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[Bore out] Ou comment sombrer…

boOutre le fait d’avoir une patronne givrée (cf. Je suis devenue un chevalier sataniste), je rencontre une autre problématique, et pas des moindres : l’ennui au travail.
Je n’ai rien à faire de mes journées. Mais quand je dis rien… Ce n’est rien. Je n’ai même pas d’appels, pas de mail. Rien. Le vide. Si les quelques premiers jours je trouvais ça « cool » vu que ça me permettait de faire ma paperasse pour la maison, ce n’est maintenant… plus le cas. Depuis janvier la baisse d’activité a été conséquente. Mais quand mon collègue, le commercial a démissionné en février, ça a été … la dégringolade. Ma boss ne sachant absolument pas géré à perdu 11 clients sur 17. Sur les 6 restant, une lui a collé un procès, et 4 autres sont partis. Résultat, il reste une seule et unique cliente… et pour qui, techniquement il n’y a plus grand chose à faire, et pour moi : plus rien du tout.
J’ai déjà évoqué le problème avec ma boss qui me dit de « ne pas paniquer qu’elle va me trouver de l’activité ». Et là, ça se complique car elle « m’utilise » pour son autre société. Un secteur d’activité qui ne m’intéresse ABSOLUMENT pas, dont je n’ai rien à faire et pour lequel je n’ai JAMAIS signé. Mieux, pour moi qui suis dans la communication, je me retrouve à devoir lui faire des… factures. Et là pareil. J’ai une sainte horreur de ça. Ce n’est en plus pas mon job… ou comment me braquer en moins de 2.
Voilà donc ma vie professionnelle depuis février : 0 campagne de communication… 2 factures rédigées. J’ai dû traiter une 10aine d’appels, dont plus de la moitié était des erreurs. Et les mails, à part les « transférer », je ne fais rien d’autre. J’ai compté. 4 « vrais » mails envoyé depuis le 11 janvier. Imagine…
Cette situation me pèse… Je n’aime pas ne rien faire. Ne servir à rien. Être payée à rien glander. Si au début j’ai pris mon mal en patience en me raccrochant à l’opportunité du « CDI » sacro-saint-Graal de nos jours, j’en suis rendue à un stade où même ça… n’est plus suffisant. Mais si je démission : pas de chômage = grosse merde.
Autre problème : il est difficile d’en parler. Les gens ne comprennent pas, et tu te vois affublée de tout un tas d’arguments bidons « c’est génial d’être payée à rien faire, le luxe, blabla ». Non. C’est faux. Payer à rien faire, venir « faire semblant, attendre toute la journée en étant totalement inutile, c’est l’Enfer. Tu te sens inutile, tu te sens tel un parasite qui « profite » du système. Tu perds ton temps alors qu’il y a tellement de choses bien que tu pourrais faire… Sauf que voilà. Il te faut une rentrée d’argent pour vivre et que tu ne peux pas te plaindre car c’est honteux… avec tous ces gens au chômage…
Et toute la journée, 7h, tu dois trouver de l’occupation sans te faire « griller » par peur en plus, d’avoir des problèmes alors que tu n’y es pour rien. Car oui, toute la journée je suis sur Internet, je lis, je tweete, je fais des mails, je cherche du boulot. J’attends, je compte. Je regarde l’heure encore et encore. Je pense, je réfléchis.
Je m’ennuie les amies. Je me fais chier comme un rat, je cogite, je tourne en rond. J’ai les yeux rivés sur l’heure qui n’avance pas… mais voilà, même si elle le sait, si elle me « choppe » elle est aussi en droit de me virer car il est interdit d’utiliser le PC à titre personnel. Et cela pour « faute ».
La boucle est bouclée.

