elle se loupe, moi je ne la louperai pas. En gros on m’a expliqué que je « testai » donc ma relation.
Peut-être ? Encore que ?  Mais non ?! Juste, je m’en fiche complètement… (est-ce normal ?)
Tout ça ne semble absolument pas la gêner ; à vrai dire, elle ne m’a pas connu AVANT (mais moi je me connais avant elle par contre). Mais même au delà de ça, le fait que je sois si « froide » finalement ne semble guère la perturber…  Bon, j’ai le droit à quelques « t’es vraiment pas câline », mais ça se cantonne à ça.
En revanche, de mon côté, ça n’est pas la même, et j’en viens à me demander si je suis normale et si finalement mon histoire passée n’a pas détruit beaucoup plus de choses que je ne pensais. Je me demande si je suis comme ça par rapport à elle, parce qu’elle est elle et que cela finalement ne me convient pas, ou si je suis comme ça, uniquement à cause de ma relation passée. En fait, pourquoi je suis devenue ainsi et que paradoxalement bien que j’en ai conscience, je n’ai absolument pas envie d’en changer non plus…

Ai-je un problème ?

Bref. Ou comment se mettre à douter après une soirée banale !

Choc, mon ex s’est mariée !

CapturerÉtrangement, au-delà du « choc » en voyant la photo, je dois admettre que la nouvelle m’a retourné le bide. Un sentiment étrange, que je n’aurai jamais cru vivre, surtout 3 ans après notre rupture. Mais dès fois, le cerveau/les tripes, en décident autrement.

En soit, qu’elle se marie ne me gêne pas (pourquoi ça me gênerait ?!).
C’est elle qui m’a trompé, certes, on a retenté… Cela a échoué, et j’ai pris cette décision malgré mes sentiments. Au bout de 7 ans, je n’ai pas réussi à lui pardonner ses 6 mois de tromperie, ses mensonges, ses paroles qui m’ont tué. Malgré tout, je ne suis pas rancunière, ni méchante. Malgré notre vécu, je lui ai toujours souhaité d’être heureuse.

D’ailleurs, dans notre rupture (Ce jour où j’ai pris une décision bouleversante), j’ai toujours agi en ce sens : je l’ai poussé à investir dans l’immobilier, lui ai signé un papier pour l’aider à accéder à la propriété. J’ai même accepté de lui laisser la maison pendant un mois pour lui éviter les trajets et qu’elle puisse parvenir à finaliser son dossier. J’ai aussi accepté de faire « garde-meuble » pendant près de 6 mois, le temps que ses papiers soient finalisés, et par rapport à son taf qui ne lui laissait pas assez de temps pour gérer tout ça.
J’ai rencontré quelqu’un pendant le temps de ses démarches. Je savais que cela serait un énorme choc. Sans lui mentir, j’ai pris la décision d’omettre de lui dire. A quoi bon ? Je ne considérais pas cette relation comme déterminante dans ma vie. Cette fille avec qui je me suis mise m’apportait un certain équilibre, m’a soutenu et est devenu un véritable pilier . Parler de sentiments aurait été prématuré… et complètement déplacé. Et d’ailleurs même actuellement, je peux difficilement dire que je suis amoureuse.
Malheureusement, mon ex l’a su. Et de là, le cauchemar a commencé. Un an.  Plus d’un an d’horreur. Elle m’a fait vivre le pire… La rupture est devenue cinglante, saignante. Elle s’est imaginée une trahison, s’est monté le cerveau contre moi, y a inclu sa famille et les amis que nous avions en commun. Toutes les portes m’ont été claquées au nez. Je suis devenue à ses yeux la pire des salopes, la pute et j’en passe.
A croire qu’il faut être une salope, faire la pute pour réussir. Elle m’a détruit, j’ai tout fait pour l’aider : elle s’en sort, et je m’enfonce.
Trop bonne trop conne. Ce dicton n’a jamais été aussi vrai qu’en ce moment.