Lundi j’ai craqué quand elle m’a demandé de faire une facture à un client en quadruplant le montant sous prétexte qu’il avait « l’air riche ». Un nœud dans le ventre, la gerbe. Elle me donne la nausée. Toute ma haine de son être et sa façon de faire n’aurait pas assez de vocabulaire en langue française -pourtant si riche- pour traduire ce que je pense d’elle. Elle est infâme, hideuse, honteuse. Elle ment aux clients (de l’autre boite) « nous avons une 20aine de clients », elle ment aux stagiaires « j’ai viré le commercial » (qui a démissionné surtout!). Elle ment en permanence. Elle me raconte sa vie, ses histoires de cul dont je n’ai absolument rien à branler, elle ponds des idées d’abruties consanguins, elle arnaque, elle pille, elle détruit les gens. Elle est tarée. Elle se prend pour une princesse (c’est le terme qu’elle a utilisé : je suis la patronne, je suis une princesse, les hommes doivent se plier à moi). Elle exècre les gens, les considère comme des merdes… Elle refuse de discuter ou travailler avec des gens qui sont « inférieurs » à bac+5 (j’utilise encore ses termes) mais elle écrit des mails bourrés de fautes honteuses « creyiez » (du verbe croire), « j’ai bien PRIX note »… De faute ou de lapsus révélateur ? Elle ne pense qu’au « fric », au « pognon » (ses termes). Elle ne parle jamais d’argent… et me parler de « piquer un peu plus de thune » à tel ou tel client.
fuckElle est à gerber. Je ne peux plus. J’ai qu’une envie c’est lui cracher à la gueule, la baffer, lui vomir mon dégoût pour sa personne, mon dégoût de ce type de personnage que je n’arrive même plus à considérer.
Bref. J’ai craqué et je me suis à ma formation dans le cadre de ma reconversion pro…. Un grand moment de suspens car j’ai un stage à faire, un présentiel d’une semaine aussi, et ça n’est pas compatible avec mon boulot actuel car mes vacances y sont imposées (4 semaines sur 5). La formation est sur 13 mois. Hors, à ce rythme, je doute pouvoir tenir … 13 mois dans mon taf. Malgré tout ça reste un CDI… Si indispensable de nos jours et tellement rare (Hollande si tu me lis!)
Ça me fout les chocottes, et en même temps je sais au fond de moi que si je ne trouve pas une issue, ou un autre objectif dans ma vie, je vais droit dans un gouffre. J’ai vécu l’extrême inverse. J’ai tenu 2 ans avant de m’écrouler. Il est absolument inenvisageable que je revive la même chose. Cela fait déjà 4 mois et je sens déjà que je m’effondre, que j’en ai déjà pris le chemin… Je me lève à reculons, la boule au ventre, je dors mal, j’arrive en retard (j’ai l’excuse des bouchons ouf!), j’oublie les clefs du bureau (acte manqué bonjour), je bois café sur café pour me tenir éveillée car je m’endors littéralement sur mon écran. Je sens au fond de moi que ça hurle… Je deviens antipathique avec mes collègues (de l’autre société) qui n’y sont pour rien (mais qui savent). Bref. Ça pue. Ça pue, ça pue.

C’est « marrant » la vie… Tu peux traverser tout un tas d’épreuves : décès, recèle successoral, retard de chantier avec malfaçons, te retrouver à la rue, séparation, annulation d’un mariage, harcèlement de ton ex, te taper 2700 bornes de bagnole en une semaine, la voiture en rade, les névralgies faciales, les problèmes divers et variés (changement d’adresse, perte de CB, alarme de la maison qui s’éclate toute seule) etc. (ma vie résumée depuis février là), et réussir à avancer sans sourciller avec la pêche et le moral… et puis tu as le « petit » truc, la « cerise », qui parait simple à gérer au commun des mortels mais qui devient pour toi… un truc insurmontable. Pourtant, c’était le seul truc stable dans ma vie : le CDI… Et paradoxalement, c’est devenu le truc qui a fait péter tout mon équilibre en éclat.
La vie est surprenante. L’Humain aussi…
J’espère n’avoir pas fait de connerie. A vrai dire, j’ai juste pris la décision en avance sur mes projets car c’est quand même une décision mûrement réfléchie sur le fond.
J’croise les doigts…

Une putain de leçon de vie….

Un enfant qui naît sans bras ni jambes… tu te dis, c’est bon, ma vie est foutue ?
C’était sans compter sur Nick Vujicic… Son slogan ? «Pas de bras. Pas de jambes. Pas de limites».
Ça dure quelques minutes, mais franchement, ça fait réfléchir.

[Cliquez sur l’image pour voir la vidéo]

 

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Avoir 30 ans …

20-30Ah 30 ans !

30 ans…

30 ans !!!!

Que ça passe vite… arf, ils avaient donc raison tous ces vieux cons de 30 balais ! Hier je fêtais mes 18ans et maintenant 30ans. Qu’est-ce que j’ai foutu pendant ces 12 années ?
Ma foi, pendant 12 ans, j’ai simplement vécu, j’ai profité, j’ai appris, j’ai avancé.
Pff, ça ne vaut pas la peine de se plaindre, d’avoir des regrets ou ni même de pleurer sur son sort ; au contraire… c’était un beau cadeau ces 12 ans : j’ai appris, j’ai su, j’ai compris, j’ai continué, persévéré, j’ai rencontré, je suis tombée, me suis relevée, j’ai avancé.  Je n’ai pas chômé et c’est grâce à ces 12 années que je suis là maintenant. C’est fabuleux et ça s’appelle la vie….

C’est marrant comme on peut sacraliser certains âges : 18 ans (majorité), 20 ans (jeunesse), 30 ans (maturité), 50 ans (demi siècle), 60 ans (retraite).
30 ans on s’en fait vraiment tout un monde. On s’imagine mariée, des gosses, une maison, un chien, un super poste, le début des rides et des cheveux blancs… Bref, une vie bien rangée, bien cadrée.

Bon, si je fais le bilan par rapport à tout ça, je dirai que j’ai foiré une partie, mais non en fait. Je n’aime pas la monotonie/routine. Je vis d’imprévus depuis que je suis née. Alors, certes, j’aime le confort de la stabilité, mais j’ai aussi fait ce que j’ai pu/voulu avec ce que j’avais/pouvais/voulais ; alors par rapport au sacro-saint « mariage-gosse-maison » c’est sûr, ça n’est pas tout à fait ça :

  • Pas mariée : en même temps le mariage homo vient juste de passer ! (cela dit, je ne veux pas me marier quand même !!)
  • Les gosses : ce n’est pas encore passé ! (cela dit, ça ne m’empêchera pas d’en avoir… Le désir maternel est plus fort que n’importe quelle loi… et ça, beaucoup l’ont oublié)
  • La maison : j’ai ! (yess !)
  • Le chien aussi, même 2 (double yes !)
  • Le super poste : en partie. J’ai un boulot bien payé, certes pas dans mon domaine, mais je ne vais carrément pas cracher dans la souple vu le marché du travail actuel. Et puis, ça m’éclate quand même !
  • Cheveux blancs : arf, j’en suis blindée, mais bon, mon coiffeur est très doué. Ouf.
  • Les rides ? Pas une seule… je parais largement moins que mon âge (sujet que j’ai d’ailleurs évoqué ici)

Et alors ?!
J’aurai très bien pu me marier… et renier ce que je suis, mais au final j’aurais été malheureuse et rendu malheureux. J’aurais aussi pu….

Ouh la ! STOP !!
On s’arrête là. On ne fait pas une vie avec des « si » et des « j’aurai pu ». La vie c’est maintenant, demain. Hier est une expérience, une souvenir, une leçon… Ma vie, elle, elle continue et j’ai encore les cartes en main pour lui donner la direction que je veux, ce qui n’est pas le cas du passé.

Bref, tout ça pour dire que 30 ans, je m’en faisais vraiment tout un monde, mais finalement, ça n’est pas non plus la mer à boire. Et puis soyons réaliste : ce n’est pas parce que tu as 30 balais que tu es vieux (bah ouais, la carte vermeille ça n’est pas pour tout de suite quand même !). Ce n’est pas non plus parce que tu as 30ans que le soir à minuit toute ta vie va changer!
Non.
Alors certes, tu fais quelques constats qui te rappellent quand même que tu vieillis :
– Tu mets approximativement 3 jours à te remettre d’une soirée… et quand t’as bu, je ne t’en parle même pas !
– Les nuits blanches, hum c’est quoi ça déjà?
– Parfois quand tu parles tu dis « quand j’étais jeune »…
– Sur Facebook, les gens du même âge ne postent plus que des photos de minots ; quand tu vois des photos de beuveries cela concerne la génération suivante (20ans)
– T’es larguée quand un « jeune » te cause… Yolo, boloss ? Arf c’est quoi ça ?! C’est complètement ringard non ?
– Tu t’intéresses au plan épargne retraite, à la politique… des trucs qui avant te passaient à 15000 au-dessus
– Tu es attirée par des fringues plus « femme » ; tu portes des talons au quotidien, tu oses mettre du rouge à lèvre rouge vif..
– Tu te surprends à des réflexions très hautement philosophiques sur le sens de la vie
– Tu te surprends aussi à te renseigner sur des cours de yoga… tu lis des livres « développement personnel »
– Tu analyses les choses avec ton cœur et avec l’expérience « à ton âge… »

Bref, faut pas se leurrer. Tu sens quand même que tu vieillis, mais c’est pas aussi dramatique que ça n’y parait. En fait, tu prends juste la vie avec un certain recul…

Bon, après, il y a quand même des choses qui te foutent un coup au moral ; moi par exemple, c’est me rendre compte que mes parents m’ont eu eux-mêmes à 30ans.
Mais bon, ça n’est pas non plus la même génération hein ? *fille qui tente de se rassurer*.
J’dis ça, parce que de tous les projets/rêves de ma vie, le plus grand et le plus fort est celui de fonder une famille… et je m’étais toujours dit (très connement) : à 30 ans, je me lance. Le fait de ne pas pouvoir me rappelle que le temps passe vite malgré tout…. Si je ponds un gosse à 40ans, ça veut dire que quand il en aura 40, j’en aurai 80. Ouais, bon, on va changer de sujet hein. J’ai encore quelques années devant moi pour avoir des enfants ! Je ne suis pas encore grabataire, tout va bien. On respire.
Bref, à 30 ans, tu grandis, tu mûris. Vieillir ne me fait pas peur.
En revanche, tous les « plus » vieux (passé 30 ans on ne parle plus de vieux cons… on sait qu’on y arrive vite!) me disent que 30 ans c’est le plus bel âge… du coup, intérieurement, tu te dis quand même que t’as pas intérêt à te foirer ! (bah ouais, jusqu’ici ils ont eu raison, alors bon…)

Sinon, il y a un autre truc marrant …. quand j’avais 20ans, je me disais souvent « à 30ans, je ferai ça, je serai là, j’aurai ça ». 30 ans, c’était l’âge sacré, l’âge buttoir, l’âge charnière. D’ailleurs tous les magazines féminins te le rappellent aussi… entre les régimes ultra-méga-top-rapide de l’été et les « 30ans, l’épanouissement… » ; culturellement, on est stigmatisé.