J’ai failli rompre avec ma copine à ce moment là… perdue dans mes choix : les sentiments ou l’équilibre ? Je lui en ai parlé… elle ne m’a pas forcé la main et m’a juste dit : quelque soit ton choix, fais le pour être heureuse…
J’ai réfléchi… longtemps.
J’ai pleuré… longuement.
J’ai choisi l’équilibre avec un goût amer. J’ai choisi celle qui a pensé à mon bonheur avant de penser à elle.

La nostalgie est toujours là. Rares sont les jours où je ne pense pas à ce que nous avons vécu ensemble, nos rires, nos joies, nos peines aussi. Je repense à ses moments passés ensembles, ces projets que nous avions…. Ces journées BBQ, ces sorties, nos ballades, nos grasses matinées, nos soirées potes… je repense à ses petites attentions, son côté fleur bleue, ses mots doux, ses paroles, notre chanson… Quand je vois les séries que nous regardions ensemble, j’y pense, quand j’entends nos musiques… certains mots…

Mon ex m’a détruite…
J’étais en train d’écrire un article sur ça dans l’intention de le publier ici. Raconter ce que cette relation a changé/détruit en moi.. Et je suis tombée sur la photo… la photo de son mariage. De son (pseudo) » »bonheur » ».
Étrangement son sourire sur les photos m’a choqué. Il n’a pas l’air franc…. Je me dis que c’est moi qui m’imagine des choses… Mais je la connais ; je la connais trop bien pour savoir qu’il y a un truc qui cloche.
Je ne connais pas sa vie, ni les détails… mais sans fabuler, je mettrai ma main à couper que quelque chose cloche. Et même si les gens changent, il y a des choses qui ne changeront jamais. J’ai vu ses sourires pendant 7 ans… Son regard pendant 7 ans…
Et puis, je trouve étrange qu’elle qui était absolument entièrement contre le mariage… se marie maintenant au bout d’à peine 2 ans de couple. Comme si elle souhaitait précipiter les choses… (en mettre plein les yeux à ses proches ?)
Je trouve étrange qu’elle se soit fiancée à la même date que nos fiançailles… Quelle personne censée fait cela ?!
Quelle personne censée se marie avec la robe choisie avec son ex ? La robe qu’elle portait est celle que nous avions choisie pour notre PACS…. Quelle personne censée choisie le même thème de mariage que celui prévu avec son ex ? (enfin PACS pour nous car le mariage n’existait à l’époque!)
Pourquoi dans sa vie actuelle, autant de choses de notre histoire à NOUS ressortent ?!
Pourquoi, malgré que nos comptes Facebook soient bloqués ai-je vu cette putain de photo de merde ?! Le hasard ?!
Je n’ai toujours souhaité que son bonheur, alors pourquoi je n’arrive pas à me réjouir pour elle ? Pourquoi ai-je ce sentiment qu’on me « vole » ma vie, qu’on viole notre histoire/nos souvenirs? Pourquoi je revis ce sentiment de trahison…
Elle vit avec elle tout ce à quoi j’aspirais à ses côtés… mais cette relation me parait fausse, truquée. Probablement car il y a trop de choses de notre passé dedans… quelqu’un qui n’est pas nostalgique, en paix avec lui même, vraiment à fond dans une relation (comme elle semble vouloir le montrer) ne créée pas une histoire en reprenant autant d’éléments du passé… non ?

Pourquoi elle, qui a détruit ma vie par son infidélité, détruit ma vie et ma capacité à aimer entièrement, détruit ma maison (c’est elle qui a pété les murs et les sols de la maison faisant que la maison est actuellement non viable), pourquoi elle aurait le droit d’être heureuse et moi, je devrais galérer comme une chienne ?
Tout lui sourit : elle a gardé son taf car je l’ai poussé à le faire, elle a acheté sa maison car je l’ai poussé à le faire… et elle l’a eu car j’ai accepté de l’aider. Elle, elle a tué le peu de confiance que j’avais en moi, elle a détruit ma capacité à croire en une vraie relation stable, elle m’a appris à mes dépends que tout peu s’effondrer du jour au lendemain. Elle m’a laissé une maison vide, en morceau, non viable.
Elle a détruit mes rêves… et me les vole en remplaçant NOTRE date, en se mariant avec NOS choix de robe, elle part en noce dans le pays que NOUS avions choisi. Des dates il y en a 365 possibles dans une année ! Des robes, il y en a des milliers ! Des thèmes de mariage aussi ! Des pays, ça n’est pas non plus ce qu’il manque !! Alors pourquoi ?!!