Bref. 30 ans c’est censé être « l’apogée » de ta vie et c’est comme ça que je le percevais jusqu’à y être….  Non, ce n’est pas l’apogée…. c’est juste la suite logique de ta vie. Ni plus, ni moins. C’est réducteur (apogée sous-entend qu’il y a une retombée derrière) de dire ça alors qu’il reste tellement de magnifiques choses à vivre… 30 ans, au final, ça n’est juste qu’un pauvre chiffre.
Et en y regardant de plus près, si je fais le bilan (bah oui, paraît qu’à 30ans on fait un bilan, dixit la crise de la 30aine blablabla) je ne m’en sors pas trop mal (si j’avais su j’aurai quand même écouté les vieux cons qui me disaient que ça passait achement vite) : J’ai un boulot, un toit sur la tête dont je suis propriétaire, une famille, des amis, je suis en couple, j’ai 2 boules de poil, je n’ai pas de problèmes de santé majeur hormis les migraines (mais pas besoin d’avoir 30 ans pour ça hein!), j’ai quelques sous de côté, une voiture… Bon, certes, manque les gosses… (mais j’ai l’Avenir pour ça). Dans l’ensemble, je trouve ça pas trop vilain comme bilan. Surtout que je n’ai pas trop été aidé…. entre les coups durs, les dérapages, les emmerdes diverses et variées.

Mais qu’à cela ne tienne : les obstacles de vie sont des expériences qu’il faut savoir surmonter et qui apprennent. Apprennent à ne pas refaire les mêmes erreurs, apprennent à grandir, apprennent à faire mieux la fois après.

J’avais peut-être idéalisé cet âge « charnière », et finalement, 30 ans, ça n’est pas le changement, c’est juste une continuité. La continuité de mes 20ans… avec 10 ans d’expérience 😉
PS : Eh oui, à 30ans, on écrit aussi ce genre de billet!

Et pour vous, 30 ans, c’est quoi ?

Article publié sur http://sobusygirls.fr/ le 13/01/2014

 

Ce jour où j’ai pris une décision bouleversante…

Il y a 2 ans, un 22 mars, ma vie explosait littéralement en lambeaux. Mes rêves, mes projets, mes ambitions, tout s’écroulait sous mes propres mots : je quittais ma compagne après 7 années passées à ses côtés.
On peut croire que c’est plus « facile » quand on est celle qui prend la décision, mais c’est faux. Complètement faux. Avant d’en arriver là, et pendant presque une année, j’ai supplié, aidé, changé, prié, rêvé ; j’ai fait tout ce que j’ai pu pour ne pas en arriver inéluctablement à cette décision. Mais ce 22 mars, c’est ma raison qui a pris le dessus sur mon cœur.

Ce 22 mars, je me suis résolue à laisser tous ces projets : cette maison à 2, ces démarches PMA*, ce pacs… et je me suis sentie vide. Complètement vide et comme dépossédée de ma propre vie, de mes propres rêves, de mes souvenirs.

PMA* : Procréation Médicalement Assistée

Ce 22 mars, j’ai décidé que nos chemins se sépareraient pour mon bien-être : penser enfin à moi et ne plus vivre à travers elle. Je lui ai quand même redonné sa chance, mais elle n’a pas su la saisir… et les vieux démons sont revenus.
Je me suis surprise à redevenir celle qu’elle avait fait de moi : quelqu’un d’introvertie, qui vit dans la peur d’une énième crise de colère et/ou jalousie, quelqu’un qui refuse de voir ses potes à cause d’une jalousie excessive, revivre dans son avarice maladive… et surtout, j’ai recommencé à l’imaginer avec cette autre…
On ne raye pas 7 ans de sa vie comme on raye un vulgaire mot sur un papier. Non.
J’ai longtemps pesé le pour, le contre, pensé aux conséquences, repensé à ce qu’elle m’avait apporté, pensé à tout ce que j’allais balayer. Le négatif l’emportait haut la main. J’ai accepté longtemps ses failles, mais son infidélité a été la goutte d’eau. J’ai mis 4 mois à lui faire avouer ce que je savais déjà. 4 mois à la « harceler » pour qu’elle daigne me dire la vérité ; et puis elle a lâché ces mots : « oui, je t’ai trompé plusieurs mois».
J’ai été soulagée et dévastée en même temps. Ce ressenti ne s’explique pas. Je le savais pourtant, mais l’entendre c’est différent. C’est mettre un mot sur une réalité ; une certitude qui me bouffait de l’intérieur.
En 3 mots, elle a détruit bouleversé 6 ans de vie commune.