Son mariage c’est le coup de poignard. La goutte d’eau.
Je n’arrive pas à passer et à penser à autre chose. 3 jours que je suis en train de sombrer, que des milliards de questions se posent : pourquoi ? pourquoi elle a le droit de réussir, pourquoi j’en chie autant en grande partie des conséquences de ma relation avec elle ? pourquoi la maison n’avance pas, que je galère au taf, que ma « relation » est finalement si plate. N’ai-je pas le droit d’être heureuse ? D’avoir une fois dans ma vie quelque chose qui fonctionne du 1er coup ? Combien de temps encore vais-je essuyer des échecs, des galères, des emmerdes ? Est-ce qu’une seule putain de fois dans ma vie, vais-je pouvoir entreprendre quelque chose et que cela va glisser tout seul sans aucune emmerde ? Juste une seule fois ? Ai-je eu raison de la quitter ? Ma relation actuelle est aux antipodes de ce que j’ai vécu… ça me manque et finalement je me rends compte que ce n’est pas du tout ce à quoi j’aspire. Je suis dans le train-train : maison/boulot… on arrive pas à avancer car rien ne fonctionne correctement et qu’on enchaîne galère sur galère (maison, santé, etc.). On n’est jamais partie toutes les 2, et c’est pas demain la veille… on ne partage rien ensemble hormis les « soirées potes »… le romantisme est totalement inexistant : avec nos tafs de saisonnier on ne se voit pas, et quand on se voit, on est tellement épuisée que l’on dors. bref.

Quelles sont ses prochaines étapes ? Les enfants ? Va-t-elle leur donner les prénoms que nous avions évoqués ? Que lui a-t-elle raconté ? Lui dit-elle les mêmes choses qu’elle m’a dite ? Elle l’emmène dans les lieux que nous avons visités, que lui dit-elle ? A t-elle fait graver notre phrase dans sa bague ? Ont-elles la même chanson que nous avions ? …. Des questions que ne servent à rien mais que je ne peux m’empêcher de me poser…

J’en fais des cauchemars monstrueux, j’en ai même bloqué mes règles. 3 jours que je ne peux en parler à absolument personne… 3 jours que je me ronge. 3 jours de nostalgie comme jamais j’ai vécu.
Notre histoire me manque… Notre relation me manque. Ces moments me manquent. Mais étrangement, si l’occasion se présenterait, je ne me remettrais pas non plus avec elle. L’histoire est close et je n’ai pas de regret…  Si autant de notre de notre histoire ne faisait pas parti de sa nouvelle vie, aurai-je réagi différemment ?

La confusion du moment est telle que je croule sous les questions, je croule dans des ressentis que je suis incapables de nommer : jalousie, haine, envie, amour, nostalgie ? Pourquoi je ressens ça, vis ça ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Finalement la page est-elle vraiment tournée ?
Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive…

Je suis complètement perdue…

NB : une autre coïncidence… j’ai pris ma clef USB avec de la musique pour le boulot, et j’avais cette chanson dessus. Une chanson que je ne connaissais absolument pas et dont je me demande bien pourquoi elle était sur ma clef.


Le mal de toi – Amel Bent

Je t’ai quitté
Ai-je eu raison
De bâillonner mon cœur
Écouter mon intuition
J’dis pas que tu m’aimes pas
Juste pas assez
Pour oublier les autres
Et faire de moi ta moitié

[Refrain]
Je sais que je me relèverai
Mais j’aurai le mal de toi.
Je sais que j’avancerai
Mais j’aurai quand même le mal de toi.
Je sais que je survivrai
Mais j’aurais toujours le mal de toi.
Chaque jour je me lève
Avec le mal de toi

J’ai tout plaqué
Ai-je eu raison.
Peut être aurais-tu fini
Par t’engager sincèrement.
J’pense pas qu’tu m’aimes pas,
Mais vraiment pas assez,
Pour me faire ressentir
Qu’aucune autre n’aurait pu me remplacer.

[Refrain]
Je sais que je me relèverai
Mais j’aurai le mal de toi.
Je sais que j’avancerai
Mais j’aurai quand même le mal de toi.
Je sais que je survivrai
Mais j’aurais toujours le mal de toi.
Chaque jour je me lève
Avec le mal de toi

J’ai le mal Oh
Le mal Oh !!
Le mal de toi(X7).

[Refrain] X2
Je sais que je me relèverai
Mais j’aurai le mal de toi.
Je sais que j’avancerai
Mais j’aurai quand même le mal de toi.
Je sais que je survivrai mais j’aurais toujours le mal de toi.
Chaque jour je me lève
Avec le mal de toi

J’aurai toujours le mal de toi.

Ce jour où j’ai pris une décision bouleversante…

Il y a 2 ans, un 22 mars, ma vie explosait littéralement en lambeaux. Mes rêves, mes projets, mes ambitions, tout s’écroulait sous mes propres mots : je quittais ma compagne après 7 années passées à ses côtés.
On peut croire que c’est plus « facile » quand on est celle qui prend la décision, mais c’est faux. Complètement faux. Avant d’en arriver là, et pendant presque une année, j’ai supplié, aidé, changé, prié, rêvé ; j’ai fait tout ce que j’ai pu pour ne pas en arriver inéluctablement à cette décision. Mais ce 22 mars, c’est ma raison qui a pris le dessus sur mon cœur.

Ce 22 mars, je me suis résolue à laisser tous ces projets : cette maison à 2, ces démarches PMA*, ce pacs… et je me suis sentie vide. Complètement vide et comme dépossédée de ma propre vie, de mes propres rêves, de mes souvenirs.

PMA* : Procréation Médicalement Assistée

Ce 22 mars, j’ai décidé que nos chemins se sépareraient pour mon bien-être : penser enfin à moi et ne plus vivre à travers elle. Je lui ai quand même redonné sa chance, mais elle n’a pas su la saisir… et les vieux démons sont revenus.
Je me suis surprise à redevenir celle qu’elle avait fait de moi : quelqu’un d’introvertie, qui vit dans la peur d’une énième crise de colère et/ou jalousie, quelqu’un qui refuse de voir ses potes à cause d’une jalousie excessive, revivre dans son avarice maladive… et surtout, j’ai recommencé à l’imaginer avec cette autre…
On ne raye pas 7 ans de sa vie comme on raye un vulgaire mot sur un papier. Non.
J’ai longtemps pesé le pour, le contre, pensé aux conséquences, repensé à ce qu’elle m’avait apporté, pensé à tout ce que j’allais balayer. Le négatif l’emportait haut la main. J’ai accepté longtemps ses failles, mais son infidélité a été la goutte d’eau. J’ai mis 4 mois à lui faire avouer ce que je savais déjà. 4 mois à la « harceler » pour qu’elle daigne me dire la vérité ; et puis elle a lâché ces mots : « oui, je t’ai trompé plusieurs mois».
J’ai été soulagée et dévastée en même temps. Ce ressenti ne s’explique pas. Je le savais pourtant, mais l’entendre c’est différent. C’est mettre un mot sur une réalité ; une certitude qui me bouffait de l’intérieur.
En 3 mots, elle a détruit bouleversé 6 ans de vie commune.

J’ai pourtant accepté l’inacceptable. Elle a mis 3 mois pour faire un choix entre elle et moi. 3 putain de longs mois où l’on vivait toujours ensemble….