J’ai pourtant accepté l’inacceptable. Elle a mis 3 mois pour faire un choix entre elle et moi. 3 putain de longs mois où l’on vivait toujours ensemble….

Mais où elle allait rejoindre l’autre quand elle allait travailler. 3 mois où je l’ai vu prendre soin d’elle : changer de coupe de cheveux, acheter des belles fringues, de nouveaux sous-vêtements…
A ma demande, et pour se « retrouver », nous sommes parties en vacances, et des beaux paysages que l’on partageait ensemble, elle envoyait des photos à … l’autre. Même dans notre intimité, elle pleurait après car elle pensait à l’autre et avait peur de se tromper de prénom… Et puis, elle m’a même proposé une solution hallucinante : essayer à 3. Ça en était trop : je l’ai quitté une 1ère fois…

J’ai pris ma vie en main : j’ai acheté ma maison, changé de boulot, déménagé, changé de voiture, changé de coupe de cheveux, perdu 23kg, fait un énorme travail sur moi-même, une véritable introspection.
Et puis… et puis son absence a commencé à me bouffer.
Un peu.
Beaucoup.
Trop.
J’ai été la chercher. Les 2 premiers mois ont été magiques. Fabuleux. Merveilleux. Elle savait où elle allait, ce qu’elle voulait… un nuage rose. J’ai refait un travail sur moi-même pour l’accepter dans ma vie et mes nouveaux projets… Je lui ai laissé une place dans le défi que je m’étais lancé : rénover la maison.

C’était un nuage magnifique mais rempli d’eau et d’électricité. Les 1ère gouttes sont vite apparues. Son côté pingre en premier.
Son côté je-m’en-foutiste en 2nd.
Son côté impulsif en 3ème.
Alors oui, ma décision a été vulgairement égoïste, murie une année, mais elle a aussi été salvatrice.
J’ai dit stop. Oui, moi Mazelle, la fille complètement effacée, introvertie, j’ai ouvert ma gueule ce jour-là, et je me suis affirmée. Enfin.

Elle a pleuré, j’ai eu mal. Très mal.
Elle m’a suppliée. Mon cœur saignait.
Elle a hurlé. Mon âme était béante.

J’ai laissé passer du temps. Je l’ai poussé, pour son bien-être, à consulter pour gérer ses émotions. Je l’ai motivée à se prendre en main elle aussi et devenir elle aussi propriétaire de sa maison, son projet, son défi personnel. J’ai même accepté de l’héberger le temps des papiers de la vente (je ne vivais pas dans la maison).
J’ai toléré des choses qu’une personne censée n’aurait jamais acceptées. Mais je l’ai fait par Respect (c’est moi qui ai pris la décision), par compassion/empathie aussi (7ans ça n’est pas rien), par Amour (?) (Probablement).

Et j’ai rencontré quelqu’un…. Elle l’a appris.
Ma vie a à nouveau basculé.
Dans le drame absolu ce coup-ci. Cet équilibre précaire que l’on avait trouvé a volé en éclat.
Elle s’est transformée en une sorte de harpie.
Nos amis communs se sont retournés contre moi à coup de « pute », « salope » et autres termes chaleureux. J’ai été menacée au téléphone, par mail. On m’a reproché ma décision, on m’a jugée, on m’a sali et imputé des actes/faits immondes dont jamais je n’ai été l’auteur.
Mais j’étais forte de mon année de réflexion. J’ai quand même culpabilisé, j’ai intériorisé, j’ai souffert, j’ai régurgité, mais je n’ai répondu que par silence – la meilleure des armes face au mépris et à la haine. C’est de loin la chose la plus difficile à mettre en œuvre : effacer de sa vie une à une ces personnes qui avaient compté pour moi. Ces personnes que je considérais comme des « amis » et qui, sous des prétextes vaseux, pernicieux, autant que fallacieux m’ont claqué la porte au nez.

Étant inatteignable, c’est alors qu’elle a décidé de s’en prendre à ma famille. Mon père.
Elle l’a harcelé, traqué. Moi qui n’est jamais vraiment parlé de ma vie à mon père, je me suis retrouvée à devoir tout lui raconter/expliquer pour qu’il prenne ses dispositions. J’ai dû par son comportement complètement démesuré parler à mon père de tout ce que j’avais vécu avec elle, et rentrer dans des détails qu’un père et une fille ne sont pas censés partager, car oui, elle a parlé de notre vie intime. Et je ne comprends toujours pas comment elle a pu en arriver à ça.
J’ai fini par aller à la gendarmerie le jour où elle a récupéré ses affaires – au cas où. L’impensable…

Et puis, dans la continuité de ses grands excès, elle m’a réclamé de l’argent. Une sorte de « dédommagement ». Cela incluait toute notre vie en commun : les factures EDF, eau, téléphone qu’on avait payé à 2, je devais à présent lui rembourser sa part à elle. C’est aller jusqu’aux tickets de cinéma qu’elle m’a offert à l’occasion…aux tickets de tram, la seule et unique fois où l’on a été visiter la ville.