Mais où elle allait rejoindre l’autre quand elle allait travailler. 3 mois où je l’ai vu prendre soin d’elle : changer de coupe de cheveux, acheter des belles fringues, de nouveaux sous-vêtements…
A ma demande, et pour se « retrouver », nous sommes parties en vacances, et des beaux paysages que l’on partageait ensemble, elle envoyait des photos à … l’autre. Même dans notre intimité, elle pleurait après car elle pensait à l’autre et avait peur de se tromper de prénom… Et puis, elle m’a même proposé une solution hallucinante : essayer à 3. Ça en était trop : je l’ai quitté une 1ère fois…

J’ai pris ma vie en main : j’ai acheté ma maison, changé de boulot, déménagé, changé de voiture, changé de coupe de cheveux, perdu 23kg, fait un énorme travail sur moi-même, une véritable introspection.
Et puis… et puis son absence a commencé à me bouffer.
Un peu.
Beaucoup.
Trop.
J’ai été la chercher. Les 2 premiers mois ont été magiques. Fabuleux. Merveilleux. Elle savait où elle allait, ce qu’elle voulait… un nuage rose. J’ai refait un travail sur moi-même pour l’accepter dans ma vie et mes nouveaux projets… Je lui ai laissé une place dans le défi que je m’étais lancé : rénover la maison.

C’était un nuage magnifique mais rempli d’eau et d’électricité. Les 1ère gouttes sont vite apparues. Son côté pingre en premier.
Son côté je-m’en-foutiste en 2nd.
Son côté impulsif en 3ème.
Alors oui, ma décision a été vulgairement égoïste, murie une année, mais elle a aussi été salvatrice.
J’ai dit stop. Oui, moi Mazelle, la fille complètement effacée, introvertie, j’ai ouvert ma gueule ce jour-là, et je me suis affirmée. Enfin.

Elle a pleuré, j’ai eu mal. Très mal.
Elle m’a suppliée. Mon cœur saignait.
Elle a hurlé. Mon âme était béante.

J’ai laissé passer du temps. Je l’ai poussé, pour son bien-être, à consulter pour gérer ses émotions. Je l’ai motivée à se prendre en main elle aussi et devenir elle aussi propriétaire de sa maison, son projet, son défi personnel. J’ai même accepté de l’héberger le temps des papiers de la vente (je ne vivais pas dans la maison).
J’ai toléré des choses qu’une personne censée n’aurait jamais acceptées. Mais je l’ai fait par Respect (c’est moi qui ai pris la décision), par compassion/empathie aussi (7ans ça n’est pas rien), par Amour (?) (Probablement).

Et j’ai rencontré quelqu’un…. Elle l’a appris.
Ma vie a à nouveau basculé.
Dans le drame absolu ce coup-ci. Cet équilibre précaire que l’on avait trouvé a volé en éclat.
Elle s’est transformée en une sorte de harpie.
Nos amis communs se sont retournés contre moi à coup de « pute », « salope » et autres termes chaleureux. J’ai été menacée au téléphone, par mail. On m’a reproché ma décision, on m’a jugée, on m’a sali et imputé des actes/faits immondes dont jamais je n’ai été l’auteur.
Mais j’étais forte de mon année de réflexion. J’ai quand même culpabilisé, j’ai intériorisé, j’ai souffert, j’ai régurgité, mais je n’ai répondu que par silence – la meilleure des armes face au mépris et à la haine. C’est de loin la chose la plus difficile à mettre en œuvre : effacer de sa vie une à une ces personnes qui avaient compté pour moi. Ces personnes que je considérais comme des « amis » et qui, sous des prétextes vaseux, pernicieux, autant que fallacieux m’ont claqué la porte au nez.

Étant inatteignable, c’est alors qu’elle a décidé de s’en prendre à ma famille. Mon père.
Elle l’a harcelé, traqué. Moi qui n’est jamais vraiment parlé de ma vie à mon père, je me suis retrouvée à devoir tout lui raconter/expliquer pour qu’il prenne ses dispositions. J’ai dû par son comportement complètement démesuré parler à mon père de tout ce que j’avais vécu avec elle, et rentrer dans des détails qu’un père et une fille ne sont pas censés partager, car oui, elle a parlé de notre vie intime. Et je ne comprends toujours pas comment elle a pu en arriver à ça.
J’ai fini par aller à la gendarmerie le jour où elle a récupéré ses affaires – au cas où. L’impensable…

Et puis, dans la continuité de ses grands excès, elle m’a réclamé de l’argent. Une sorte de « dédommagement ». Cela incluait toute notre vie en commun : les factures EDF, eau, téléphone qu’on avait payé à 2, je devais à présent lui rembourser sa part à elle. C’est aller jusqu’aux tickets de cinéma qu’elle m’a offert à l’occasion…aux tickets de tram, la seule et unique fois où l’on a été visiter la ville.

Elle m’a menacée de tribunal, de procès. Son père s’en est mêlé ; lui aussi s’en est pris à mon père… Une histoire sans fin. La « dette » est passée de 8000 à 15000 euros. Je suppose que les intérêts ont été pris en compte entre temps…
J’ai réussi à convaincre mon père de ne pas rentrer dans ce « jeu ». Quand il a reçu tous ses relevés bancaires surlignés avec ce que je lui « devais », il a compris que oui, même moi qui suis impliquée à 100% sentimentalement parlant, faisait preuve d’objectivité et de recul malgré tout. Il n’a pas cédé.
Un an et demi après nous recevions encore des e-mails… des réclamations, des critiques, des offenses, des reproches.

Pourquoi ? Pourquoi en arriver là ? Comment justifie t-elle auprès de ses proches ses revendications injustifiées ? Comment ses proches peuvent-ils cautionner autant de stupidités ? Comment personne dans son entourage lui a dit : « mais putain tu craques complètement là »?
Aucune idée.
Mais surtout, comment en arrive t-on là ?

Je regrette qu’on en soit arriver là, comme ça, si subrepticement . Je regrette son manque de maturité. Je regrette ses excès. Je regrette qu’elle n’ait pas vu dans mon comportement mon profond respect à son égard, mon souhait aussi de la préserver au maximum même si c’était peut-être maladroit (l’aider à rebondir en la poussant à acheter etc.). Je regrette ces mots/maux qui se sont échangés. Je regrette qu’elle résume 7 années à une vulgaire somme d’argent. Je regrette qu’elle m’ait trompée. Je regrette qu’elle ne se soit pas remise en question une seule fois. Je regrette qu’elle n’ait pas compris et qu’elle n’ait même pas essayé finalement. Je regrette qu’elle pense de moi que je suis la pire des p*** et qu’elle n’ait pas vu qui j’étais vraiment. Je regrette le fait qu’elle « crache » sur cette histoire, notre histoire, et qu’elle l’ai salie ainsi. Je regrette ce silence entre nous à présent.
Je regrette tout ça, mais s’il est une chose que je ne regrette pas, c’est d’avoir pris cette décision.

Ce 22 mars, sa vie, la mienne, celle de ses proches, et des miens a volé en éclat. Mais ce 22 mars, avec du recul, je peux dire aussi que j’ai pris une décision tellement salvatrice…

 J’oublierai ton nom

 De semaines inutiles en futiles dimanches
De secondes immobiles aux aiguilles qui penchent
J’oublierai ton nom
De quatre nouveaux murs dans un autre quartier
De pinceaux de peinture en meubles à installer
J’oublierai ton nom
De la piste suante à la dernière danse
De quelques nuits de feu aux matinées de cendres
De cette agitation dénuée de tout sens
Du fond de ma raison jusqu’à mon inconscience
De la main d’un ami au baiser d’une bouche
Tous ceux qui sauront lire que le mal a fait mouche
J’oublierai ton nom
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
Me fait plus mal encore
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
I know it’s been tough
I’ve hurt you enough
But you’ll never see
That I must be free
Forget my name
You’ll find someone, somewhere
All your troubles to share
She’ll wipe out the past
And fell at last
Forget my name
All the good and bad times
We’ve ever had
Will seem so far away
Will be lonely sad
There’s hundreds of ways
To kill away the time
That’s how you are made
You know you’ll never be mine
De la main d’un ami
Au baiser d’une bouche
Tous ceux qui sauront lire
Que le mal a fait mouche
J’oublierai ton nom
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
Me fait plus mal encore
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
J’oublierai ton nom
De mille façons
Pour les mêmes raisons qui m’ont fait t’aimer
Parce qu’il fallait bien vivre avant d’oublier
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
M’est la pire des morts
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
J’oublierai ton nom
Article également publié sur So Busy Girls (février 2012)