Elle m’a menacée de tribunal, de procès. Son père s’en est mêlé ; lui aussi s’en est pris à mon père… Une histoire sans fin. La « dette » est passée de 8000 à 15000 euros. Je suppose que les intérêts ont été pris en compte entre temps…
J’ai réussi à convaincre mon père de ne pas rentrer dans ce « jeu ». Quand il a reçu tous ses relevés bancaires surlignés avec ce que je lui « devais », il a compris que oui, même moi qui suis impliquée à 100% sentimentalement parlant, faisait preuve d’objectivité et de recul malgré tout. Il n’a pas cédé.
Un an et demi après nous recevions encore des e-mails… des réclamations, des critiques, des offenses, des reproches.

Pourquoi ? Pourquoi en arriver là ? Comment justifie t-elle auprès de ses proches ses revendications injustifiées ? Comment ses proches peuvent-ils cautionner autant de stupidités ? Comment personne dans son entourage lui a dit : « mais putain tu craques complètement là »?
Aucune idée.
Mais surtout, comment en arrive t-on là ?

Je regrette qu’on en soit arriver là, comme ça, si subrepticement . Je regrette son manque de maturité. Je regrette ses excès. Je regrette qu’elle n’ait pas vu dans mon comportement mon profond respect à son égard, mon souhait aussi de la préserver au maximum même si c’était peut-être maladroit (l’aider à rebondir en la poussant à acheter etc.). Je regrette ces mots/maux qui se sont échangés. Je regrette qu’elle résume 7 années à une vulgaire somme d’argent. Je regrette qu’elle m’ait trompée. Je regrette qu’elle ne se soit pas remise en question une seule fois. Je regrette qu’elle n’ait pas compris et qu’elle n’ait même pas essayé finalement. Je regrette qu’elle pense de moi que je suis la pire des p*** et qu’elle n’ait pas vu qui j’étais vraiment. Je regrette le fait qu’elle « crache » sur cette histoire, notre histoire, et qu’elle l’ai salie ainsi. Je regrette ce silence entre nous à présent.
Je regrette tout ça, mais s’il est une chose que je ne regrette pas, c’est d’avoir pris cette décision.

Ce 22 mars, sa vie, la mienne, celle de ses proches, et des miens a volé en éclat. Mais ce 22 mars, avec du recul, je peux dire aussi que j’ai pris une décision tellement salvatrice…

 J’oublierai ton nom

 De semaines inutiles en futiles dimanches
De secondes immobiles aux aiguilles qui penchent
J’oublierai ton nom
De quatre nouveaux murs dans un autre quartier
De pinceaux de peinture en meubles à installer
J’oublierai ton nom
De la piste suante à la dernière danse
De quelques nuits de feu aux matinées de cendres
De cette agitation dénuée de tout sens
Du fond de ma raison jusqu’à mon inconscience
De la main d’un ami au baiser d’une bouche
Tous ceux qui sauront lire que le mal a fait mouche
J’oublierai ton nom
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
Me fait plus mal encore
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
I know it’s been tough
I’ve hurt you enough
But you’ll never see
That I must be free
Forget my name
You’ll find someone, somewhere
All your troubles to share
She’ll wipe out the past
And fell at last
Forget my name
All the good and bad times
We’ve ever had
Will seem so far away
Will be lonely sad
There’s hundreds of ways
To kill away the time
That’s how you are made
You know you’ll never be mine
De la main d’un ami
Au baiser d’une bouche
Tous ceux qui sauront lire
Que le mal a fait mouche
J’oublierai ton nom
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
Me fait plus mal encore
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
J’oublierai ton nom
De mille façons
Pour les mêmes raisons qui m’ont fait t’aimer
Parce qu’il fallait bien vivre avant d’oublier
J’oublierai ton nom
De mille façons
Et cette certitude
M’est la pire des morts
J’aimais cette blessure
C’était toi encore
J’oublierai ton nom
Article également publié sur So Busy Girls (février 2012)

Coïncidences, croyances, ou magie face à la mort ?

Ce mois de janvier a été bien particulier pour moi. Tout autour de moi, mes proches ont été confrontés à ces situations que personne ne souhaite, mais auxquelles tous, nous sommes confronté un jour : la mort.
J’ai décidé aujourd’hui d’en parler, pour « expier » mais finalement aussi parce qu’être confronté à tout ça nous oblige à nous poser des questions voire à nous remettre en question.

Une de mes amies, dont la grand-mère était atteinte d’Alzheimer a vu soudainement son état empirer. Admise à l’hôpital, les médecins lui ont donné 48h. Mon amie, accompagnée de sa mère, a donc veillée sa grand-mère : il était inconcevable pour elle de la laisser partir seule.
Je ne connaissais pas cette dame, mais on m’en a énormément parlé. C’est une femme qui a tout fait pour sa famille, qui s’est sacrifiée pour apporter un peu de Bonheur, joie à tous ceux qui croisaient sa vie. Malgré ses très fortes croyances religieuses (juive), elle a par exemple, accepté l’homosexualité de sa petite fille. Et du coup, dans mon fort intérieur, j’étais persuadée qu’elle partirait quand elle serait justement seule dans sa chambre pour épargner à sa famille la vue du « dernier souffle » : une femme aussi généreuse ne peut pas faire subir « ça » à ses proches.

Son état n’a fait qu’empirer, puis, comme par enchantement, s’est amélioré : pronostique vital repoussé d’une semaine. Aussi au bout de 4 nuits passées à l’hôpital, mon amie et sa mère ont décidé d’y aller chaque jour et ne plus y passer leur nuit. Elles étaient épuisées, et vous imaginez facilement l’état nerveux dans lequel elles pouvaient être.
Avec ma chérie, nous avons été à l’hôpital une 1ère fois, au début de l’admission et nous y sommes retournées ce jour où on a annoncé une échéance plus lointaine.
Le matin je devais me rendre à Pole Emploi ; mon GPS a lâché… Ma femme connaissant la route me dit alors : « je te guide ». J’ai refusé : on va directement à l’hôpital. Sur place, impossible de trouver une place. J’ai fait 11 fois le tour. Pas 12, pas 10. 11 fois. Et puis j’ai pris la décision de me garer en dehors de l’enceinte hospitalière.
Nous arrivons donc à l’hôpital, en bas, notre amie et sa mère en train de fumer. On se fait la bise… et sitôt faite, les infirmières arrivent : « c’est fini ».
Cette dame était dans un coma profond et ne réagissait plus aux stimuli extérieurs, mais c’est comme si elle « savait », qu’elle « attendait » le moment, la minute où elle serait seule. Les médecins lui ont administré de la morphine, en augmentant les doses, pour l’aider à partir plus vite et sans douleur. Il était complètement inconcevable qu’il y ait une quelconque rémission… et pourtant, c’est ce qu’il s’est passé! Comme si sa rémission complètement surréaliste s’était présentée juste pour que sa famille sorte enfin quelques minutes de sa chambre sans peur.
On se pose aujourd’hui beaucoup de questions… Pourquoi ai-je dit qu’elle partirait quand les filles ne seraient plus dans la chambre alors que je ne la connaissais absolument pas? Pourquoi mon GPS a lâché ce matin là (alors qu’il fonctionne très bien depuis et fonctionnait très bien avant), pourquoi ai-je dis « fuck » à Pole Emploi, pourquoi ai-je fait 11 tours et pas 10, ou 12 ? Pourquoi sommes-nous arrivées à la minute même ?

Des exemples comme celui-là, j’en ai à la pelle :

Dans ma famille, un oiseau coincé dans une maison est signe de mort. Le jour où ma mère est décédée, un oiseau était dans la maison… et quand je l’ai vu, j’ai su. J’peux pas vous dire pourquoi, mais je savais sans l’ombre d’un doute que c’était fini. Et pourtant j’ai essayé de le faire sortir ce maudit piaf. Rien à faire. J’ai regardé l’heure à ce moment là… C’était la même heure inscrite sur son acte de décès. Pourquoi ?

Plus jeune, j’ai perdu une de mes meilleures amies. Le médecin lui a diagnostiqué une gastro alors qu’elle souffrait d’une embolie cérébrale. J’ai dit à ma meilleure amie que ça n’était pas une gastro, j’en étais sûre. Mais voilà, j’avais 17ans et je n’étais pas médecin, mais j’étais sûre que c’était beaucoup plus grave.
A cette époque là, j’ai du partir en Égypte en « vacances »… 2 jours plus tard, je rêvais de son enterrement. Je l’ai su après, mais c’est ce même qu’elle est effectivement décédée. Personne ne me l’a dit, tous ont préféré que je rentre en France pour me l’annoncer (je venais de perdre ma mère quelques mois plus tôt). Mais du jour où j’ai fait ce rêve, je savais. Je ne lui ai d’ailleurs ramené aucun cadeau de là-bas car j’étais sûre de moi. Et c’est d’ailleurs la 1ère question que j’ai posé en arrivant chez moi. Pourquoi ?

Je vais peut-être vous paraître étrange, mais je trouve qu’il y a une part de magie dans la mort (ce qui ne m’empêche pas d’en avoir peur). Tous les décès auxquels j’ai été confronté se sont faits dans un tas de coïncidences étrange. Pourquoi ?

Mon grand-père a perdu sa femme, ma grand-mère donc, dans les « meilleures conditions » qu’ils soient (à supposer qu’il y en ait des « meilleures ») : il ne voulait pas être seul le jour où cela arriverait. C’était sa plus grande peur. Ma grand-mère, pourtant aussi atteinte d’Alzheimer, a finalement respecté cela et s’est éteinte exactement au moment où le médecin est arrivé. Pourquoi ?

Mon arrière grand-mère, la dernière fois où je l’ai vu, ne nous a pas dit « au revoir » comme d’habitude. Non. Elle nous a dit « adieu »… Elle pétait le feu du haut de ses 99 ans. Aucun problème de santé particulier… pourtant, elle nous a dieu « adieu »… et s’est éteinte peu après. Elle avait eu des soucis plus jeune, s’était cassé le col du fémur, avait eu des problème de santé, mais elle nous disait « au revoir ». Et là, alors que tout allait bien : « adieu ». Pourquoi ? Le savait-elle dans son fort intérieur?

J’ai décidé d’aborder ce sujet parce que finalement ça éveille beaucoup de choses. Je suis désolée ce billet est décousu… J’écris comme les idées me viennent, et il faut dire aussi que la mort est un énorme tabou dans notre société ; ce qui ne rend pas les choses faciles et aisées à développer.

Mais d’ailleurs, pourquoi est-ce un « tabou » ?
Qu’on soit gentil, bon, méchant, con, catho, juif, homo ou hétéro, on aura tous la même « sentence », on la vivra tous. On est tous égaux face à elle. Alors, le tabou vient-il du fait que finalement, personne ne sait vraiment ? Qu’on se sente si petit face à cette réalité inévitable ?
La mort est quelque chose qui nous échappe : on ne sait pas quand, comment. On ne sait pas le « après ». On se raccroche à nos croyances quelles qu’elles soient, mais personne n’a jamais pu confirmer ces choses auxquelles on se raccroche. C’est finalement étouffant d’y être confronté car aucune question ne trouve réponse. On est totalement impuissant et petit. Face à elle, on est si peu de chose…. tous autant que nous sommes.

J’ai parlé de « magie » face à la mort. Ça peut choquer. Mais je pense que toutes ces coïncidences ne sont pas que l’œuvre du hasard et finalement tout ce qui s’est produit était une sorte de « message » pour ceux qui restent. Aucun scientifique n’a eu d’explication, aucune religion non plus, mais dans mon fort intérieur, c’est ma conviction.

Cependant je n’oublie pas que la mort est une expérience intime et profondément personnelle, et il existe autant de croyances que d’êtres humains : la mort est aussi magique qu’elle est mystique. On tente de l’apprivoiser comme on peut.
Certains en ont peur, d’autres pas.
Certains croient à la vie après, d’autre à la réincarnation, d’autres aux Paradis.
Certains aiment les rituels, d’autres pas.
Certains souhaitent garder un objet du défunt, d’autres surtout pas.
Certains sont tristes, d’autres moins.
Certains relativisent, d’autres pas.
Certains voient des « messages » là où d’autres ne voient que des coïncidences…

Et vous ?

C'est quoi le Bonheur… ?

Si on part du principe que l’on ne peut pas connaitre le bonheur si on a pas connu son contraire, il faut quand même pas mal souffrir pour avoir des moments de bonheurs, même s’il ne durent pas.

Donc plus on a souffert dans sa vie, plus on a de chance de vivre des moments de bonheurs intenses en émotions. On ne sait pas quand ce moment de bonheur peut arriver, ce côté imprévisible fait le charme de la vie.

Ce jour où le bonheur va nous embarquer peut arriver à tout moment demain, après demain, dans un mois… le tout c’est quand il arrive il faut être prêt à le vivre pleinement , prendre le meilleur et ne retenir que le meilleur. Cela nous fera des souvenirs, inoubliables, inégalables, bref une richesse infinie et non définie.

A méditer…

Et pour vous, c’est quoi le Bonheur ?

Histoire de grenouille et conséquences sur l'Humanité…

Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement.

Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager…

La température commence à grimper.

L’eau est chaude.

C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (A NE JAMAIS REPRODUIRE CHEZ SOI!!!) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte, or :

•  Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.

•  Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse. Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.

Conséquences :

• Notre civilisation s’enfonce ainsi dans l’obscurité spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse – entre autres symptômes – par lesquels elle se traduit.

•  Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.

• Incidemment, ce principe fonctionne aussi au positif et même en cela il peut nous jouer des tours. Les efforts que l’on fait quotidiennement provoquent eux aussi des changements – positifs, cette fois – mais parfois trop faibles pour être immédiatement perçus ; ces améliorations sont pourtant bien là, et à ne pas les
observer, certains se laissent décourager à tort.

Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?